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– Et vous, où allez-vous?
– Oh! moi, je vais à une affaire particulière.
– Dites donc, n’y allez pas sans moi, dit une voix qui fit tressaillir Maurevel; vous co
– Ah! c’est notre Piémontais, dit Maurevel.
– C’est M. de Coco
– Peste! vous détalez trop vite pour cela; et puis, je me suis un peu détourné de la ligne droite pour aller jeter à la rivière un affreux enfant qui criait: «À bas les papistes, vive l’amiral!» Malheureusement, je crois que le drôle savait nager. Ces misérables parpaillots, si on veut les noyer, il faudra les jeter à l’eau comme les chats, avant qu’ils voient clair.
– Ah çà! vous dites que vous venez du Louvre? Votre huguenot s’y était donc réfugié? demanda Maurevel.
– Oh! mon Dieu, oui!
– Je lui ai envoyé un coup de pistolet au moment où il ramassait son épée dans la cour de l’amiral; mais je ne sais comment cela s’est fait, je l’ai manqué.
– Oh! moi, dit Coco
– Vous tenez donc à venir avec moi?
– Je tiens à ne pas rester en place, mordi! Je n’en ai encore tué que trois ou quatre, et, quand je me refroidis, mon épaule me fait mal. En route! en route!
– Capitaine! dit Maurevel au chef de la troupe, do
Trois Suisses se détachèrent et vinrent se joindre à Maurevel. Les deux troupes cependant marchèrent côte à côte jusqu’à la hauteur de la rue Tirechappe; là, les chevau-légers et les Suisses prirent la rue de la To
– Mais où diable nous conduisez-vous? dit Coco
– Je vous conduis à une expédition brillante et utile à la fois. Après l’amiral, après Téligny, après les princes huguenots, je ne pouvais rien vous offrir de mieux. Prenez donc patience. C’est rue du Chaume que nous avons affaire, et dans un instant nous allons y être.
– Dites-moi, demanda Coco
– Oui, pourquoi?
– Ah! c’est qu’il y a là un vieux créancier de notre famille, un certain Lambert Mercandon, auquel mon père m’a recommandé de rendre cent nobles à la rose que j’ai là à cet effet dans ma poche.
– Eh bien, dit Maurevel, voilà une belle occasion de vous acquitter envers lui.
– Comment cela?
– C’est aujourd’hui le jour où l’on règle ses vieux comptes. Votre Mercandon est-il huguenot?
– Oh! oh! fit Coco
– Chut! nous sommes arrivés.
– Quel est ce grand hôtel avec son pavillon sur la rue?
– L’hôtel de Guise.
– En vérité, dit Coco
En effet, l’hôtel de Guise lui-même semblait aussi tranquille que dans les temps ordinaires. Toutes les fenêtres en étaient fermées, et une seule lumière brillait derrière la jalousie de la fenêtre principale du pavillon qui avait, lorsqu’il était entré dans la rue, attiré l’attention de Coco
– Voici le logis de celui que nous cherchons, dit-il.
– De celui que vous cherchez, c’est-à-dire…, fit La Hurière.
– Puisque vous m’accompagnez, nous le cherchons.
– Comment! cette maison qui semble dormir d’un si bon sommeil…
– Justement! Vous, La Hurière, vous allez utiliser l’ho
– Ah! ah! fit Coco
– Justement, continua Maurevel. Vous monterez donc en jouant le huguenot, vous avertirez de Mouy de tout ce qui se passe; il est brave, il descendra…
– Et une fois descendu? demanda La Hurière.
– Une fois descendu, je le prierai d’aligner son épée avec la mie
– Sur mon âme, c’est d’un brave gentilhomme, dit Coco
La Hurière alla sans répliquer frapper à la porte; ses coups, retentissant dans le silence de la nuit, firent ouvrir les portes de l’hôtel de Guise et sortir quelques têtes par ses ouvertures: on vit alors que l’hôtel était calme à la manière des citadelles, c’est-à-dire parce qu’il était plein de soldats.
Ces têtes rentrèrent presque aussitôt, devinant sans doute de quoi il était question.
– Il loge donc là, votre M. de Mouy? dit Coco
– Non, c’est le logis de sa maîtresse.
– Mordi! quelle galanterie vous lui faites! lui fournir l’occasion de tirer l’épée sous les yeux de sa belle! Alors nous serons les juges du camp. Cependant j’aimerais assez à me battre moi-même. Mon épaule me brûle.
– Et votre figure, demanda Maurevel, elle est aussi fort endommagée. Coco
– Mordi! dit-il, j’espère qu’il est mort, ou sans cela je retournerais au Louvre pour l’achever. La Hurière frappait toujours.
Bientôt une fenêtre du premier étage s’ouvrit, et un homme parut sur le balcon en bo