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– Çà, Margot, dit-elle, n’avez-vous pas entendu que, déjà, je vous ai invitée à vous retirer chez vous? Si cela ne suffit pas, je vous l’ordo

– Pardo

– Et j’espère que votre souhait sera exaucé. Bonsoir, bonsoir.

Marguerite se retira toute chancelante en cherchant vainement à rencontrer un regard de son mari, qui ne se retourna pas même de son côté.

Il se fit un instant de silence pendant lequel Catherine demeura les yeux fixés sur la duchesse de Lorraine, qui de son côté, sans parler, regardait sa mère les mains jointes.

Henri tournait le dos, mais voyait la scène dans une glace, tout en ayant l’air de friser sa moustache avec une pommade que venait de lui do

– Et vous, Henri, dit Catherine, sortez-vous toujours?

– Ah! oui! c’est vrai! s’écria le roi de Navarre. Ah! par ma foi! j’oubliais que le duc d’Alençon et le prince de Condé m’attendent: ce sont ces admirables parfums qui m’enivrent et, je crois, me font perdre la mémoire. Au revoir, madame.

– Au revoir! Demain, vous m’apprendrez des nouvelles de l’amiral, n’est ce pas?

– Je n’aurai garde d’y manquer. Eh bien, Phébé! qu’y a-t-il?

– Phébé! dit la reine mère avec impatience.

– Rappelez-la, madame, dit le Béarnais, car elle ne veut pas me laisser sortir.

La reine mère se leva, prit la petite chie

Derrière lui, la petite chie

– Maintenant, Charlotte, dit Catherine à madame de Sauve, va chercher M. de Guise et Tava

VII La nuit du 24 août 1572

Lorsque La Mole et Coco

– Est-ce que vous allez vous coucher incontinent, monsieur de la Mole? demanda-t-il.

– Ma foi! j’en aurais grande envie, monsieur, car il est possible qu’on vie

– Et moi aussi, dit Coco

– J’accepterais volontiers la proposition, monsieur; mais pour jouer je possède bien peu d’argent; à peine si j’ai cent écus d’or dans ma valise; et encore, c’est tout mon trésor. Maintenant, c’est à moi de faire fortune avec cela.

– Cent écus d’or! s’écria Coco

– Allons donc, reprit La Mole, je vous ai vu tirer de votre poche une bourse qui m’a paru non seulement fort ronde, mais on pourrait même dire quelque peu boursouflée.

– Ah! ceci, dit Coco

– Comment jouer, alors?

– Et c’est précisément à cause de cela que je voulais jouer. D’ailleurs, il m’était venu une idée.

– Laquelle?

– Nous venons tous deux à Paris dans un même but?

– Oui.

– Nous avons chacun un protecteur puissant?

– Oui.

– Vous comptez sur le vôtre comme je compte sur le mien?

– Oui.

– Eh bien, il m’était venu dans la pensée de jouer d’abord notre argent, puis la première faveur qui nous arrivera, soit de la cour, soit de notre maîtresse…

– En effet, c’est fort ingénieux! dit La Mole en souriant; mais j’avoue que je ne suis pas assez joueur pour risquer ma vie tout entière sur un coup de cartes ou de dés, car de la première faveur qui nous arrivera à vous et à moi découlera probablement notre vie tout entière.

– Eh bien, laissons donc là la première faveur de la cour, et jouons la première faveur de notre maîtresse.

– Je n’y vois qu’un inconvénient, dit La Mole.

– Lequel?

– C’est que je n’ai point de maîtresse, moi.

– Ni moi non plus; mais je compte bien ne pas tarder à en avoir une! Dieu merci! on n’est point taillé de façon à manquer de femmes.

– Aussi, comme vous dites, n’en manquerez-vous point, monsieur de Coco

– À la bo

– Oui, sans doute, vous pouvez la perdre; mais moi, je ne pourrais pas la gagner; car, étant au roi de Navarre, je ne puis rien tenir de M. le duc de Guise.

– Ah! parpaillot! murmura l’hôte tout en fourbissant son vieux casque, je t’avais donc bien flairé. Et il s’interrompit pour faire le signe de la croix.

– Ah çà, décidément, reprit Coco

– De quoi?

– De la religion.

– Moi?

– Oui, vous.

– Eh bien! mettez que j’en sois! dit La Mole en souriant. Avez-vous quelque chose contre nous?