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– Absolue, Sire.

– Songez que cela me fera un e

– Si Votre Majesté ne craint que cela, qu'elle se tranquillise, dit vivement le cardinal.

– C'est bien, je n'insiste plus, dit Louis XIV.

– Vous ai-je convaincu, au moins, Sire? dit le cardinal en posant sa main sur celle du roi.

– Parfaitement.

– Toute autre chose, demandez-la, Sire, et je serai heureux de vous l'accorder, vous ayant refusé celle-ci.

– Toute autre chose, monsieur?

– Eh! oui, ne suis-je pas corps et âme au service de Votre Majesté? Holà! Bernouin, des flambeaux, des gardes pour Sa Majesté! Sa Majesté rentre dans ses appartements.

– Pas encore, monsieur, et puisque vous mettez votre bo

– Pour vous, Sire? demanda le cardinal, espérant qu'il allait enfin être question de sa nièce.

– Non, monsieur, pas pour moi, répondit Louis, mais pour mon frère Charles toujours.

La figure de Mazarin se rembrunit, et il grommela quelques paroles que le roi ne put entendre.

Chapitre XI – La politique de M. de Mazarin

Au lieu de l'hésitation avec laquelle il avait un quart d'heure auparavant abordé le cardinal, on pouvait lire alors dans les yeux du jeune roi cette volonté contre laquelle on peut lutter, qu'on brisera peut-être par sa propre impuissance, mais qui au moins gardera, comme une plaie au fond du cœur, le souvenir de sa défaite.

– Cette fois, monsieur le cardinal, il s'agit d'une chose plus facile à trouver qu'un million.

– Vous croyez cela, Sire? dit Mazarin en regardant le roi de cet œil rusé qui lisait au plus profond des cœurs.

– Oui, je le crois, et lorsque vous co

– Et croyez-vous donc que je ne le co

– Vous savez ce qui me reste à vous dire?

– Écoutez, Sire, voilà les propres paroles du roi Charles…

– Oh! par exemple!

– Écoutez. Et si cet avare, ce pleutre d'Italien, a-t-il dit…

– Monsieur le cardinal!…

– Voilà le sens, sinon les paroles. Eh! mon Dieu! je ne lui en veux pas pour cela, Sire; chacun voit avec ses passions.

«Il a donc dit: Et si ce pleutre d'Italien vous refuse le million que nous lui demandons, Sire; si nous sommes forcés, faute d'argent, de renoncer à la diplomatie, eh bien! nous lui demanderons cinq cents gentilshommes…

Le roi tressaillit, car le cardinal ne s'était trompé que sur le chiffre.

– N'est-ce pas, Sire, que c'est cela? s'écria le ministre avec un accent triomphateur; puis il a ajouté de belles paroles, il a dit: J'ai des amis de l'autre côté du détroit; à ces amis il manque seulement un chef et une ba

«Quand ils me verront, quand ils verront la ba

«(Car il savait bien que je le refuserais, ce million.) Je vaincrai avec ces cinq cents gentilshommes, Sire, et tout l'ho

La sueur de la honte coulait au front de Louis. Il sentait qu'il n'était pas de sa dignité d'entendre ainsi insulter son frère, mais il ne savait pas encore comment on voulait, surtout en face de celui devant qui il avait vu tout plier, même sa mère. Enfin il fit un effort.

– Mais, dit-il, monsieur le cardinal, ce n'est pas cinq cents hommes, c'est deux cents.

– Vous voyez bien que j'avais deviné ce qu'il demandait.

– Je n'ai jamais nié, monsieur, que vous n'eussiez un œil profond, et c'est pour cela que j'ai pensé que vous ne refuseriez pas à mon frère Charles une chose aussi simple et aussi facile à accorder que celle que je vous demande en son nom, monsieur le cardinal, ou plutôt au mien.

– Sire, dit Mazarin, voilà trente ans que je fais de la politique. J'en ai fait d'abord avec M. le cardinal de Richelieu, puis tout seul.

«Cette politique n'a pas toujours été très ho

– Malho

– Sire, vous avez fait un traité avec M. Cromwell.

– Oui; et dans ce traité même M. Cromwell a signé au-dessus de moi.

– Pourquoi avez-vous signé si bas, Sire? M. Cromwell a trouvé une bo

– M. Cromwell est mort.

– Vous croyez cela, Sire?

– Mais sans doute, puisque son fils Richard lui a succédé et a abdiqué même.

– Eh bien! voilà justement! Richard a hérité à la mort de Cromwell, et l'Angleterre à l'abdication de Richard. Le traité faisait partie de l'héritage, qu'il fût entre les mains de M. Richard ou entre les mains de l'Angleterre. Le traité est donc bon toujours, valable autant que jamais. Pourquoi l'éluderiez-vous, Sire? Qu'y a-t-il de changé? Charles II veut aujourd'hui ce que nous n'avons pas voulu il y a dix ans; mais c'est un cas prévu. Vous êtes l'allié de l'Angleterre, Sire, et non celui de Charles II. C'est malho