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Pendant l’hiver, au contraire, excepté la porte de glace qui s’ouvrait sur la serre chaude, tout était bien clos: la soie transparente des stores, le réseau de dentelles des rideaux rendaient le jour plus mystérieux encore; sur tous les meubles, des masses de végétaux exotiques semblaient jaillir de grandes coupes étincelantes d’or et d’émail.

Dans cette retraite silencieuse, remplie de fleurs odorantes, de tableaux voluptueux, on aspirait une sorte d’atmosphère amoureuse, enivrante, qui plongeait l’âme et les sens dans de brûlantes langueurs…

Enfin, pour faire les ho

À Athènes il eût été sans doute admiré, exalté, déifié à l’égal d’Alcibiade; de nos jours, et à l’époque dont nous parlons, le vicomte n’était plus qu’un ignoble faussaire, qu’un misérable escroc.

Le premier étage de la maison de M. de Saint-Remy avait au contraire un aspect tout viril.

C’est là qu’il recevait ses nombreux amis, tous d’ailleurs de la meilleure compagnie.

Là, rien de coquet, rien d’efféminé: un ameublement simple et sévère, pour ornements de belles armes, des portraits de chevaux de course, qui avaient gagné au vicomte bon nombre de magnifiques vases d’or et d’argent posés sur les meubles; la tabagie et le salon de jeu avoisinaient une joyeuse salle à manger, où huit perso

Ces deux nuances assez tranchées de l’habitation de M. de Saint-Remy exposées, le lecteur voudra bien nous suivre dans des régions plus infimes, entrer dans la cour des remises et monter le petit escalier qui conduisait au très-confortable appartement d’Edwards Patterson, chef d’écurie de M. de Saint-Remy.

Cet illustre coachman avait invité à déjeuner M. Boyer, valet de chambre de confiance du vicomte. Une très-jolie servante anglaise s’étant retirée après avoir apporté la théière d’argent, nos deux perso

Edwards était âgé de quarante ans environ; jamais plus habile et plus gros cocher ne fit gémir son siège sous une rotondité plus imposante, n’encadra dans sa perruque blanche une figure plus rubiconde et ne réunit plus élégamment dans sa main gauche les quadruples guides d’un four-in-hand; aussi fin co

Edwards, lorsqu’il n’étalait pas sa somptueuse livrée brun et argent sur la housse blaso

M. Boyer, son convive, valet de chambre de confiance du vicomte, était un grand homme mince, à cheveux gris et plats, au front chauve, au regard fin, à la physionomie froide, discrète et réservée; il s’exprimait en termes choisis, avait des manières polies, aisées, quelque peu de lettres, des opinions politiques conservatrices, et pouvait honorablement tenir sa partie de premier violon dans un quatuor d’amateurs; de temps en temps, il prenait du meilleur air du monde une prise de tabac dans une tabatière d’or rehaussée de perles fines… après quoi il secouait négligemment du revers de sa main, aussi soignée que celle de son maître, les plis de sa chemise de fine toile de Hollande.

– Savez-vous, mon cher Edwards, dit Boyer, que votre servante Betty fait une petite cuisine bourgeoise fort supportable?

– Ma foi, c’est une bo

– Moi, oui, un peu, dit modestement Boyer en prenant une prise de tabac. Cela s’apprend si naturellement… quand on s’occupe de celles des autres.

– J’ai donc un conseil très-important à vous demander; c’est pour cela que je vous avais prié de venir prendre une tasse de thé avec moi.

– Tout à votre service, mon cher Edwards.

– Vous savez qu’en dehors des chevaux de course, j’avais un forfait avec M. le vicomte, pour l’entretien complet de son écurie, bêtes et gens, c’est-à-dire huit chevaux et cinq ou six grooms et boys, à raison de vingt-quatre mille francs par an, mes gages compris.

– C’était raiso

– Pendant quatre ans, M. le vicomte m’a exactement payé; mais, vers le milieu de l’an passé, il m’a dit: «Edwards, je vous dois environ vingt-quatre mille francs. Combien estimez-vous, au plus bas prix, mes chevaux et mes voitures? – Monsieur le vicomte, les huit chevaux ne peuvent pas être vendus moins de trois mille francs chaque, l’un dans l’autre, et encore c’est do

– Et vous avez sagement accepté le marché, Edwards? C’était une affaire d’or.

– Sans doute; dans quinze jours les six mois seront écoulés, je rentre dans la propriété des chevaux et des voitures.

– Rien de plus simple. L’acte a été rédigé par M. Badinot, l’homme d’affaires de M. le vicomte. En quoi avez-vous besoin de mes conseils?

– Que dois-je faire? Vendre les chevaux et les voitures par cause de départ de M. le vicomte, et tout se vendra très-bien, car il est co

– Je vous conseille de faire ce que je ferai moi-même.

– Comment?