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– Monsieur de Bragelo
Raoul sourit avec amertume.
– Ah! c’est vrai, dit-il, j’oubliais ceci: le roi est mon maître.
– Il y va de votre liberté! il y va de votre vie!
Un regard clair et pénétrant de Raoul apprit à Madame Henriette qu’elle se trompait, et que son dernier argument n’était pas de ceux qui touchassent ce jeune homme.
– Prenez garde, monsieur de Bragelo
– Merci, madame, dit-il. J’apprécie le conseil que Votre Altesse me do
– Dites.
– Est-ce une indiscrétion que de vous demander le secret de cet escalier, de cette trappe, de ce portrait, secret que vous avez découvert?
– Oh! rien de plus simple; j’ai, pour cause de surveillance, le double des clefs de mes filles; il m’a paru étrange que La Vallière se renfermât si souvent; il m’a paru étrange que M. de Saint-Aignan changeât de logis; il m’a paru étrange que le roi vînt voir si quotidie
– Vous concluez quelque chose, cependant, madame, répondit Bragelo
– Vous prendrez à ce sujet le parti qui vous conviendra, monsieur Raoul. Seulement, ne dites point la source d’où vous tenez la vérité; voilà tout ce que je vous demande, voilà le seul prix que j’exige du service que je vous ai rendu.
– Ne craignez rien, madame, dit Bragelo
– J’ai, moi, gagné le serrurier que les amants avaient mis dans leurs intérêts. Vous pouvez fort bien avoir fait comme moi, n’est-ce pas?
– Oui, madame. Votre Altesse Royale ne me do
– Pas d’autre.
– Je vais donc supplier Votre Altesse Royale de m’accorder une minute de séjour ici.
– Sans moi?
– Oh! non, madame. Peu importe; ce que j’ai à faire, je puis le faire devant vous. Je vous demande une minute pour écrire un mot à quelqu’un.
– C’est hasardeux, monsieur de Bragelo
– Perso
– Faites, monsieur.
Raoul avait déjà tiré ses tablettes et tracé rapidement ces mots sur une feuille blanche:
«Monsieur le comte,
«Ne vous éto
«Vicomte Raoul de Bragelo
Il roula cette feuille, la glissa dans la serrure de la porte qui communiquait à la chambre des deux amants, et, bien assuré que ce papier était tellement visible que de Saint-Aignan le devait voir en rentrant, il rejoignit la princesse, arrivée déjà au haut de l’escalier.
Sur le palier, ils se séparèrent: Raoul affectant de remercier Son Altesse, Henriette plaignant ou faisant semblant de plaindre de tout son cœur le malheureux qu’elle venait de condamner à un aussi horrible supplice.
– Oh! dit-elle en le voyant s’éloigner pâle et l’œil injecté de sang; oh! si j’avais su, j’aurais caché la vérité à ce pauvre jeune homme.
Chapitre CXCIII – La méthode de Porthos
La multiplicité des perso
Les ho
Porthos se promit de conférer à M. Mouston une dignité quelconque, d’établir une hiérarchie dans le reste de ses gens, et de se créer une maison militaire; ce qui n’était pas insolite parmi les grands capitaines, attendu que, dans le précédent siècle, on remarquait ce luxe chez MM. de Tréville, de Schomberg, de La Vieuville, sans parler de MM. de Richelieu, de Condé, et de Bouillon-Ture
Lui, Porthos, ami du roi et de M. Fouquet baron, ingénieur, etc., pourquoi ne jouirait-il pas de tous les agréments attachés aux grands biens et aux grands mérites?
Un peu délaissé d’Aramis, lequel, nous le savons, s’occupait beaucoup de M. Fouquet, un peu négligé, à cause du service, par d’Artagnan, blasé sur Trüchen et sur Planchet, Porthos se surprit à rêver sans trop savoir pourquoi; mais à quiconque lui eût dit: «Est-ce qu’il vous manque quelque chose, Porthos?» il eût assurément répondu: «Oui.»
Après un de ces dîners pendant lesquels Porthos essayait de se rappeler tous les détails du dîner royal, demi-joyeux, grâce au bon vin, demi-triste, grâce aux idées ambitieuses, Porthos se laissait aller à un commencement de sieste, quand son valet de chambre vint l’avertir que M. de Bragelo