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Athos s'arrêta. Pendant tout le temps que le noble gentilhomme avait parlé, Monck n'avait pas do
Enfin Monck parut s'animer, et, rompant le silence:
– Monsieur, dit-il d'une voix douce et grave, je vais, pour vous répondre, me servir de vos propres paroles. À tout autre qu'à vous, je répondrais par l'expulsion, la prison ou pis encore. Car enfin, vous me tentez et vous me violentez à la fois. Mais vous êtes un de ces hommes, monsieur, à qui l'on ne peut refuser l'attention et les égards qu'ils méritent: vous êtes un brave gentilhomme, monsieur, je le dis et je m'y co
– Oui, milord, c'est moi qui me trouvais sous l'échafaud pendant l'exécution; moi qui, n'ayant pu le racheter, reçus sur mon front le sang du roi martyr; je reçus en même temps la dernière parole de Charles Ier, c'est à moi qu'il a dit «Remember!» et en me disant «Souviens-toi!» il faisait allusion à cet argent qui est à vos pieds, milord.
– J'ai beaucoup entendu parler de vous, monsieur, dit Monck, mais je suis heureux de vous avoir apprécié tout d'abord par ma propre inspiration et non par mes souvenirs. Je vous do
Athos s'inclina, s'apprêtant à absorber avidement les paroles qui tombaient une à une de la bouche de Monck, ces paroles rares et précieuses comme la rosée dans le désert.
– Vous me parliez, dit Monck, du roi Charles II; mais je vous prie, monsieur, dites-moi, que m'importe à moi, ce fantôme de roi? J'ai vieilli dans la guerre et dans la politique, qui sont aujourd'hui liées si étroitement ensemble, que tout homme d'épée doit combattre en vertu de son droit ou de son ambition, avec un intérêt perso
Athos savait Monck trop bien informé de tout ce qui avait rapport à Charles II pour pousser plus loin la discussion. Ce n'était ni l'heure ni le lieu.
– Milord, dit-il, je n'ai donc plus qu'à vous remercier.
– Et de quoi, monsieur? de ce que vous m'avez bien jugé et de ce que j'ai agi d'après votre jugement? Oh! vraiment, est-ce la peine? Cet or que vous allez porter au roi Charles va me servir d'épreuve pour lui: en voyant ce qu'il en saura faire, je prendrai sans doute une opinion que je n'ai pas.
– Cependant Votre Ho
– Mon e
– Vous obéiriez? s'écria Athos avec joie.
– Pardo
– Alors, vous n'obéiriez pas? dit Athos.
– Je ne dis pas cela non plus, monsieur. Avant tout, le salut de ma patrie. Dieu, qui a bien voulu me do
Athos s'assombrit.
– Allons, dit-il, je le vois, décidément Votre Ho
– Vous me questio
– Faites, monsieur, et puisse Dieu vous inspirer l'idée de me répondre aussi franchement que je vous répondrai!
– Quand vous aurez rapporté ce million à votre prince, quel conseil lui do
Athos fixa sur Monck un regard fier et résolu.
– Milord, dit-il, avec ce million que d'autres emploieraient à négocier peut-être, je veux conseiller au roi de lever deux régiments, d'entrer par l'Écosse que vous venez de pacifier; de do
Monck baissa la tête et rêva un instant.
– S'il réussissait, dit-il, ce qui est invraisemblable, mais non pas impossible, car tout est possible en ce monde, que lui conseilleriez-vous?
– De penser que par la volonté de Dieu il a perdu sa couro
Un sourire ironique passa sur les lèvres de Monck.
– Malheureusement, monsieur, dit-il, les rois ne savent pas suivre un bon conseil.