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Au quatrième choc, les tronçons mêmes vie
Le Sarrasin cherche comment il pourra terminer à son ho
Il le prend impétueusement de côté, le heurte, l’attire à lui, et son animosité est si grande, qu’il ne prend point garde à la bride de son cheval. Roland, plus maître de lui, en fait son profit et en espère la victoire; il pose doucement la main sur les yeux du cheval de Mandricard et fait tomber la bride.
Le Sarrasin fait tous ses efforts pour étouffer Roland ou pour l’enlever de selle; le comte tient les genoux serrés, et ne plie ni d’un côté ni de l’autre. Enfin, sous les secousses du païen, la sangle de sa selle vient à casser, et Roland tombe à terre sans s’en apercevoir, car il a toujours les pieds aux étriers, et il serre encore la selle avec ses cuisses.
Le comte, en touchant la terre, produit le même bruit que si c’était un trophée d’armes qui serait tombé. Le destrier de Mandricard, qui a la tête libre, et dont la bouche est débarrassée du frein, fuit ventre à terre, à travers les bois et les halliers, poussé deçà et delà, par une terreur aveugle, et emportant son maître.
Doralice, qui voit son compagnon s’éloigner du champ de bataille, craint de rester abando
La bête, pleine d’épouvante, affolée, court à travers champs, sans regarder devant elle. Déjà elle avait couru plus de trois milles, et elle aurait continué, si un fossé ne se fût rencontré sur son chemin; cheval et cavalier tombent au plus profond, où ils ne trouvent ni litière ni lit de plume. Mandricard éprouve une secousse terrible, mais il ne se rompt point les os.
Enfin le coursier s’arrête; mais son maître ne peut le guider, car il n’a plus de mors. Le Tartare le tient par la crinière, plein de fureur et de colère. Il ne sait quel parti prendre. «Mets-lui la bride de mon palefroi, – lui dit Doralice, – le mien n’est point fougueux, et l’on peut facilement le conduire avec ou sans frein.»
Le Sarrasin regarde comme peu courtois d’accepter l’offre de Doralice; mais, grâce au frein qu’elle lui propose, il pourra poursuivre son chemin et trouver une occasion plus propice. Sur ces entrefaites, ils sont rejoints par la scélérate, l’infâme Gabrine, laquelle, après avoir trahi Zerbin, fuyait comme une louve qui entend venir les chasseurs et les chiens.
Elle avait encore sur elle les vêtements et les riches parures qui avaient été enlevés à la maîtresse de Pinabel et que Marphise lui avait do
Les vêtements de jeune fille qu’elle porte excitent le rire de la fille de Stordilan et de Mandricard, car ils la font ressembler à une guenon, à un babouin. Le Sarrasin imagine de lui enlever sa bride pour la mettre à son destrier. Le mors enlevé, il effraye le palefroi par ses menaces et ses cris, et le met en fuite.
Le palefroi fuit à travers la forêt, emportant la vieille quasi morte de peur; il franchit les vallées, les collines, les fossés et les ravins, courant à l’aventure, à droite et à gauche. Mais il m’importe trop peu de vous parler de Gabrine, pour que je ne m’occupe plus de Roland, qui a bien vite réparé les dégâts faits à sa selle.
Il remonte sur son destrier, et attend un grand moment que Mandricard revie
Zerbin s’afflige de son départ; la tendre Isabelle verse des larmes; tous deux veulent le suivre. Mais le comte n’y consent pas, bien que leur compagnie lui soit agréable et bo
Il les prie seulement de dire au Sarrasin, s’ils le rencontrent avant lui, que Roland restera encore trois jours dans les environs, et qu’ensuite il reprendra son chemin pour rejoindre la ba
Tous deux promettent de le faire volontiers, ainsi que tout ce qu’il lui plaira de leur commander. Puis les chevaliers suivent chacun des chemins divers, Zerbin d’un côté, le comte Roland de l’autre. Mais, avant de se mettre en route, le comte reprend son épée suspendue à l’arbre, et pousse son destrier du côté où il pense avoir le plus de chances de rencontrer le païen.
La course désordo
Là, pendant les chaleurs de midi, les troupeaux et les pasteurs à moitié nus venaient goûter une agréable fraîcheur. Roland, bien qu’il ait sur lui sa cuirasse, son casque et son écu, éprouve comme un frisson. Il s’arrête pour s’y reposer un peu; mais, hélas! une cruelle et terrible déception l’attend dans ce séjour, qui doit être plus funeste que je ne saurais dire, et c’est en un jour de malheur qu’il y est venu.
En regardant tout autour de lui, il voit des inscriptions gravées sur la plupart des arbres qui ombragent cette rive. Dès qu’il y a jeté un peu plus attentivement les yeux, il les reco
Il voit les noms d’Angélique et de Médor entrelacés de cent nœuds et en plus de cent endroits. Chaque lettre dont ces noms sont formés est comme un clou avec lequel Amour lui perce et lui déchire le cœur. Il va roulant mille pensées en son esprit, et cherchant à se persuader qu’il se trompe, que c’est une autre qu’Angélique qui a gravé son nom sur l’écorce de ces arbres.
Puis il dit: «Je co