Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 81 из 103

«Je suivis Mme Séraphin; M. Ferrand était dans son cabinet. En le voyant, je frisso

– Quelle horrible trame! s’écria Rodolphe. Je comprends tout maintenant. Croyant que la veille vous aviez surpris un secret terrible pour lui, il voulait se défaire de vous. Il avait probablement un intérêt à tromper son complice en vous désignant à lui comme une femme de province. Quelle dut être votre frayeur à cette proposition!

– Cela me porta un coup violent; j’en fus bouleversée. Je ne pouvais répondre; je regardais M. Ferrand avec effroi, ma tête s’égarait. J’allais peut-être risquer ma vie en lui disant que le matin j’avais entendu ses projets lorsque heureusement je me rappelai les nouveaux dangers auxquels cet aveu m’exposerait. «- Vous ne me comprenez donc pas? me demanda-t-il avec impatience. – Si… monsieur… Mais, lui dis-je en tremblant, je préférerais ne pas aller à la campagne. – Pourquoi cela? Vous serez parfaitement traitée là où je vous envoie. – Non! Non! je n’irai pas; j’aime mieux rester à Paris, ne pas m’éloigner de ma famille; j’aime mieux tout lui avouer, mourir de honte s’il le faut. – Tu me refuses? dit M. Ferrand, contenant encore sa colère et me regardant avec attention. Pourquoi as-tu si brusquement changé d’avis? Tu acceptais tout à l’heure…» Je vis que, s’il me devinait, j’étais perdue; je lui répondis que je ne croyais pas qu’il fût question de quitter Paris, ma famille. «- Mais tu la déshonores, ta famille, misérable! s’écria-t-il; et, ne se possédant plus, il me saisit par le bras et me poussa si violemment qu’il me fit tomber. Je te do

«Je restai seule, étendue par terre; je n’avais pas la force de me relever. Mme Séraphin était accourue en entendant son maître élever la voix; avec son aide, et faiblissant à chaque pas, je pus regagner ma chambre. En rentrant je me jetai sur mon, lit; j’y restai jusqu’à la nuit; tant de secousses m’avaient porté un coup terrible! Aux douleurs atroces qui me surprirent vers une heure du matin, je sentis que j’allais mettre au monde ce malheureux enfant bien avant terme.

– Pourquoi n’avez-vous pas appelé à votre secours?

– Oh! je n’ai pas osé. M. Ferrand voulait se défaire de moi; il aurait, bien sûr, envoyé chercher le docteur Vincent, qui m’aurait tuée chez mon maître, au lieu de me tuer chez les Martial… ou bien M. Ferrand m’aurait étouffée pour dire ensuite que j’étais morte en couches. Hélas! monsieur, ces terreurs étaient peut-être folles… mais dans ce moment elles m’ont assaillie, c’est ce qui a causé mon malheur; sans cela j’aurais bravé la honte, et je ne serais pas accusée d’avoir tué mon enfant. Au lieu d’appeler du secours, et de peur qu’on n’entendît mes souffrances horribles… seule au milieu de l’obscurité, je do

Et la voix de Louise s’éteignit dans les sanglots.

Morel avait écouté le récit de sa fille avec une apathie, une indifférence morne qui effrayèrent Rodolphe.

Pourtant, la voyant fondre en larmes, le lapidaire, qui, toujours accoudé sur son établi, tenait ses deux mains collées à ses tempes, regarda Louise fixement et dit:

– Elle pleure… elle pleure… pourquoi donc qu’elle pleure? Puis il reprit après un moment d’hésitation: Ah! oui… je sais, je sais… le notaire… Continue, ma pauvre Louise… tu es ma fille… je t’aime toujours… tout à l’heure… je ne te reco

– Vous voyez que je ne suis pas coupable, n’est-ce pas, mon père?

– Oui… oui…

– C’est un grand malheur… mais j’avais si peur du notaire!

– Le notaire!… Oh! je te crois… il est si méchant, si méchant!…

– Vous me pardo

– Oui…

– Bien vrai?

– Oui… bien vrai… Oh! je t’aime toujours… va… quoique… je ne puisse… pas dire… vois-tu… parce que… Oh! ma tête… ma tête…

Louise regarda Rodolphe avec frayeur.

– Il souffre, laissez-le un peu se calmer. Continuez.

Louise reprit, après avoir deux ou trois fois regardé Morel avec inquiétude:

– Je serrais mon enfant contre moi… j’étais éto

«Au point du jour, j’approchai mon enfant de ma fenêtre… je le regardai… il était roide… glacé… Je collai ma bouche à sa bouche pour sentir son souffle… je mis ma main sur son cœur… il ne battait pas… il était mort!…

Et Louise fondit en larmes.