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– Sans doute. Mais tu n’étais pas le premier. Le comte de La Fère m’avait demandé la main de Mlle de La Vallière pour son fils. Eh bien! à son retour d’Angleterre, je les marierai puisqu’ils s’aiment.
– En vérité, je reco
– Tiens, Saint-Aignan, crois-moi, ne nous occupons plus de ces sortes de choses, dit Louis.
– Oui, digérons l’affront, Sire, dit le courtisan résigné.
– Au reste, ce sera chose facile, fit le roi en modulant un soupir.
– Et pour commencer, moi… dit Saint-Aignan.
– Eh bien?
– Eh bien! je vais faire quelque bo
– Fais, Saint-Aignan, fais, murmura le roi. Tu me liras tes vers, cela me distraira. Ah! n’importe, n’importe, Saint-Aignan, ajouta le roi comme un homme qui respire avec peine, le coup demande une force surhumaine pour être dignement soutenu.
Et, comme le roi achevait ainsi en se do
De Saint-Aignan s’écarta par respect.
– Entrez, fit le roi.
Le valet entrebâilla la porte.
– Que veut-on? demanda Louis.
Le valet montra une lettre pliée en forme de triangle.
– Pour Sa Majesté, dit-il.
– De quelle part?
– Je l’ignore; il a été remis par un des officiers de service.
Le roi fit signe, le valet apporta le billet.
Le roi s’approcha des bougies, ouvrit le billet, lut la signature et laissa échapper un cri.
Saint-Aignan était assez respectueux pour ne pas regarder; mais, sans regarder, il voyait et entendait.
Il accourut.
Le roi, d’un geste, congédia le valet.
– Oh! mon Dieu! fit le roi en lisant.
– Votre Majesté se trouve-t-elle indisposée? demanda Saint-Aignan les bras étendus.
– Non, non, Saint-Aignan; lis!
Et il lui passa le billet.
Les yeux de Saint-Aignan se portèrent à la signature.
– La Vallière! s’écria-t-il. Oh! Sire!
– Lis! lis!
Et Saint-Aignan lut:
«Sire, pardo
Je rentre chez moi brisée de douleur et de fatigue, Sire, et j’implore de Votre Majesté la faveur d’une audience dans laquelle je pourrai dire la vérité à mon roi.
Signé: Louise de La Vallière.»
– Eh bien? demanda le roi en reprenant la lettre des mains de Saint Aignan tout étourdi de ce qu’il venait de lire.
– Eh bien? répéta Saint-Aignan.
– Que penses-tu de cela?
– Je ne sais trop.
– Mais enfin?
– Sire, la petite aura entendu gronder la foudre, et elle aura eu peur.
– Peur de quoi? demanda noblement Louis.
– Dame! que voulez-vous, Sire! Votre Majesté a mille raisons d’en vouloir à l’auteur ou aux auteurs d’une si méchante plaisanterie, et la mémoire de Votre Majesté, ouverte dans le mauvais sens, est une éternelle menace pour l’imprudente.
– Saint-Aignan, je ne vois pas comme vous.
– Le roi doit voir mieux que moi.
– Eh bien! je vois dans ces lignes: de la douleur, de la contrainte, et maintenant surtout que je me rappelle certaines particularités de la scène qui s’est passée ce soir chez Madame… Enfin…
Le roi s’arrêta sur ce sens suspendu.
– Enfin, reprit Saint-Aignan, Votre Majesté va do
– Je ferai mieux, Saint-Aignan.
– Que ferez-vous, Sire?
– Prends ton manteau.
– Mais, Sire…
– Tu sais où est la chambre des filles de Madame?
– Certes.
– Tu sais un moyen d’y pénétrer?
– Oh! quant à cela, non.
– Mais enfin tu dois co
– En vérité, Votre Majesté est la source de toute bo
– Tu co
– Oui.
– Qui co
– Je co
– D’ho
– Oui, d’ho
– Avec To
– Non, malheureusement; avec Montalais.
– Il s’appelle?
– Malicorne.
– Bon! Et tu peux compter sur lui?
– Je le crois, Sire. Il doit bien avoir quelque clef… Et s’il en a une, comme je lui ai rendu service… il m’en fera part.
– C’est au mieux. Partons!
– Je suis aux ordres de Votre Majesté.
Le roi jeta son propre manteau sur les épaules de Saint-Aignan et lui demanda le sien. Puis tous deux gagnèrent le vestibule.