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Pendant cette soirée, je remarquai une circonstance qui vous paraîtra puérile, mais qui m’a été une nouvelle preuve de l’intérêt que cette jeune fille inspire à tous. Son bandeau de perles s’étant un peu dérangé, l’archiduchesse Sophie, à qui elle do

Telle fut, mon ami, ma première soirée à Gerolstein. Si je vous l’ai racontée avec tant de détails, c’est que presque toutes ces circonstances ont eu plus tard pour moi leurs conséquences.

Maintenant, j’abrégerai; je ne vous parlerai que de quelques faits principaux relatifs à mes fréquentes entrevues avec ma cousine et son père.

Le surlendemain de cette fête, je fus du très-petit nombre de perso

Ce jour-là, ma cousine fut très-gaie, très-causante. Je lui do

– Il me semble que le bonheur de ceux que nous chérissons nous est encore plus doux que notre propre bonheur; car il y a toujours une nuance d’égoïsme dans la jouissance de notre félicité perso

Si je vous cite entre mille cette réflexion de ma cousine, mon ami, c’est pour que vous jugiez du cœur de cette créature adorable, qui a, comme son père, le génie de la bonté.

Quelques jours après le mariage du grand-duc, j’eus avec lui une assez longue conversation; il m’interrogea sur le passé, sur mes projets d’avenir; il me do

Malheureusement, cet espoir insensé ne dura pas longtemps: le prince termina la conversation en me disant que le temps des grandes guerres était fini; que je devais profiter de mon nom, de mes alliances, de l’éducation que j’avais reçue et de l’étroite amitié qui unissait mon père au prince de M. Premier ministre de l’empereur, pour parcourir la carrière diplomatique au lieu de la carrière militaire, ajoutant que toutes les questions qui se décidaient autrefois sur les champs de bataille se décideraient désormais dans les congrès; que bientôt les traditions tortueuses et perfides de l’ancie

Vous comprenez, mon ami, que si le prince avait eu le moindre projet sur moi, il ne m’eût pas fait de telles ouvertures. Je le remerciai de ses offres avec une vive reco

J’avais d’abord mis la plus grande réserve dans mes visites au palais; mais, grâce à l’insistance du grand-duc, j’y vins bientôt presque chaque jour vers les trois heures. On y vivait dans toute la charmante simplicité de nos cours germaniques. C’était la vie des grands châteaux d’Angleterre, rendue plus attrayante par la simplicité cordiale, la douce liberté des mœurs allemandes. Lorsque le temps le permettait, nous faisions de longues promenades à cheval avec le grand-duc, la grande-duchesse, ma cousine, et les perso

Chaque jour passait comme un songe; peu à peu ma cousine me traita avec une familiarité toute fraternelle; elle ne me cachait pas le plaisir qu’elle éprouvait à me voir, elle me confiait tout ce qui l’intéressait; deux ou trois fois elle me pria de l’accompagner lorsqu’elle allait avec la grande-duchesse visiter ses jeunes orphelines; souvent aussi elle me parlait de mon avenir avec une maturité de raison, avec un intérêt sérieux et réfléchi qui me confondait de la part d’une jeune fille de son âge; elle aimait aussi beaucoup à s’informer de mon enfance, de ma mère, hélas! toujours si regrettée. Chaque fois que j’écrivais à mon père, elle me priait de la rappeler à son souvenir; puis, comme elle brodait à ravir, elle me remit un jour pour lui une charmante tapisserie à laquelle elle avait longtemps travaillé. Que vous dirai-je, mon ami? un frère et une sœur, se retrouvant après de longues a

Vous vous éto

Si cette intimité fraternelle avait dû toujours durer, peut-être ce bonheur m’eût suffi; mais par cela même que j’en jouissais avec délices, je songeais que bientôt mon service ou la carrière que le prince m’engageait à parcourir m’appellerait à Vie

Ces pensées me devinrent d’autant plus pénibles que le moment de mon départ approchait. Ma cousine remarqua bientôt le changement qui s’était opéré en moi. La veille du jour où je la quittai, elle me dit que depuis quelque temps, elle me trouvait sombre, préoccupée. Je tâchai d’éluder ces questions, j’attribuai ma tristesse à un vague e