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Lorsqu’il s’agit d’infortunes méritantes, ceux qui do
– Quelle faiblesse! dit Mme de Fermont avec un triste sourire en s’asseyant sur le lit de sa fille. Encore une fois, ma pauvre Claire, notre sort est là… (Elle montrait la lettre.) Je brûle de le co
– Et si c’est une promesse de secours, dis, maman… Si cette pauvre petite lettre contient de bo
– Oui, mon enfant; mais si au contraire…
– Non, maman, vous vous trompez, j’en suis sûre. Quand je vous disais que M. d’Orbigny n’avait autant tardé à vous répondre que pour pouvoir vous do
– Je t’en supplie, Claire, pas de folles espérances, sinon j’oserais encore moins ouvrir cette lettre.
– Mon Dieu, bo
– De grâce, mon enfant, je t’en supplie encore… pas d’espoir insensé… Le réveil serait affreux… Voyons, du courage, dit Mme de Fermont en prenant la lettre des mains de sa fille et s’apprêtant à briser le cachet.
– Du courage? Pour vous, à la bo
– Oui, j’aime mieux cela, tiens… Mais non, non, il vaut mieux que ce soit moi!
Et Mme de Fermont rompit le cachet avec un terrible serrement de cœur.
Sa fille, aussi profondément émue, malgré son apparente confiance, respirait à peine.
– Lis tout haut, maman, dit-elle.
– La lettre n’est pas longue; elle est de la comtesse d’Orbigny, dit Mme de Fermont en regardant la signature.
– Tant mieux, c’est bon signe… Vois-tu, maman, cette excellente jeune dame aura voulu te répondre elle-même.
– Nous allons voir.
Et Mme de Fermont lut ce qui suit d’une voix tremblante:
«Madame,
«M. le comte d’Orbigny, fort souffrant depuis quelque temps, n’a pu vous répondre pendant mon absence…»
– Vois-tu, maman, il n’y a pas de sa faute.
– Écoute, écoute!
«Arrivée ce matin de Paris, je m’empresse de vous écrire, madame, après avoir conféré de votre lettre avec M. d’Orbigny. Il se rappelle fort confusément les relations que vous dites avoir existé entre lui et monsieur votre frère. Quant au nom de monsieur votre mari, madame, il n’est pas inco
«Veuillez recevoir, madame, avec l’expression de tous les regrets de M. d’Orbigny, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
«Comtesse d’ORBIGNY»
La mère et la fille se regardèrent avec une stupeur douloureuse, incapables de prononcer une parole.
Le père Micou frappa à la porte et dit:
– Madame, est-ce que je peux entrer, pour le port et pour la commission? C’est vingt sous.
– Ah! c’est juste; une si bo
– Nous sommes volées! s’écria la malheureuse femme avec épouvante; rien, plus rien, ajouta-t-elle d’une voix morne.
Et, anéantie, elle s’appuya sur la malle.
– Que dis-tu, maman?… Le sac d’argent…
Mais Mme de Fermont, se relevant vivement, sortit de la chambre et, s’adressant au revendeur, qui se trouvait ainsi avec elle sur le palier:
– Monsieur, lui dit-elle, l’œil étincelant, les joues colorées par l’indignation et par l’épouvante, j’avais un sac d’argent dans cette malle… On me l’a volé avant-hier sans doute, car je suis sortie pendant une heure avec ma fille… Il faut que cet argent se retrouve, entendez-vous? Vous en êtes responsable.
– On vous a volée! Ça n’est pas vrai; ma maison est ho
– Je vous dis, monsieur, que cet argent étant tout ce que je possédais au monde, on me l’a volé; il faut qu’il se retrouve, ou je porte ma plainte. Oh! je ne ménagerai rien, je ne respecterai rien… voyez-vous, je vous en avertis.
– Ça serait joli, vous qui n’avez seulement pas de papiers… allez-y donc, porter votre plainte! Allez-y donc tout de suite… je vous en défie, moi!
La malheureuse femme était atterrée.
Elle ne pouvait sortir et laisser sa fille seule, alitée, depuis la frayeur que le gros boiteux lui avait faite le matin, et surtout après les menaces que lui adressait le revendeur.
Celui-ci reprit:
– C’est une frime; vous n’avez pas plus de sac d’argent que de sac d’or; vous voulez ne pas me payer mon port de lettre, n’est-ce pas? Bon! ça m’est égal… quand vous passerez devant ma porte, je vous arracherai votre vieux châle noir des épaules… il est bien pané, mais il vaut toujours au moins vingt sous.