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– En effet, cet événement est affreux! dit le vicomte, qui, la haine et la rage dans le cœur, cherchait le regard de M. de Montbrison; mais celui-ci, d’après les derniers mots de sa cousine, non par manque de cœur, mais par fierté, détournait sa vue d’un homme si cruellement flétri.
– De grâce, monsieur, dit la duchesse à son mari, en se levant, ne regrettez pas M. d’Harville d’une manière si bruyante et surtout si singulière… So
– C’est que c’est vrai aussi, dit M. de Lucenay en saisissant le cordon de la so
Ces trois dernières exclamations furent accompagnées de trois secousses si violentes que le cordon de so
Au même instant deux valets de chambre, appelés par cette so
M. de Saint-Remy seul ne riait pas.
M. de Lucenay, fort habitué à ces sortes d’accidents, conservait un sérieux parfait; il jeta le cordon de so
– La voiture de madame.
Clotilde, un peu calmée, reprit:
– En vérité, monsieur, il n’y a que vous au monde capable de do
– Lamentable!… Mais dites donc effroyable… mais dites donc épouvantable. Tenez, depuis hier, je suis à chercher combien il y a de perso
– Allons donc, monsieur, vous êtes fou! dit la duchesse en haussant les épaules.
– Mais c’est que c’est vrai, reprit le duc, on do
– Sans doute.
– C’est toujours cette vieille histoire du tailleur. La co
– Non, mon cousin.
– Tu vas comprendre tout de suite l’allégorie. Un tailleur est condamné à être pendu; il n’y avait que lui de tailleur dans le bourg; que font les habitants? Ils disent au juge: «Monsieur le juge, nous n’avons qu’un tailleur, et nous avons trois cordo
– Oui, mon cousin.
– Et vous, Saint-Remy?
– Moi aussi.
– La voiture de madame la duchesse! dit un des gens.
– Ah çà! mais pourquoi donc n’avez-vous pas mis vos diamants? dit tout à coup M. de Lucenay; avec cette toilette-là ils iraient joliment bien!
Saint-Remy tressaillit.
– Pour une pauvre fois que nous allons dans le monde ensemble, reprit le duc, vous auriez bien pu m’en faire ho
– Oui… monsieur les co
M. de Lucenay suivit la duchesse avec Saint-Remy, qui ne se possédait pas de colère.
– Est-ce que vous ne venez pas avec nous chez les Se
– Non… impossible, répondit-il brusquement.
– Tenez, Saint-Remy, Mme de Se
– Quelle liste?
– Celle des gens qu’il m’aurait été bien égal de voir mourir, pourvu que d’Harville nous fût resté.
Au moment où, dans le salon d’attente, M. de Montbrison aidait la duchesse à mettre sa mante, M. de Lucenay, s’adressant à son cousin, lui dit:
– Puisque tu viens avec nous, Conrad… dis à ta voiture de suivre la nôtre… à moins que vous ne veniez, Saint-Remy, alors vous me do
– Je vous remercie, dit sèchement Saint-Remy; je ne puis vous accompagner.
– Alors, au revoir, mon cher… Est-ce que vous êtes en querelle avec ma femme? La voilà qui monte en voiture sans vous dire un mot.
En effet, la voiture de la duchesse étant avancée au bas du perron, elle y monta légèrement.
– Mon cousin?… dit Conrad en attendant M. de Lucenay par déférence.
– Monte donc! Monte donc! dit le duc, qui, arrêté un moment au haut du perron, considérait l’élégant attelage de la voiture du vicomte. Ce sont vos chevaux alezans… Saint-Remy?
– Oui…
– Et votre gros Edwards… quelle tournure!… Voilà ce qui s’appelle un cocher de bo
– Mme de Lucenay et son cousin vous attendent, mon cher, dit M. de Saint-Remy avec amertume.
– C’est pardieu vrai… suis-je grossier… Au revoir, Saint-Remy… Ah! j’oubliais, dit le duc en s’arrêtant au milieu du perron, si vous n’avez rien de mieux à faire, venez donc dîner avec nous demain; lord Dudley m’a envoyé d’Écosse des grouses (coqs de bruyère). Figurez-vous que c’est quelque chose de monstrueux… C’est dit, n’est-ce pas?
Et le duc rejoignit sa femme et Conrad.
Saint-Remy, resté seul sur le perron, vit la voiture partir.
La sie
Il y monta en jetant un regard de colère, de haine et de désespoir sur cette maison, où il était entré si souvent en maître, et qu’il quittait ignominieusement chassé.