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– Mais ensuite?
– Ensuite, madame, il y avait dans ses entrailles cet étrange déplacement du foie que nous avons déjà remarqué dans les deux premiers et qui penchait en sens inverse.
– Changement de dynastie. Toujours, toujours, toujours? grommela Catherine. Il faudra cependant combattre cela, René! continua-t-elle.
René secoua la tête.
– Je l’ai dit à Votre Majesté, reprit-il, le destin gouverne.
– C’est ton avis? dit Catherine.
– Oui, madame.
– Te souviens-tu de l’horoscope de Jea
– Oui, madame.
– Redis-le un peu, voyons, je l’ai oublié, moi.
– Vives honorata, dit René, morieris reformidata, regina amplificabere.
– Ce qui veut dire, je crois: Tu vivras honorée, et elle manquait du nécessaire, la pauvre femme! Tu mourras redoutée, et nous nous sommes moqués d’elle. Tu seras plus grande que tu n’as été comme reine, et voilà qu’elle est morte et que sa grandeur repose dans un tombeau où nous avons oublié de mettre même son nom.
– Madame, Votre Majesté traduit mal le vives honorata. La reine de Navarre a vécu honorée, en effet, car elle a joui, tant qu’elle a vécu, de l’amour de ses enfants et du respect de ses partisans, amour et respect d’autant plus sincères qu’elle était plus pauvre.
– Oui, dit Catherine, je vous passe le tu vivras honorée; mais morieris reformidata, voyons, comment l’expliquerez-vous?
– Comment je l’expliquerai! Rien de plus facile: Tu mourras redoutée.
– Eh bien, est-elle morte redoutée?
– Si bien redoutée, madame, qu’elle ne fût pas morte si Votre Majesté n’en avait pas eu peur. Enfin comme reine, tu grandiras, ou tu seras plus grande que tu n’as été comme reine; ce qui est encore vrai, madame, car en échange de la couro
Catherine était superstitieuse à l’excès. Elle s’épouvanta plus encore peut-être du sang-froid de René que de cette persistance des augures; et comme pour elle un mauvais pas était une occasion de franchir hardiment la situation, elle dit brusquement à René et sans transition aucune que le travail muet de sa pensée:
– Est-il arrivé des parfums d’Italie?
– Oui, madame.
– Vous m’en enverrez un coffret garni.
– Desquels?
– Des derniers, de ceux… Catherine s’arrêta.
– De ceux qu’aimait particulièrement la reine de Navarre? reprit René.
– Précisément.
– Il n’est point besoin de les préparer, n’est-ce pas, madame? car Votre Majesté y est à cette heure aussi savante que moi.
– Tu trouves? dit Catherine. Le fait est qu’ils réussissent.
– Votre Majesté n’a rien de plus à me dire? demanda le parfumeur.
– Non, non, reprit Catherine pensive; je ne crois pas, du moins. Si toutefois il y avait du nouveau dans les sacrifices, faites-le-moi savoir. À propos, laissons là les agneaux, et essayons des poules.
– Hélas! madame, j’ai bien peur qu’en changeant la victime nous ne changions rien aux présages.
– Fais ce que je dis. René salua et sortit. Catherine resta un instant assise et pensive; puis elle se leva à son tour et rentra dans sa chambre à coucher, où l’attendaient ses femmes et où elle a
La nouvelle de cette partie de plaisir fut pendant toute la soirée le bruit du palais et la rumeur de la ville. Les dames firent préparer leurs toilettes les plus élégantes, les gentilshommes leurs armes et leurs chevaux d’apparat. Les marchands fermèrent boutiques et ateliers, et les flâneurs de la populace tuèrent, par-ci, par-là, quelques huguenots épargnés pour la bo
Ce fut un grand vacarme pendant toute la soirée et pendant une bo
La Mole avait passé la plus triste journée du monde, et cette journée avait succédé à trois ou quatre autres qui n’étaient pas moins tristes.
M. d’Alençon, pour obéir aux désirs de Marguerite, l’avait installé chez lui, mais ne l’avait point revu depuis. Il se sentait tout à coup comme un pauvre enfant abando
Aussi, quand la nouvelle fut apportée au convalescent de cette réunion splendide de toute la cour pour le lendemain, fit-il demander à M. d’Alençon la faveur de l’accompagner.
Le duc ne se demanda pas même si La Mole était en état de supporter cette fatigue; il répondit seulement:
– À merveille! Qu’on lui do
La Mole était au comble de la joie. À part une certaine faiblesse causée par la perte de son sang et un léger étourdissement qui se rattachait à cette cause, il se sentait aussi bien qu’il pouvait être. D’ailleurs, Marguerite serait sans doute de cette cavalcade; il reverrait Marguerite, et lorsqu’il songeait au bien que lui avait fait la vue de Gillo