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"Les tyrans, poursuivit-il d'une voix aigre et criarde, les tyrans ne peuvent supposer la liberté nulle part. C'est une chose humiliante pour l'humanité. Voyez cette expression répétée à chaque page. Quelle affectation!»

Et il jeta devant moi la gazette.

"Voyez, continua-t-il en me montrant du doigt le mot indiqué, voyez: Robespierre's Army. Robespierre's troops! Comme si j'avais des armées! comme si j'étais roi, moi! comme si la France était Robespierre! comme si tout venait de moi et retournait à moi! Les troupes de Robespierre! Quelle injustice! Quelle calomnie! Hein?»

Puis, reprenant sa tasse de camomille et relevant ses lunettes vertes pour m'observer en dessous:

"J'espère qu'ici on ne se sert jamais de ces incroyables expressions? Vous ne les avez jamais entendues, n'est-ce pas? – Cela se dit-il dans la rue? – Non! c'est Pitt lui-même qui dicte cette opinion injurieuse pour moi! – Qui me fait do

Je fis un signe de tête; il continua.

"Je veux, moi, qu'on ôte des tombeaux leur maxime impie que la mort est un sommeil, pour y graver: La mort est le commencement de l'immortalité."

Je vis dans ces phrases le prélude d'un discours prochain. Il en essayait les accords sur moi dans la conversation, à la façon de bien des discoureurs de ma co

Il sourit avec satisfaction et but sa tasse. Il la replaça sur son bureau avec un air d'orateur à la tribune; et comme je n'avais pas répondu à son idée, il y revint par un autre chemin, parce qu'il lui fallait absolument réponse et flatterie.

"Je sais que vous êtes de mon avis, citoyen, quoique vous ayez bien des choses des hommes d'autrefois. Mais vous êtes pur, c'est beaucoup. Je suis bien sûr du moins que vous n'aimeriez pas plus que moi le Despotisme militaire; et si l'on ne m'écoute pas, vous le verrez arriver: il prendra les rênes de la Révolution si je les laisse flotter, et renversera la représentation avilie.

– Ceci me paraît très juste, citoyen", répondis-je. En effet, ce n'était pas si mal, et c'était prophétique.

Il fit encore son sourire de chat.

"Vous aimeriez encore mieux mon Despotisme à moi, j'en suis sûr, hein?»

Je dis en grimaçant aussi:»Eh!… mais!…" avec tout le vague qu'on peut mettre dans ces mots flottants.

"Ce serait, continua-t-il, celui d'un citoyen, d'un homme votre égal, qui y serait arrivé par la route de la vertu, et qui n'a jamais eu qu'une crainte, celle d'être souillé par le voisinage impur des hommes pervers qui s'introduisent parmi les sincères amis de l'humanité."

Il caressait de la langue et des lèvres cette jolie petite longue phrase comme un miel délicieux.

"Vous avez, dis-je, beaucoup moins de voisins à présent, n'est-ce pas? On ne vous coudoie guère."

Il se pinça les lèvres et plaça ses lunettes vertes droit sur les yeux pour cacher le regard.

"Parce que je vis dans la retraite, dit-il, depuis quelque temps. Mais je n'en suis pas moins calomnié."

Tout en parlant, il prit un crayon et griffo

Il sourit et se pencha en arrière.

"Hélas! oui, calomnié, poursuivit-il; car, à parler sans plaisanterie, je n'aime que l'égalité, comme vous le savez, et vous devez le voir plus que jamais à l'indignation que m'inspirent ces papiers émanés des arsenaux de la tyra

Il froissa et foula avec un air tragique ces grands journaux anglais; mais je remarquai bien qu'il se gardait de les déchirer.

"Ah! Maximilien, me dis-je, tu les reliras seul plus d'une fois, et tu baiseras ardemment ces mots superbes et magiques pour toi: Les troupes de Robespierre!»

Après sa petite comédie et la mie

Je me levai et marchai à côté de lui.

"Je voudrais vous do

Il me do

Quand une chose est décidée, je n'y pense plus. Je m'assis, et je parcourus ce brouillon avec lequel Robespierre m'avait laissé en tête à tête.