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– Vous êtes dans un mauvais jour, Marguerite, et vous ne comprenez rien.

– J’avoue que je cherche en vain à lire dans votre pensée.

– Ma sœur, vous êtes d’aussi bo

Marguerite cacha sa tête dans ses mains, éblouie de la profondeur des vues de cet adolescent que perso

– Mais, demanda-t-elle après un moment de silence, vous n’êtes donc pas jaloux de M. le duc de Guise comme vous l’êtes du roi de Navarre?

– Ce qui est fait est fait, dit le duc d’Alençon d’une voix sourde; et si j’ai eu à être jaloux du duc de Guise, eh bien, je l’ai été.

– Il n’y a qu’une seule chose qui puisse empêcher ce beau plan de réussir.

– Laquelle?

– C’est que je n’aime plus le duc de Guise.

– Et qui donc aimez-vous, alors?

– Perso

Le premier mouvement de Marguerite fut de refuser de faire partie de cette cavalcade. Mais la pensée que cette sortie lui fournirait peut-être l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau sur le sort du roi de Navarre la décida. Elle fit donc répondre que si on voulait lui tenir un cheval prêt, elle accompagnerait volontiers Leurs Majestés.

Cinq minutes après, un page vint lui a

Le roi, la reine mère, Tava

Mais madame de Sauve y était; elle échangea un regard avec elle, et Marguerite comprit que la maîtresse de son mari avait quelque chose à lui dire.

On se mit en route en gagnant la rue Saint-Honoré par la rue de l’Astruce. À la vue du roi, de la reine Catherine et des principaux catholiques, le peuple s’était amassé, suivant le cortège comme un flot qui monte, criant:

– Vive le roi! vive la messe! mort aux huguenots! Ces cris étaient accompagnés de brandissements d’épées rougies et d’arquebuses fumantes, qui indiquaient la part que chacun avait prise au sinistre événement qui venait de s’accomplir. En arrivant à la hauteur de la rue des Prouvelles, on rencontra des hommes qui traînaient un cadavre sans tête. C’était celui de l’amiral. Ces hommes allaient le pendre par les pieds à Montfaucon.

On entra dans le cimetière des Saints-I

Madame de Sauve profita du moment où Catherine écoutait le discours qu’on lui faisait pour s’approcher de la reine de Navarre et lui demander la permission de lui baiser sa main. Marguerite étendit le bras vers elle, madame de Sauve approcha ses lèvres de la main de la reine, et, en la baisant lui glissa un petit papier roulé dans la manche.

Si rapide et si dissimulée qu’eût été la retraite de madame de Sauve, Catherine s’en était aperçue, elle se retourna au moment où sa dame d’ho

Les deux femmes virent ce regard qui pénétrait jusqu’à elles comme un éclair, mais toutes deux restèrent impassibles. Seulement madame de Sauve s’éloigna de Marguerite, et alla reprendre sa place près de Catherine.

Lorsqu’elle eut répondu au discours qui venait de lui être adressé, Catherine fit du doigt, et en souriant, signe à la reine de Navarre de s’approcher d’elle.

Marguerite obéit.

– Eh! ma fille! dit la reine mère dans son patois italien, vous avez donc de grandes amitiés avec madame de Sauve?

Marguerite sourit, en do

– Oui, ma mère, répondit-elle, le serpent est venu me mordre la main.

– Ah! ah! dit Catherine en souriant, vous êtes jalouse, je crois!

– Vous vous trompez, madame, répondit Marguerite. Je ne suis pas plus jalouse du roi de Navarre que le roi de Navarre n’est amoureux de moi. Seulement je sais distinguer mes amis de mes e

Catherine sourit de manière à faire comprendre à Marguerite que, si elle avait eu quelque soupçon, ce soupçon était évanoui.

D’ailleurs, en ce moment, de nouveaux pèlerins attirèrent l’attention de l’auguste assemblée. Le duc de Guise arrivait escorté d’une troupe de gentilshommes tout échauffés encore d’un carnage récent. Ils escortaient une litière richement tapissée, qui s’arrêta en face du roi.

– La duchesse de Nevers! s’écria Charles IX. Çà, voyons! qu’elle vie

La duchesse de Nevers rougit extrêmement.

– Sire, dit-elle à voix basse, en venant s’agenouiller devant le roi, c’est au contraire un catholique blessé que j’ai eu le bonheur de recueillir.

– Bien, bien, ma cousine! il y a deux façons de me servir: l’une en exterminant mes e