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– Mais ils ne l’ont pas cru une minute que nous étions mariés… Et ce qu’ils s’en moquent!… Si tu savais où il a été prendre sa femme… Tout ce que j’ai fait, moi, c’est de la Saint-Jean à côté. Il ne l’a épousée que pour l’avoir à lui tout seul, et tu vois que le passé ne le gêne guère…
Il n’en revenait pas. Une ancie
«Ça te passera, m’ami…» lui disait doucement Fa
C’était l’allure plus libre et la façon de s’exprimer, une conscience de son pouvoir, des confidences bizarres et qu’il ne lui demandait pas sur sa vie passée, ses débauches ancie
Et l’intimité de leur tendresse se transformait aussi. D’abord réservée avec la jeunesse de son amant dont elle respectait l’illusion première, la femme ne se gênait plus après avoir vu l’effet, sur cet enfant, de son passé de débauche brusquement découvert, la fièvre de marécage dont elle lui avait allumé le sang. Et les caresses perverses si longtemps retenues, tous ces mots de délire que ses dents serrées arrêtaient au passage, elle les lâchait à présent, s’étalait, se livrait dans son plein de courtisane amoureuse et savante, dans toute la gloire horrible de Sapho.
Pudeur, réserve, à quoi bon? Les hommes sont tous pareils, enragés de vice et de corruption, ce petit-là comme les autres. Les appâter avec ce qu’ils aiment, c’est encore le meilleur moyen de les tenir. Et ce qu’elle savait, ces dépravations du plaisir qu’on lui avait inoculées, Jean les apprenait à son tour pour les passer à d’autres. Ainsi le poison va, se propage, brûlure de corps et d’âme, semblable à ces flambeaux dont parle le poète latin, et qui couraient de main en main par le stade.
V
Dans leur chambre, à côté d’un beau portrait de Fa
Une côte rocheuse escaladée de vignes, étayée de muretins de pierre, puis en haut, derrière des files de cyprès contre le vent du nord, et s’accotant à un petit bois de pins et de myrtes aux clairs reflets, la grande maison blanche, moitié ferme et moitié château, large perron, toiture italie
Castelet, clos et domaine, riche de ses vignobles fameux comme ceux de la Nerte et de l’Ermitage, se transmettait de père en fils, indivis entre tous les enfants, mais toujours le cadet faisait valoir, par cette tradition familiale d’envoyer l’aîné dans les consulats. Malheureusement la nature contrecarre souvent ces projets; et s’il y eut jamais un être incapable de gérer un domaine, de gérer n’importe quoi, c’était bien Césaire Gaussin, à qui incombait à vingt-quatre ans cette lourde responsabilité.
Libertin, coureur de tripots et de guilledoux villageois, Césaire, ou plutôt le Fénat, le vaurien, le mauvais drôle, pour lui garder son surnom de jeunesse, accentuait ce type contradictoire qui apparaît de loin en loin dans les familles les plus austères, dont il est comme la soupape d’échappement.
En quelques a
Un vrai Gaussin, celui-là, traditio
Trois fois par semaine, venait en journée de couture, à Castelet, une jolie fille de pêcheurs, Divo
Ce souvenir historique n’était pour rien dans l’amour de Césaire, âme simple, dénuée d’idéal et de lecture; mais, de petite taille, il aimait les femmes grandes et fut pris dès le premier jour. Il s’y entendait, le Fénat, à ces aventures villageoises; une contredanse au bal le dimanche, un cadeau de gibier, puis à la première rencontre en pleins champs la vive attaque à la renverse, sur la lavande ou le paillis. Il se trouva que Divo