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» Avec de pareils hommes, il accroîtra l’antique empire romain de tous les pays où l’on peut aller par terre. De même, il sera victorieux sur la mer que l’Europe enserre, et sur celle qui s’étend au delà des plaines d’Afrique, dès qu’il se sera fait l’ami d’André Doria. C’est ce Doria qui doit mettre tous vos rivages à l’abri des pirates.
» Pompée ne fut pas aussi digne de gloire que ce dernier, bien qu’il ait vaincu et détruit aussi tous les corsaires, attendu que ceux-ci ne pouvaient résister au plus puissant empire qui exista jamais. Mais ce Doria, par son seul génie, avec ses seules forces, purgera ces mers, de sorte que des rives de Calpé à l’embouchure du Nil, son nom, où qu’il s’entende, fera trembler tout navire.
» Je vois Charles, conduit par le capitaine dont je te parle, et protégé par sa parole, entrer en Italie dont il lui a ouvert la porte, et ceindre la couro
» Ce respect touchant qu’il montre pour sa patrie est plus glorieux que toutes les victoires remportées par Jules César en France, en Espagne, dans ton pays, en Afrique ou en Thessalie. Le grand Octave, ni son rival Antoine, ne méritent non plus d’être autant honorés pour leurs exploits, car toute leur gloire est ternie par l’usage qu’ils en firent pour asservir leur patrie.
» Que ceux-ci, et tous ceux qui tentent de rendre esclave leur patrie libre, rougissent au seul nom de Doria, et n’osent plus lever les yeux sur un visage d’homme. Je vois Charles, désireux de le récompenser plus largement, outre les ho
» Ce n’est pas seulement envers ce capitaine que le magnanime Charles se montrera généreux; il s’acquittera envers tous ceux qu’il aura vus peu avares de leur sang pour le succès des armes impériales. Je le vois plus joyeux de pouvoir do
Ainsi, par ses paroles, Andronique révélait au duc les victoires qu’un grand nombre d’a
Les voyageurs, après avoir vu le vaste espace où s’étend la mer de Perse, arrivèrent en peu de jours dans le golfe auquel les anciens mages ont do
Il passa par plus d’une plaine et plus d’un bois; il franchit plus d’une montagne et plus d’une vallée, ayant souvent, soit de jour, soit de nuit, des brigands devant lui ou derrière ses épaules. Il vit des lions, des dragons pleins de venin, et d’autres bêtes féroces traverser son chemin. Mais aussitôt qu’il avait porté le cor à sa bouche, ils s’enfuyaient épouvantés.
Il marcha à travers l’Arabie qu’on appelle Heureuse, riche en myrrhe et en encens parfumé, et que le phénix sans pareil a choisi pour séjour de préférence au reste de l’univers, jusqu’à ce qu’il découvrît la mer où, pour venger Israël, Dieu permit que Pharaon et tous les siens fussent submergés. Puis il arriva à la terre des héros.
Il chevaucha le long du fleuve Trajan [72] sur ce destrier qui n’a pas son égal au monde, et qui court ou saute si légèrement, que la trace de ses pas ne paraît point sur le sable. Il passe également sur l’herbe sans la fouler, ou sur la neige sans y laisser d’empreinte. Il pourrait marcher sur la mer les pieds secs, et sa course est si rapide, qu’elle dépasse le vent, la foudre et la flèche.
C’est le destrier qui appartint à l’Argail, et qui fut conçu de la flamme et du vent. Sans avoir besoin de foin ni d’avoine, il se nourrit d’air pur, et on le nomme Rabican. Le duc, poursuivant sa route, parvint à l’endroit où le fleuve Trajan est reçu par le Nil, et un peu avant d’arriver à son embouchure, il vit venir à lui une barque rapide.
À la poupe est un ermite dont la barbe blanche descend le long de la poitrine. Il invite le paladin à monter dans la barque: «Mon fils – lui crie-t-il de loin – si tu n’as pas ta propre vie en haine, si tu ne désires pas que la mort t’atteigne, qu’il te plaise de venir sur l’autre rive, car celle-ci te mène droit à la mort.
» Tu n’iras pas plus de six milles en avant, sans trouver la demeure sanglante où se tient un horrible géant, dont la taille dépasse de huit pieds celle d’un homme. Aucun chevalier, aucun voyageur ne peut espérer s’échapper vivant de ses mains. Le cruel égorge les uns, écorche les autres, déchire la plupart, et parfois les mange tout vifs.
» Il contente ainsi son plaisir cruel au moyen d’un filet admirablement fait et qu’il possède. Il le tend non loin de son antre, et le couche dans la poussière de telle façon que celui qui ne le sait pas d’avance ne peut soupço
» Et avec un gros rire, il les traîne, ainsi enveloppés, dans sa demeure. Il s’inquiète peu que sa prise soit un chevalier ou une damoiselle, qu’elle soit de grande ou de petite valeur. Une fois qu’il a mangé la chair, sucé la cervelle et le sang, il jette les os dans le désert, et avec les peaux humaines il fait un horrible ornement à l’intérieur de son palais.
» Prends cette autre voie; prends-la, mon fils; elle te conduira sur un rivage tout à fait sûr.» «Je te rends grâce de ton conseil, mon père – répondit le chevalier sans manifester la moindre peur, – mais l’ho
» En fuyant, je puis me sauver au prix du désho
» Puisque je risque la mort d’un seul pour le salut d’une infinité de gens.» «Va-t’en en paix, mon fils – répondit le vieillard. – Que Dieu envoie, du haut des demeures suprêmes, l’archange Michel pour protéger ta vie.» Puis l’humble ermite l’ayant béni, Astolphe poursuivit sa route le long du Nil, espérant plus dans le son de son cor que dans son épée.
Entre le fleuve profond et un marais, est tracé sur la rive sablo