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À cet ordre do
Aramis fut éto
Cet éto
En un instant cet excellent spécifique eut dissipé jusqu’au moindre nuage qui pouvait rester au fond de leur cœur. Les quatre amis se mirent à parler plus haut sans attendre que l’un eût fini pour que l’autre commençât, et à prendre sur la table chacun sa posture favorite. Bientôt, chose énorme, Aramis défit deux aiguillettes de son pourpoint; ce que voyant, Porthos dénoua toutes les sie
Les batailles, les longs chemins, les coups reçus et do
– Ma foi, dit Aramis en riant, voici assez d’éloges do
– Toujours, dit d’Artagnan en éclatant de rire, toujours; contez votre histoire, et je vous applaudirai si elle est bo
– Un grand prince, dit Aramis, dont le Mazarin recherchait l’alliance, fut invité par celui-ci à lui envoyer la liste des conditions moye
– Ah! ah! ah! s’écrièrent les trois amis, ce n’était pas cher, et il n’avait pas à craindre d’être pris au mot. Que fit le prince?
– Le prince envoya aussitôt cinquante mille livres à Mazarin en le priant de ne plus jamais lui écrire, et en lui offrant vingt mille livres de plus s’il engageait à ne plus jamais lui parler.
– Que fit Mazarin?
– Il se fâcha? dit Athos.
– Il fit bâto
– Il accepta la somme? dit d’Artagnan.
– Vous avez deviné, d’Artagnan, dit Aramis.
Et tous d’éclater de rire si bruyamment que l’hôte monta en demandant si ces messieurs n’avaient pas besoin de quelque chose.
Il avait cru que l’on se battait.
L’hilarité se calma enfin.
– Peut-on crosser M. de Beaufort? demanda d’Artagnan, j’en ai bien envie.
– Faites, dit Aramis, qui co
– Et vous, Athos? demanda d’Artagnan.
– Je vous jure, foi de gentilhomme, que nous rirons si vous êtes drôle, dit Athos.
– Je commence, dit d’Artagnan. M. de Beaufort, causant un jour avec un des amis de M. le Prince, lui dit que sur les premières querelles du Mazarin et du parlement, il s’était trouvé un jour en différend avec M. de Chavigny, et que le voyant attaché au nouveau cardinal, lui qui tenait à l’ancien par tant de manières, il l’avait gourmé de bo
«Cet ami, qui co
«- Et qui a dit que le prince m’avait gourmé? demanda Chavigny.
«- Le prince lui-même, répond l’ami.
«On remonte à la source et l’on trouve la perso
«Chavigny, au désespoir d’une pareille calomnie, à laquelle il ne comprend rien, déclare à ses amis qu’il mourra plutôt que de supporter une pareille injure. En conséquence, il envoie deux témoins au prince, avec mission de lui demander s’il est vrai qu’il ait dit qu’il avait gourmé M. de Chavigny.
«- Je l’ai dit et je le répète, répondit le prince, car c’est la vérité.
«- Monseigneur, dit alors l’un des parrains de Chavigny, permettez-moi de dire à Votre Altesse que des coups à un gentilhomme dégradent autant celui qui les do
«- Eh bien mais, demanda M. de Beaufort éto
«- Mais vous, Monseigneur, qui prétendez avoir battu…
«- Qui?
«- M. de Chavigny.
«- Moi?
«- N’avez-vous pas gourmé M. de Chavigny, à ce que vous dites au moins, Monseigneur?
«- Oui.
«- Eh bien! lui dément.
«- Ah! par exemple, dit le prince, je l’ai si bien gourmé que voilà mes propres paroles, dit M. de Beaufort avec toute la majesté que vous lui co
«Mon cher Chavigny, vous êtes blâmable de prêter secours à un drôle comme ce Mazarin.
«- Ah! Monseigneur, s’écria le second, je comprends, c’est gourmander que vous avez voulu dire.
«- Gourmander, gourmer, que fait cela? dit le prince; n’est-ce pas la même chose? En vérité, vos faiseurs de morts sont bien pédants!
On rit beaucoup de cette erreur philologique de M. de Beaufort, dont les bévues en ce genre commençaient à devenir proverbiales, et il fut convenu que, l’esprit de parti étant exilé à tout jamais de ces réunions amicales, d’Artagnan et Porthos pourraient railler les princes, à la condition qu’Athos et Aramis pourraient gourmer le Mazarin.
– Ma foi, dit d’Artagnan à ses deux amis, vous avez raison de lui vouloir du mal, à ce Mazarin, car de son côté, je vous le jure, il ne vous veut pas de bien.
– Bah! vraiment? dit Athos. Si je croyais que ce drôle me co
– Il ne vous co
– Par qui?
– Par moi.
– Comment, par vous?
– Oui, il m’a encore envoyé chercher ce matin pour me demander si j’avais quelque renseignement.
– Sur ces deux gentilshommes?
– Oui.
– Et que lui avez-vous répondu?
– Que je n’en avais pas encore, mais que je dînais avec deux perso
– Vous lui avez dit cela! dit Porthos avec son gros rire épanoui sur sa large figure. Bravo! Et cela ne vous fait pas peur, Athos?
– Non, dit Athos, ce n’est pas la recherche du Mazarin que je redoute.
– Vous, reprit Aramis, dites-moi un peu ce que vous redoutez?
– Rien, dans le présent du moins, c’est vrai.
– Et dans le passé? dit Porthos.
– Ah! dans le passé, c’est autre chose, dit Athos avec un soupir; dans le passé et dans l’avenir…
– Est-ce que vous craignez pour votre jeune Raoul? demanda Aramis.
– Bon! dit d’Artagnan, on n’est jamais tué à la première affaire.
– Ni à la seconde, dit Aramis.
– Ni à la troisième, dit Porthos. D’ailleurs, quand on est tué, on en revient, et la preuve c’est que nous voilà.
– Non, dit Athos, ce n’est pas Raoul non plus qui m’inquiète, car il se conduira, je l’espère, en gentilhomme, et s’il est tué, eh bien! ce sera bravement; mais tenez, si ce malheur lui arrivait, eh bien…
Athos passa la main sur son front pâle.