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Un problème très intéressant consistait à se demander s’il était absolument idiot, ou misérablement dépourvu de courage. Co

Quand Douglas Stone devint le favori, le doute ne fut plus permis: Stone ignorait les subterfuges de l’hypocrisie; ses manières tyra

Par une lugubre soirée d’hiver, le vent soufflait en rafales: il toussait dans les cheminées, il cognait aux volets. La pluie gargouillait dans les gouttières. Douglas Stone avait fini de dîner; il était assis dans son bureau au coin du feu; sur une table en malachite un verre de bon porto était à portée de sa main; il l’éleva contre la lumière de la lampe et apprécia en co

Mais il avait promis à Lady Sa

– Un malade pour Monsieur dans le cabinet de consultation! a

– Vient-il pour lui-même?

– Non, Monsieur. Je crois qu’il désire que Monsieur aille en ville.

– Il est trop tard! s’écria Douglas Stone avec irritation. Je n’irai pas.

– Voici sa carte, Monsieur.

Le maître d’hôtel la présenta sur le plateau en or que la femme d’un Premier Ministre avait offert à son maître.

– Hamil Ali, Smyrne… Hum! C’est un Turc, je suppose?

– Oui, Monsieur. Il do

– Tut, tut! J’ai un rendez-vous. Il faut que je sorte. Mais auparavant je le verrai. Introduisez-le ici, Pim.

Le maître d’hôtel alla donc chercher un homme de petite taille et passablement décrépit, qui marcha sur Douglas Stone avec, comme, le font beaucoup de myopes, la tête penchée en avant et les yeux clignotants. Il avait le teint basané, des cheveux et une barbe d’un noir éclatant. Dans une main il tenait un turban de mousseline blanche rayée de rouge; de l’autre un petit sac en peau de chamois.

– Bonsoir! fit Douglas Stone quand le maître d’hôtel eut refermé la porte. Vous parlez anglais, j’imagine?

– Oui, Monsieur. Je suis originaire d’Asie Mineure, mais je parle anglais lentement.

– Vous désirez que j’aille en ville, je crois?

– Oui, Monsieur. Je tiendrais beaucoup à ce que vous voyiez ma femme.

– Je pourrai la voir demain matin. Mais ce soir un rendez-vous m’empêche de me rendre auprès d’elle.

La réponse du Turc fut inattendue. Il tira le cordon qui fermait l’ouverture du sac en peau de chamois, et il déversa sur la table un flot d’or.

– Voilà cent livres, expliqua-t-il. Je vous affirme que l’affaire ne vous prendra pas plus d’une heure. J’ai à la porte une voiture qui nous attend.

Douglas Stone regarda sa montre. S’il acceptait, il n’arriverait pas trop tard chez Lady Sa

– De quoi s’agit-il?

– Oh, d’une triste affaire! D’une si triste affaire! Vous n’avez peut-être pas entendu parler des poignards des Almohades?

– Jamais.

– Ah, ce sont des poignards orientaux très anciens et d’une forme particulière! Le manche ressemble à ce que vous appelez un étrier. Je suis un marchand de bibelots, comprenez-vous? Et c’est pour affaires que je suis venu en Angleterre, mais la semaine prochaine je retourne à Smyrne. J’avais apporté beaucoup d’articles curieux et il ne m’en reste plus guère; mais, malheureusement, j’avais conservé l’un de ces poignards…

– Veuillez vous rappeler que j’ai un rendez-vous! coupa le chirurgien non sans impatience. Je vous serais reco

– Ce que je vous ai dit était indispensable: vous allez en juger. Aujourd’hui ma femme s’est évanouie dans la chambre où je dépose mes articles, et en tombant elle s’est entaillé la lèvre inférieure avec ce maudit poignard des Almohades.

– Je comprends, fit Douglas Stone en se levant.

Vous voudriez que je recouse la blessure?

– Oh non! C’est pire que cela.

– Quoi alors?

– Ces poignards sont empoiso

– Empoiso

– Oui. Et perso

– Quels sont les symptômes?

– Un sommeil profond, puis, au bout de trente heures, la mort.

– Et vous dites qu’il n’y a pas de remède. Alors, pourquoi me payez-vous des honoraires aussi considérables?

– Ce qu’un contre-poison ne peut faire, le bistouri le peut.