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Une seule chambre avait été respectée par le magnifique Bertuccio. Devant cette chambre, située à l’angle gauche du premier étage, à laquelle on pouvait monter par le grand escalier, et dont on pouvait sortir par l’escalier dérobé, les domestiques passaient avec curiosité et Bertuccio avec terreur.
À cinq heures précises, le comte arriva, suivi d’Ali, devant la maison d’Auteuil. Bertuccio attendait cette arrivée avec une impatience mêlée d’inquiétude; il espérait quelques compliments, tout en redoutant un froncement de sourcils.
Monte-Cristo descendit dans la cour, parcourut toute la maison et fit le tour du jardin, silencieux et sans do
Seulement, en entrant dans sa chambre à coucher, située du côté opposé à la chambre fermée, il étendit la main vers le tiroir d’un petit meuble en bois de rose, qu’il avait déjà distingué à son premier voyage.
«Cela ne peut servir qu’à mettre des gants, dit-il.
– En effet, Excellence, répondit Bertuccio ravi, ouvrez, et vous y trouverez des gants.»
Dans les autres meubles, le comte trouva encore ce qu’il comptait y trouver, flacons, cigares, bijoux.
«Bien!» dit-il encore.
Et M. Bertuccio se retira l’âme ravie, tant était grande, puissante et réelle l’influence de cet homme sur tout ce qui l’entourait.
À six heures précises, on entendit piétiner un cheval devant la porte d’entrée. C’était notre capitaine des spahis qui arrivait sur Médéah.
Monte-Cristo l’attendait sur le perron, le sourire aux lèvres.
«Me voilà le premier, j’en suis bien sûr! lui cria Morrel: je l’ai fait exprès pour vous avoir un instant à moi seul avant tout le monde. Julie et Emmanuel vous disent des millions de choses. Ah! mais, savez-vous que c’est magnifique ici! Dites-moi, comte, est-ce que vos gens auront bien soin de mon cheval?
– Soyez tranquille, mon cher Maximilien, ils s’y co
– C’est qu’il a besoin d’être boucho
– Peste, je le crois bien, un cheval de cinq mille francs! dit Monte-Cristo du ton qu’un père mettrait à parler à son fils.
– Vous les regrettez? dit Morrel avec son franc sourire.
– Moi! Dieu m’en préserve! répondit le comte. Non. Je regretterais seulement que le cheval ne fût pas bon.
– Il est si bon, mon cher comte, que M. de Château-Renaud, l’homme le plus co
– Alors, ils vous suivent? demanda Monte-Cristo.
– Tenez, les voilà.»
En effet, au moment même, un coupé à l’attelage tout fumant et deux chevaux de selle hors d’haleine arrivèrent devant la grille de la maison, qui s’ouvrit devant eux. Aussitôt le coupé décrivit son cercle, et vint s’arrêter au perron, suivi de deux cavaliers.
En un instant Debray eut mis pied à terre, et se trouva à la portière. Il offrit sa main à la baro
Derrière sa femme descendit le banquier, pâle comme s’il fût sorti du sépulcre au lieu de sortir de son coupé.
Mme Danglars jeta autour d’elle un regard rapide et investigateur que Monte-Cristo seul put comprendre et dans lequel elle embrassa la cour, le péristyle, la façade de la maison; puis, réprimant une légère émotion, qui se fût certes traduite sur son visage, s’il eût été permis à son visage de pâlir, elle monta le perron tout en disant à Morrel:
«Monsieur, si vous étiez de mes amis, je vous demanderais si votre cheval est à vendre.»
Morrel fit un sourire qui ressemblait fort à une grimace, et se retourna vers Monte-Cristo, comme pour le prier de le tirer de l’embarras où il se trouvait.
Le comte le comprit.
«Ah! madame, répondit-il, pourquoi n’est-ce point à moi que cette demande s’adresse?
– Avec vous, monsieur, dit la baro
– Malheureusement, reprit le comte, je suis témoin que M. Morrel ne peut céder son cheval, son ho
– Comment cela?
– Il a parié dompter Médéah dans l’espace de six mois. Vous comprenez maintenant, baro
– Vous voyez, madame… dit Morrel tout en adressant à Monte-Cristo un sourire reco
– Il me semble d’ailleurs, dit Danglars avec un ton bourru mal déguisé par son sourire épais, que vous en avez assez comme cela de chevaux.»
Ce n’était pas l’habitude de Mme Danglars de laisser passer de pareilles attaques sans y riposter, et cependant, au grand éto
Monte-Cristo souriait à ce silence, qui dénonçait une humilité inaccoutumée, tout en montrant à la baro
La baro
«Eh! mais, on planterait là-dedans un marro
– Ah! madame, dit Monte-Cristo, il ne faut pas nous demander cela à nous autre faiseurs de statuettes et de verre mousseline; c’est un travail d’un autre âge, une espèce d’œuvre des génies de la terre et de la mer.
– Comment cela et de quelle époque cela peut-il être?
– Je ne sais pas; seulement j’ai ouï dire qu’un empereur de la Chine avait fait construire un four exprès; que dans ce four, les uns après les autres, on avait fait cuire douze pots pareils à ceux-ci. Deux se brisèrent sous l’ardeur du feu; on descendit les dix autres à trois cents brasses au fond de la mer. La mer, qui savait ce que l’on demandait d’elle, jeta sur eux ses lianes, tordit ses coraux, incrusta ses coquilles; le tout fut cimenté par deux cents a