Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 31 из 159

– Sire, croyez bien…

– Je crois ce que je vois, monsieur; je vois un homme énergique, vigoureux, plein de présence d'esprit, le meilleur soldat de France, peut-être, et ce perso

– Ah! Sire, dit le lieutenant avec amertume, que d'éloges! Votre Majesté me confond, en vérité! Énergique, vigoureux, spirituel, brave, le meilleur soldat de l'armée! mais, Sire, Votre Majesté exagère mon peu de mérite, à ce point que si bo

Le roi fronça le sourcil, car il voyait une raillerie sourire amèrement au fond des paroles de l'officier.

– Voyons, monsieur, dit-il, abordons franchement la question. Est-ce que mon service ne vous plaît pas, dites? Allons, point de détours, répondez hardiment, franchement, je le veux.

L'officier, qui roulait depuis quelques instants d'un air assez embarrassé son feutre entre ses mains, releva la tête à ces mots.

– Oh! Sire, dit-il, voilà qui me met un peu plus à l'aise. À une question posée aussi franchement, je répondrai moi-même franchement. Dire vrai est une bo

Louis regarda son officier avec une vive inquiétude qui se manifesta par l'agitation de son geste.

– Eh bien! donc, parlez, dit-il; car je suis impatient d'entendre les vérités que vous avez à me dire.

L'officier jeta son chapeau sur une table, et sa figure, déjà si intelligente et si martiale, prit tout à coup un étrange caractère de grandeur et de sole

– Sire, dit-il, je quitte le service du roi parce que je suis mécontent. Le valet, en ce temps-ci, peut s'approcher respectueusement de son maître comme je le fais, lui do

– Monsieur, monsieur! s'écria le roi, pourpre de colère.

– Ah! Sire, répondit l'officier en fléchissant un moment le genou, jamais serviteur ne fut plus respectueux que je ne le suis devant Votre Majesté; seulement, vous m'avez ordo

Il y avait une telle résolution exprimée dans les muscles froncés du visage de l'officier, que Louis XIV n'eut pas besoin de lui dire de continuer; il continua donc, tandis que le roi le regardait avec une curiosité mêlée d'admiration.

– Sire, voici bientôt trente-cinq ans, comme je le disais, que je sers la maison de France; peu de gens ont usé autant d'épées que moi à ce service, et les épées dont je parle étaient de bo

Le roi se mordit les lèvres et s'assit violemment dans un fauteuil.

– J'obsède Votre Majesté, dit le lieutenant. Eh! Sire, voilà ce que c'est que la vérité! C'est une dure compagne, elle est hérissée de fer; elle blesse qui elle atteint, et parfois aussi qui la dit.

– Non, monsieur, répondit le roi; je vous ai invité à parler, parlez donc.

– Après le service du roi et du cardinal, vint le service de la régence, Sire; je me suis bien battu aussi dans la Fronde, moins bien cependant que la première fois. Les hommes commençaient à diminuer de taille. Je n'en ai pas moins conduit les mousquetaires de Votre Majesté en quelques occasions périlleuses qui sont restées à l'ordre du jour de la compagnie. C'était un beau sort alors que le mien! J'étais le favori de M. de Mazarin: Lieutenant par-ci! lieutenant par-là! lieutenant à droite! lieutenant à gauche! Il ne se distribuait pas un horion en France que votre très humble serviteur ne fût chargé de la distribution; mais bientôt il ne se contenta point de la France, M. le cardinal! il m'envoya en Angleterre pour le compte de M. Cromwell. Encore un monsieur qui n'était pas tendre, je vous en réponds, Sire. J'ai eu l'ho

– Capitaine, monsieur, répliqua le roi, vous faites erreur, c'est lieutenant que vous voulez dire.

– Non pas, Sire, je ne fais jamais d'erreur; que Votre Majesté s'en rapporte à moi sur ce point: M. de Mazarin m'en do

– Eh bien?

– Mais M. de Mazarin, vous le savez mieux que perso