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– Et le mot d’ordre, le signe de reco
– Le triple nom de ton triple dieu: Éros-Cupido-Amor. Et les deux femmes se quittèrent après s’être embrassées pour la seconde fois et s’être serré la main pour la vingtième fois.
XIII Comme il y a des clefs qui ouvrent les portes auxquelles elles ne sont pas destinées
La reine de Navarre, en rentrant au Louvre, trouva Gillo
Marguerite prit la clef, la tourna et la retourna entre ses mains. Elle se fit rendre compte des moindres paroles de madame de Sauve, les pesa lettre par lettre dans son esprit, et crut avoir compris le projet de Catherine.
Elle prit une plume, de l’encre et écrivit sur son papier:
«Au lieu d’aller ce soir chez madame de Sauve, venez chez la reine de Navarre. MARGUERITE.»
Puis elle roula le papier, l’introduisit dans le trou de la clef et ordo
Ce premier soin accompli, Marguerite pensa au pauvre blessé; elle ferma toutes les portes, entra dans le cabinet, et, à son grand éto
En la voyant, il essaya de se lever; mais, chancelant encore, il ne put se tenir debout et retomba sur le canapé dont on avait fait un lit.
– Mais qu’arrive-t-il donc, monsieur? demanda Marguerite, et pourquoi suivez-vous si mal les ordo
– Oh! madame, dit Gillo
– Quitter le Louvre! dit Marguerite en regardant avec éto
– Madame, répondit le jeune homme, autant j’ai rendu grâce à Votre Majesté de m’avoir do
– Mais, dit Marguerite éto
– Oh! madame! s’écria La Mole en joignant les mains, croyez que, loin d’être ingrat, il y a dans mon cœur un sentiment de reco
– Il ne durera pas longtemps, alors! dit Marguerite émue à cet accent, qui ne laissait pas de doute sur la sincérité des paroles; car, ou vos blessures se rouvriront et vous mourrez de la perte du sang, ou l’on vous reco
– Il faut pourtant que je quitte le Louvre, murmura La Mole.
– Il faut! dit Marguerite en le regardant de son regard limpide et profond; puis pâlissant légèrement: Oh, oui! je comprends! dit-elle, pardon, monsieur! Il y a sans doute, hors du Louvre, une perso
– Hélas! madame, répondit La Mole, vous vous trompez étrangement. Je suis presque seul au monde et tout à fait seul à Paris, où perso
– Alors, dit Marguerite surprise, pourquoi voulez-vous donc vous en aller?
– Parce que, dit La Mole, la nuit passée, Votre Majesté n’a pris aucun repos, et que cette nuit… Marguerite rougit.
– Gillo
– Mais, continua Marguerite, si vous êtes seul à Paris, sans amis, comment ferez-vous?
– Madame, j’en aurai beaucoup; car, tandis que j’étais poursuivi, j’ai pensé à ma mère, qui était catholique; il m’a semblé que je la voyais glisser devant moi sur le chemin du Louvre, une croix à la main, et j’ai fait vœu, si Dieu me conservait la vie, d’embrasser la religion de ma mère. Dieu a fait plus que de me conserver la vie, madame; il m’a envoyé un de ses anges pour me la faire aimer.
– Mais vous ne pourrez marcher; avant d’avoir fait cent pas vous tomberez évanoui.
– Madame, je me suis essayé aujourd’hui dans le cabinet; je marche lentement et avec souffrance, c’est vrai; mais que j’aille seulement jusqu’à la place du Louvre; une fois dehors, il arrivera ce qu’il pourra.
Marguerite appuya sa tête sur sa main et réfléchit profondément.
– Et le roi de Navarre, dit-elle avec intention, vous ne m’en parlez plus. En changeant de religion, avez-vous donc perdu le désir d’entrer à son service?
– Madame, répondit La Mole en pâlissant, vous venez de toucher à la véritable cause de mon départ… Je sais que le roi de Navarre court les plus grands dangers et que tout le crédit de Votre Majesté comme fille de France suffira à peine à sauver sa tête.
– Comment, monsieur? demanda Marguerite; que voulez-vous dire et de quels dangers me parlez-vous?
– Madame, répondit La Mole en hésitant, on entend tout du cabinet où je suis placé.
– C’est vrai, murmura Marguerite pour elle seule, M. de Guise me l’avait déjà dit. Puis tout haut:
– Eh bien, ajouta-t-elle, qu’avez-vous donc entendu?
– Mais d’abord la conversation que Votre Majesté a eue ce matin avec son frère.
– Avec François? s’écria Marguerite en rougissant.
– Avec le duc d’Alençon, oui, madame; puis ensuite, après votre départ, celle de mademoiselle Gillo
– Et ce sont ces deux conversations…?
– Oui, madame. Mariée depuis huit jours à peine, vous aimez votre époux. Votre époux viendra à son tour comme sont venus M. le duc d’Alençon et madame de Sauve. Il vous entretiendra de ses secrets. Eh bien, je ne dois pas les entendre; je serais indiscret… et je ne puis pas… je ne dois pas… surtout je ne veux pas l’être!