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» Et la nuit même je m’échappai de la cour et j’allai trouver le duc. Je lui fis sentir combien il serait dangereux pour tous les deux que je fusse arrêtée. Il m’approuva et me dit de ne rien craindre. Par ses conseils, il m’engagea à me retirer dans une place forte qui lui appartient près d’ici, et il me do
» Tu as vu, seigneur, quelles preuves de mon amour j’avais do
» Cet ingrat, ce perfide, ce cruel a fini par douter de ma foi; il en est venu à craindre que je révèle ses coupables ruses ourdies de si loin. Il a feint, pour attendre que la colère du roi se soit apaisée, de vouloir m’éloigner et me cacher dans une de ses places fortes, et il avait résolu de m’envoyer droit à la mort.
» Car, en secret, il avait ordo
Renaud fut charmé par-dessus tout d’avoir trouvé la donzelle qui lui avait raconté toute l’histoire de l’i
Et vers la ville de Saint-André, où étaient le roi et toute sa famille, et où devait se livrer le combat singulier pour la querelle de sa fille, Renaud se dirigea aussi rapidement qu’il put, jusqu’à ce qu’il en fût arrivé à quelques milles. Aux environs de la ville, il trouva un écuyer qui lui apprit les plus fraîches nouvelles,
Et qu’un chevalier étranger était venu, qui s’était présenté pour défendre Ginevra. Ce chevalier portait des insignes inaccoutumés, et l’on n’avait pu le reco
Ils ne chevauchèrent pas longtemps sans arriver sous les murs de la ville, près de la porte. Dalinda avait peur d’aller plus avant; pourtant elle continue son chemin, réconfortée par Renaud. La porte est fermée. À celui qui en avait la garde, Renaud demanda ce que cela signifiait, et il lui fut répondu que c’était parce que toute la population était sortie pour voir la bataille
Qui, entre Lurcanio et un chevalier étranger, se livrait de l’autre côté de la ville, dans un pré spacieux et uni, et que déjà le combat était commencé. La porte est ouverte au seigneur de Montauban, et le portier la ferme aussitôt sur lui. Renaud traverse la cité vide, après avoir tout d’abord laissé la donzelle dans une hôtellerie,
Et lui avoir dit de rester là en sûreté jusqu’à ce qu’il revie
Six chevaliers à pied, armés de cuirasses, se tenaient avec eux dans la lice, ainsi que le duc d’Albanie, monté sur un puissant coursier de bo
Renaud s’avance à travers la foule, où le bon destrier Bayard se fait ouvrir un large passage. Quiconque l’entend venir comme une tempête n’est ni long ni boiteux à lui faire place. Renaud se présente, dominant tout le monde et portant au visage la fleur de toute vaillance. Puis il va s’arrêter devant la place où siège le roi. Chacun s’approche pour entendre ce qu’il demande.
Renaud dit au roi: «Grand prince, ne laisse pas la bataille se poursuivre, car quel que soit celui de ces deux chevaliers qui meure, sache que tu l’auras laissé mourir à tort. L’un croit avoir raison et est induit en erreur; il soutient le faux et ne sait pas qu’il ment. Cette même erreur, qui a poussé son frère à la mort, lui met les armes aux mains.
» L’autre ne sait s’il a tort ou raison; mais il s’est exposé au péril uniquement par courtoisie et par bonté, et pour ne pas laisser périr tant de beauté. Moi, j’apporte le salut à celle qui est i
Le roi fut si ému du ton d’autorité d’un homme aussi digne que lui paraissait être Renaud, qu’il fit un signe pour que le combat ne fût pas poussé plus loin. Alors, en présence des barons du royaume, des chevaliers et des autres spectateurs, Renaud dévoila toute la fourberie que Polinesso avait ourdie contre Ginevra;
Et il s’offrit à prouver par les armes que ce qu’il avait dit était vrai. Il appela Polinesso, et celui-ci parut, mais le visage tout troublé. Pourtant il commença à nier avec audace. Renaud dit: «Nous allons voir à l’épreuve.» L’un et l’autre étaient armés, le champ tout préparé, de telle sorte que sans retard ils en vie
Oh! comme le roi, comme son peuple font des vœux pour qu’il soit prouvé que Ginevra est i
L’air consterné, le cœur tremblant, le visage pâle, Polinesso attend, et au troisième son de la trompette, il met sa lance en arrêt. De son côté, Renaud se lance contre lui, et, désireux d’en finir, il le vise de façon à lui transpercer le cœur avec sa lance. L’effet suit de près le désir, car il lui plonge la moitié du fer dans la poitrine.
La lance fixée dans le corps, Polinesso est jeté à plus de six brasses loin de son destrier. Renaud saute promptement à terre, et, avant qu’il puisse se relever, lui saisit le casque et le délace. Mais celui-ci, qui ne peut plus continuer le combat, lui demande merci d’un air humble, et confesse, devant le roi et la cour qui l’entendent, la fraude qui l’a conduit à la mort.
Il n’achève pas; au milieu de ses aveux, la voix et la vie l’abando
Puis, après l’avoir reco