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L'étranger, sans rien répondre, se dirigea vers l'escalier indiqué.
De ce côté, plus de bruit, plus de flambeaux. L'obscurité, au milieu de laquelle on voyait errer une sentinelle pareille à une ombre.
Le silence, qui permettait d'entendre le bruit de ses pas accompagnés du retentissement des éperons sur les dalles.
Ce factio
– Qui vive? dit ce garde.
– Ami, répondit l'inco
– Que voulez-vous?
– Parler au roi.
– Oh! oh! mon cher monsieur, cela ne se peut guère.
– Et pourquoi?
– Parce que le roi est couché.
– Couché déjà?
– Oui.
– N'importe, il faut que je lui parle.
– Et moi je vous dis que c'est impossible.
– Cependant…
– Au large!
– C'est donc la consigne?
– Je n'ai pas de compte à vous rendre. Au large!
Et cette fois le factio
– Monsieur le mousquetaire, dit-il, vous êtes gentilhomme?
– J'ai cet ho
– Eh bien! moi aussi je le suis, et entre gentilshommes on se doit quelques égards.
Le factio
– Parlez, monsieur, dit-il, et si vous me demandez une chose qui soit en mon pouvoir…
– Merci. Vous avez un officier, n'est-ce pas?
– Notre lieutenant, oui, monsieur.
– Eh bien! je désire parler à votre lieutenant.
– Ah! pour cela, c'est différent. Montez, monsieur.
L'inco
Traînant sa botte, se frottant les yeux et agrafant son manteau, le lieutenant fit trois pas au-devant de l'étranger.
– Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur? demanda-t-il.
– Vous êtes l'officier de service, lieutenant des mousquetaires?
– J'ai cet ho
– Monsieur, il faut absolument que je parle au roi.
Le lieutenant regarda attentivement l'inco
– Je ne suppose pas que vous soyez un fou, répliqua-t-il, et cependant vous me semblez de condition à savoir, monsieur, qu'on n'entre pas ainsi chez un roi sans qu'il y consente.
– Il y consentira, monsieur.
– Monsieur, permettez-moi d'en douter; le roi rentre il y a un quart d'heure, il doit être en ce moment en train de se dévêtir. D’ailleurs, la consigne est do
– Quand il saura qui je suis, répondit l'inco
L'officier était de plus en plus surpris, de plus en plus subjugué.
– Si je consentais à vous a
– Vous a
L'officier poussa un cri d'éto
– Oh! oui, Sire: en effet, j'aurais dû vous reco
– Vous avez vu mon portrait?
– Non, Sire.
– Ou vous m'avez vu moi-même autrefois à la cour, avant qu'on me chassât de France?
– Non Sire, ce n'est point encore cela.
– Comment m'eussiez-vous reco
– Sire, j'ai vu Sa Majesté le roi votre père dans un moment terrible.
– Le jour…
– Oui.
Un sombre nuage passa sur le front du prince; puis, l'écartant de la main:
– Voyez-vous encore quelque difficulté à m'a
– Sire, pardo
Puis, revenant sur ses pas:
– Votre Majesté désire sans doute le secret pour cette entrevue? demanda-t-il.
– Je ne l'exige pas, mais si c'est possible de le garder…
– C'est possible, Sire, car je puis me dispenser de prévenir le premier gentilhomme de service; mais il faut pour cela que Votre Majesté consente à me remettre son épée.
– C'est vrai. J'oubliais que nul ne pénètre armé chez le roi de France.
– Votre Majesté fera exception si elle le veut, mais alors je mettrai ma responsabilité à couvert en prévenant le service du roi.
– Voici mon épée, monsieur. Vous plaît-il maintenant de m'a
– À l'instant, Sire.
Et l'officier courut aussitôt heurter à la porte de communication, que le valet de chambre lui ouvrit.
– Sa Majesté le roi d'Angleterre! dit l'officier.
– Sa Majesté le roi d'Angleterre! répéta le valet de chambre.
À ces mots, un gentilhomme ouvrit à deux battants la porte du roi, et l'on vit Louis XIV sans chapeau et sans épée, avec son pourpoint ouvert, s'avancer en do
– Vous, mon frère! vous à Blois! s’écria Louis XIV en congédiant d'un geste le gentilhomme et le valet de chambre qui passèrent dans une pièce voisine.
– Sire, répondit Charles II, je m'en allais à Paris dans l'espoir de voir Votre Majesté, lorsque la renommée m'a appris votre prochaine arrivée en cette ville. J'ai alors prolongé mon séjour, ayant quelque chose de très particulier à vous communiquer.