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Paris s’étend dans une grande plaine, au centre de la France, presque au cœur. Le fleuve passe entre ses murs, la traverse et ressort de l’autre côté. Mais auparavant, il forme une île et protège ainsi une partie de la ville, la meilleure. Les deux autres – car la ville est divisée en trois parties – sont entourées, en dehors par un fossé, en dedans par le fleuve.

La ville, de plusieurs milles de tour, peut être attaquée par plusieurs points. Mais Agramant se décide à ne do

Tout autour des remparts, Charles avait fait rassembler d’immenses munitions, fortifier les rives par des chaussées, élever des bastions, creuser des casemates. À l’entrée et à la sortie de la rivière dans la ville, de grosses chaînes avaient été tendues. Mais il avait surtout veillé à mettre en état les endroits où il craignait le plus.

Avec des yeux d’Argus, le fils de Pépin prévoit de quel côté Agramant doit do

Sobrin était à sa gauche, sur la rive de la Seine, avec Pulian, Dardinel d’Almonte et le roi d’Oran, à la stature de géant et long de six palmes des pieds à la tête. Mais pourquoi suis-je moins prompt à mouvoir ma plume que ces guerriers à se servir de leurs armes? Le roi de Sarse, plein de colère et d’indignation, crie et blasphème, et ne peut rester en place.

De même que, dans les jours chauds de l’été, les mouches importunes ont coutume de se jeter sur les vases rustiques ou sur les restes des convives, avec un bruit d’ailes rauque et strident; de même que les étourneaux s’abattent sur les treilles rouges de raisins mûrs, ainsi, remplissant le ciel de cris et de clameurs, les Maures se ruaient tumultueusement à l’assaut.

L’armée des chrétiens est sur les remparts; inaccessibles à la peur, et dédaignant l’orgueilleuse témérité des barbares, ils défendent la ville avec les épées, les lances, les pierres et le feu. Quand l’un d’eux est tué, un autre prend sa place. Il n’en est point qui, par lâcheté, quitte le lieu du combat. Sous la furie de leurs coups, ils rejettent les Sarrasins au fond des fossés.

Ils ne s’aident pas seulement du fer; ils emploient les gros quartiers de roches, les créneaux entiers, les murs ébranlés à grand’peine, les toits des tours. L’eau bouillante versée d’en haut fait aux Maures d’insupportables brûlures. Ils résistent difficilement à cette pluie horrible qui pénètre par les casques, brûle les yeux,

Et fait plus de ravages que le fer. Qu’on pense à ce que devaient produire tantôt les nuées de chaux, tantôt les vases ardents d’où pleuvent l’huile, le soufre, la poix et la térébenthine. Les cercles entourés d’une crinière de flammes ne restent pas inactifs. Lancés de tous côtés, ils décrivent de redoutables courbes sur les Sarrasins.

Cependant, le roi de Sarse avait poussé sous les murs la seconde colo

Sur sa ba

Celle qu’avait enlevée le roi Mandricard, ainsi que je l’ai dit. J’ai raconté où et à qui. Rodomont l’aimait plus que son royaume et que ses yeux. C’était pour elle qu’il montrait tant de vaillance, sans savoir qu’elle était au pouvoir d’un autre. S’il l’eût su, il aurait fait pour la délivrer autant d’efforts qu’il en fit en ce jour devant Paris.

Mille échelles sont en même temps appliquées aux murs. Elles peuvent tenir deux hommes sur chaque gradin. Ceux qui vie

Chacun s’efforce donc d’atteindre le sommet des remparts, au milieu du feu et des ruines. Tous cherchent à passer par où le chemin est le moins dangereux. Seul Rodomont dédaigne de suivre une autre voie que la moins sûre. Dans les cas désespérés et difficiles, les autres adressent leurs vœux au ciel, et lui, il blasphème contre Dieu.

Il était armé d’une épaisse et solide cuirasse faite avec la peau écailleuse d’un dragon. Cette cuirasse avait déjà entouré les reins et la poitrine de celui de ses aïeux qui édifia Babel et entreprit de chasser Dieu de sa demeure céleste, et de lui enlever le gouvernement de l’univers. Son casque, son écu, ainsi que son épée, ont été faits dans la perfection et pour cette occasion.

Rodomont, non moins indompté, superbe et colère que le fut jadis Nemrod, n’aurait pas hésité à escalader le ciel, même de nuit, s’il en avait trouvé le chemin. Il ne s’arrête pas à regarder si les murailles sont entières ou si la brèche est praticable, ou s’il y a de l’eau dans le fossé. Il traverse le fossé à la course et vole à travers l’eau bourbeuse où il est plongé jusqu’à la bouche.

Souillé de fange, ruisselant d’eau, il va à travers le feu, les rochers, les traits et les balistes, comme le sanglier qui se fraye à travers les roseaux des marécages de Malléa un ample passage avec son poitrail, ses griffes et ses défenses. Le Sarrasin, l’écu haut, méprise le ciel tout autant que les remparts.

À peine Rodomont s’est-il élancé à l’assaut, qu’il parvient sur une de ces plates-formes qui, en dedans des murailles, forment une espèce de pont vaste et large, où se tie

Le païen jette son écu, prend à deux mains sa redoutable épée et fond sur le duc Arnolf. Celui-ci venait du pays où le Rhin verse ses eaux dans un golfe salé. Le malheureux ne se défend pas mieux que le soufre ne résiste au feu. Il tombe à terre et expire, la tête fendue jusqu’à une palme au-dessous du col.

D’un seul coup de revers, Rodomont occit Anselme, Oldrade, Spinellaque et Prandon; car l’étroitesse du lieu et la foule épaisse des combattants font que l’épée porte en plein. Les deux premiers sont perdus pour la Flandre, les deux autres pour la Normandie. Le Sarrasin fend ensuite en deux, depuis le front jusqu’à la poitrine, et de là jusqu’au ventre, le Mayençais Orger.

Il précipite du haut des créneaux dans le fossé, Andropon et Mosquin. Le premier est prêtre; le second n’adore que le vin; il en a plus d’une fois vidé un baquet d’une seule gorgée, fuyant l’eau comme si c’était du poison ou du sang de vipère. Il trouve la mort aux pieds des remparts, et ce qui l’e