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– Eh! sans doute, monsieur; vous le savez mieux que perso

– Nous sommes pour le roi et MM. les princes, dit Athos.

– Il faut cependant nous entendre, dit Châtillon: le roi est avec nous, et il a pour généralissimes MM. d’Orléans et de Condé.

– Oui, dit Athos, mais sa place est dans nos rangs avec MM. de Conti, de Beaufort, d’Elbeuf et de Bouillon.

– Cela peut être, dit Châtillon, et l’on sait que pour mon compte j’ai assez peu de sympathie pour M. de Mazarin; mes intérêts mêmes sont à Paris: j’ai là un grand procès d’où dépend toute ma fortune, et, tel que vous me voyez, je viens de consulter mon avocat…

– À Paris?

– Non pas, à Charenton… M. Viole, que vous co

– M. Viole do

– Oui, monsieur, et à cheval même. Il commande cinq cents pistoliers pour aujourd’hui, et je lui ai rendu visite accompagné, pour lui faire ho

– S’il est si curieux à voir, on peut se do

– Il faudrait vous hâter, monsieur, car les conférences ne peuvent durer longtemps encore.

– Et si elles sont rompues sans amener de résultat, dit Athos, vous allez tenter d’enlever Charenton?

– C’est mon ordre; je commande les troupes d’attaque, et je ferai de mon mieux pour réussir.

– Monsieur, dit Athos, puisque vous commandez la cavalerie…

– Pardon! je commande en chef.

– Mieux encore!… Vous devez co

– Mais oui, à peu près.

– Soyez assez bon pour me dire alors si vous n’avez pas sous vos ordres M. le chevalier d’Artagnan, lieutenant aux mousquetaires.

– Non, monsieur, il n’est pas avec nous; depuis plus de six semaines il a quitté Paris, et il est, dit-on, en mission en Angleterre.

– Je savais cela, mais je le croyais de retour.

– Non, monsieur, et je ne sache point que perso

Les deux amis se regardèrent.

– Vous voyez, dit Athos.

– C’est étrange, dit Aramis.

– Il faut absolument qu’il leur soit arrivé malheur en route.

– Nous sommes aujourd’hui le huit, c’est ce soir qu’expire le délai fixé. Si ce soir nous n’avons point de nouvelles, demain matin nous partirons.

Athos fit de la tête un signe affirmatif, puis se retournant:

– Et M. de Bragelo

– Oui, certainement, répondit Châtillon, il nous est arrivé ce matin avec M. le Prince. Un charmant jeune homme! il est de vos amis, monsieur le comte?

– Oui, monsieur, répliqua Athos doucement ému; à telle enseigne, que j’aurais même le désir de le voir. Est-ce possible?

– Très possible, monsieur. Veuillez m’accompagner et je vous conduirai au quartier général.

– Holà! dit Aramis en se retournant, voilà bien du bruit derrière nous, ce me semble.

– En effet, un gros de cavaliers vient à nous! fit Châtillon.

– Je reco

– Et moi, M. de Beaufort à ses plumes blanches.

– Ils vie

– On bat le rappel, s’écria Châtillon. Entendez-vous? Il faut nous informer.

En effet, on voyait les soldats courir à leurs armes, les cavaliers qui étaient à pied se remettre en selle, les trompettes so

De son côté, M. le Prince fit un signe de rappel, et tous les officiers de l’armée royale, mêlés momentanément aux troupes parisie

– Messieurs, dit Châtillon, la trêve est rompue, c’est évident; on va se battre. Rentrez donc dans Charenton, car j’attaquerai sous peu. Voilà le signal que M. le Prince me do

En effet, une cornette élevait par trois fois en l’air le guidon de M. le Prince.

– Au revoir, monsieur le chevalier! cria Châtillon.

Et il partit au galop pour rejoindre son escorte.

Athos et Aramis tournèrent bride de leur côté et vinrent saluer le coadjuteur et M. de Beaufort. Quant à M. de Bouillon, il avait eu vers la fin de la conférence un si terrible accès de goutte, qu’on avait été obligé de le reconduire à Paris en litière.

En échange, M. le duc d’Elbeuf, entouré de ses quatre fils comme d’un état-major, parcourait les rangs de l’armée parisie

Pendant ce temps, entre Charenton et l’armée royale se formait un long espace blanc qui semblait se préparer pour servir de dernière couche aux cadavres.

– Ce Mazarin est véritablement une honte pour la France, dit le coadjuteur en resserrant le ceinturon de son épée qu’il portait, à la mode des anciens prélats militaires, sur sa simarre archiépiscopale. C’est un cuistre qui voudrait gouverner la France comme une métairie. Aussi la France ne peut-elle espérer de bonheur et de tranquillité que lorsqu’il en sera sorti.

– Il paraît que l’on ne s’est pas entendu sur la couleur du chapeau, dit Aramis.

Au même instant, M. de Beaufort leva son épée.

– Messieurs, dit-il, nous avons fait de la diplomatie inutile; nous voulions nous débarrasser de ce pleutre de Mazarini; mais la reine, qui en est embéguinée, le veut absolument garder pour ministre, de sorte qu’il ne nous reste plus qu’une ressource, c’est de le battre congrûment.

– Bon! dit le coadjuteur, voilà l’éloquence accoutumée de M. de Beaufort.

– Heureusement, dit Aramis, qu’il corrige ses fautes de français avec la pointe de son épée.

– Peuh! fit le coadjuteur avec mépris, je vous jure que dans toute cette guerre il est bien pâle.

Et il tira son épée à son tour.

– Messieurs, dit-il, voilà l’e

Et sans s’inquiéter s’il était suivi ou non, il partit. Son régiment, qui portait le nom de régiment de Corinthe, du nom de son archevêché, s’ébranla derrière lui et commença la mêlée.

De son côté, M. de Beaufort lançait sa cavalerie, sous la conduite de M. de Noirmoutiers, vers Étampes, où elle devait rencontrer un convoi de vivres impatiemment attendu par les Parisiens. M. de Beaufort s’apprêtait à le soutenir.

M. de Clanleu, qui commandait la place, se tenait, avec le plus fort de ses troupes, prêt à résister à l’assaut, et même, au cas où l’e

Au bout d’une demi-heure le combat était engagé sur tous les points. Le coadjuteur, que la réputation de courage de M. de Beaufort exaspérait, s’était jeté en avant et faisait perso