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– Des garanties! s’écria M. d’Harville de plus en plus exalté par un bonheur si peu prévu, des garanties! En ai-je besoin? Votre regard, votre accent, cette divine expression de bonté qui vous embellit encore, les battements, les ravissements de mon cœur, tout cela ne me prouve-t-il pas que vous dites vrai? Mais vous le savez, Clémence, l’homme est insatiable dans ses vœux, ajouta le marquis en se rapprochant du fauteuil de sa femme. Vos nobles et touchantes paroles me do

– Expliquez-vous, de grâce!… dit Clémence un peu inquiète de ces paroles passio

– Eh bien! oui…, s’écria-t-il en saisissant la main de sa femme, oui, à force de tendresse, de soins, d’amour… entendez-vous, Clémence?… à force d’amour… j’espère me faire aimer de vous!… Non d’une affection pâle et tiède… mais d’une affection ardente, comme la mie

En disant ces mots, M. d’Harville couvrit la main de sa femme de baisers passio

Clémence, désolée de la méprise de son mari, ne put s’empêcher, dans un premier mouvement de répugnance, presque d’effroi, de retirer brusquement sa main.

Sa physionomie exprima trop clairement ses ressentiments pour que M. d’Harville pût s’y tromper.

Ce coup fut pour lui terrible.

Ses traits prirent alors une expression déchirante: Mme d’Harville lui tendit vivement la main et s’écria:

– Albert, je vous le jure, je serai pour vous la plus dévouée des amies, la plus tendre des sœurs… mais rien de plus… Pardon, pardon… si malgré moi mes paroles vous ont do

– Jamais?… s’écria M. d’Harville en attachant sur sa femme un regard suppliant, désespéré.

– Jamais!… répondit Clémence.

Ce seul mot, l’accent de la jeune femme, révélaient une résolution irrévocable.

Clémence, ramenée à de nobles résolutions par l’influence de Rodolphe, était fermement décidée à entourer M. d’Harville des soins les plus touchants; mais elle se sentait incapable d’éprouver jamais de l’amour pour lui.

Une impression plus inexorable encore que l’effroi, que le mépris, que la haine, éloignait pour toujours Clémence de son mari…

C’était une répugnance… invincible.

Après un moment de douloureux silence, M. d’Harville passa la main sur ses yeux humides et dit à sa femme, avec une amertume navrante:

– Pardon… de m’être trompé… pardon de m’être ainsi abando

Puis, après un nouveau silence, il s’écria:

– Ah! je suis bien malheureux!…

– Mon ami, lui dit doucement Clémence, je ne voudrais pas vous faire de reproches; pourtant… comptez-vous donc pour rien ma promesse d’être pour vous la plus tendre des sœurs? Vous devrez à l’amitié dévouée des soins que l’amour ne pourrait vous do

Un valet de chambre entra et dit à Clémence:

– Son Altesse monseigneur le grand-duc de Gerolstein fait demander à Mme la marquise si elle peut le recevoir.

Clémence interrogea son mari du regard.

M. d’Harville, reprenant son sang-froid, dit à sa femme:

– Mais sans doute.

Le valet de chambre sortit.

– Pardon, mon ami, reprit Clémence, mais je n’avais pas défendu ma porte… il y a d’ailleurs longtemps que vous n’avez vu le prince; il sera heureux de vous trouver ici.

– J’aurai aussi beaucoup de plaisir à le voir, dit M. d’Harville. Pourtant, je vous l’avoue, en ce moment, je suis si troublé que j’aurais préféré recevoir sa visite un autre jour…

– Je le comprends… Mais que faire?… Le voici…

Au même instant on a

– Je suis mille fois heureux, madame, d’avoir l’ho

– Il y a en effet, bien longtemps, monseigneur, que je n’ai eu l’ho

– Et à qui la faute, monsieur l’invisible? La dernière fois que je suis venu faire ma cour à Mme d’Harville, je vous ai demandé, vous étiez absent. Voilà plus de trois semaines que vous m’oubliez; c’est très-mal…

– Soyez sans pitié, monseigneur, dit Clémence en souriant; M. d’Harville est d’autant plus coupable qu’il a pour Votre Altesse le dévouement le plus profond, et qu’il pourrait en faire douter par sa négligence.

– Eh bien! voyez ma vanité, madame; quoi que puisse faire d’Harville, il me sera toujours impossible de douter de son affection mais je ne devrais pas dire cela… je vais l’encourager dans ses semblants d’indifférence.

– Croyez, monseigneur, que quelques circonstances imprévues m’ont seules empêché de profiter plus souvent de vos bontés pour moi…

– Entre nous, mon cher Albert, je vous crois un peu trop platonique en amitié; bien certain qu’on vous aime, vous ne tenez pas beaucoup à do

Par un manque d’étiquette dont Mme d’Harville ressentit une légère contrariété, un valet de chambre entra, apportant une lettre au marquis.