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– Cette traite est fausse!… La maison Meulaert n’a jamais contracté d’engagement avec William Smith; elle ne le co

– Serait-il vrai! s’écria M. de Saint-Remy avec autant de surprise que d’indignation; mais alors j’ai été horriblement trompé, monsieur… car j’ai reçu cette valeur comme argent comptant.

– De qui?

– De M. William Smith lui-même; la maison Meulaert est si co

– William Smith n’a jamais existé… c’est un perso

– Monsieur, vous m’insultez!

– Sa signature est fausse et supposée comme le reste.

– Je vous dis, monsieur, que M. William Smith existe; mais j’ai sans doute été dupe d’un horrible abus de confiance.

– Pauvre jeune homme!…

– Expliquez-vous.

– En quatre mots, le dépositaire actuel de la traite est convaincu que vous avez commis le faux…

– Monsieur!…

– Il prétend en avoir la preuve; avant-hier, il est venu me prier de vous mander chez moi et de vous proposer de vous rendre cette fausse traite… moye

– C’est une indignité!

– Et de plus une absurdité… Vous êtes ruiné, vous étiez poursuivi pour une somme que vous venez de me payer, grâce à je ne sais quelle ressource… voilà ce que j’ai déclaré à ce tiers porteur… Il m’a répondu à cela… que certaine grande dame très-riche ne vous laisserait pas dans l’embarras…

– Assez, monsieur!… assez!…

– Autre indignité, autre absurdité! d’accord.

– Enfin, monsieur, que veut-on?

– Indignement exploiter une action indigne. J’ai consenti à vous faire savoir cette proposition tout en la flétrissant comme un ho

M. de Saint-Remy était entré chez Jacques Ferrand le verbe insolent, la tête haute. Quoiqu’il eût commis dans sa vie quelques actions honteuses, il restait encore en lui une certaine fierté de race, un courage naturel qui ne s’était jamais démenti. Au commencement de cet entretien, regardant le notaire comme un adversaire indigne de lui, il s’était contenté de le persifler.

Lorsque Jacques Ferrand eut parlé de faux… le vicomte se sentit écrasé. À son tour il se trouvait dominé par le notaire.

Sans l’empire absolu qu’il avait sur lui-même, il n’aurait pu cacher l’impression terrible que lui causa cette révélation inattendue; car elle pouvait avoir pour lui des suites incalculables, que le notaire ne soupço

Après un moment de silence et de réflexion il se résigna, lui si orgueilleux, si irritable, si vain de sa bravoure, à implorer cet homme grossier qui lui avait si rudement parlé l’austère langage de la probité.

– Monsieur, vous me do

– Je ne m’intéresse pas du tout à vous, reprit brutalement le notaire. Votre père étant l’ho

– Je vous répète, monsieur, que je suis incapable de l’infamie dont on m’accuse.

– Vous direz cela à M. Petit-Jean.

– Mais je l’avoue, l’absence de M. Smith, qui a indignement abusé de ma bo

– Infâme Smith!

– L’absence de M. Smith me met dans un cruel embarras; je suis i

– Après?

– Soyez assez généreux pour employer la somme que je viens de vous remettre à désintéresser en partie la perso

– Cet argent appartient à mon client, il est sacré!

– Mais dans deux ou trois jours je le rembourserai.

– Vous ne le pourrez pas.

– J’ai des ressources.

– Aucunes… d’avouables du moins. Votre mobilier, vos chevaux ne vous appartie

– Vous êtes bien dur, monsieur. Mais, en admettant cela, ne ferai-je pas argent de tout dans une extrémité aussi désespérée? Seulement, comme il m’est impossible de me procurer d’ici à demain midi cent mille francs, je vous en conjure, employez l’argent que je viens de vous remettre à retirer cette malheureuse traite; ou bien… vous qui êtes si riche… faites-moi cette avance, ne me laissez pas dans une position pareille…

– Moi, répondre de cent mille francs pour vous! Ah çà! vous êtes donc fou?

– Monsieur, je vous en supplie… au nom de mon père… dont vous m’avez parlé… soyez assez bon pour…

– Je suis bon pour ceux qui le méritent, dit rudement le notaire; ho

À ce moment on frappa à la porte du cabinet.

– Qu’est-ce? dit Jacques Ferrand.

– Madame la comtesse d’Orbigny, dit le maître clerc.

– Priez-la d’attendre un moment.

– C’est la belle-mère de la marquise d’Harville! s’écria M. de Saint-Remy.

– Oui, monsieur; elle a rendez-vous avec moi; ainsi, serviteur.

– Pas un mot de ceci, monsieur! s’écria M. de Saint-Remy d’un ton menaçant.

– Je vous ai dit, monsieur, qu’un notaire était aussi discret qu’un confesseur.

Jacques Ferrand so

– Faites entrer Mme d’Orbigny. Puis, s’adressant au vicomte: «Prenez ces treize cent francs, monsieur, ce sera toujours un à-compte pour M. Petit-Jean.»