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Ce nom paraissait faire sur le soldat son effet ordinaire; cependant, il demanda à Coco

Coco

– Alors, au large, mon gentilhomme, dit le soldat. À ce moment, un homme qui causait avec l’officier du poste, et qui, tout en causant, avait entendu Coco

– Goi fouloir, fous, à monsir di Gouise? dit-il.

– Moi, vouloir lui parler, répondit Coco

– Imbossible! le dugue il être chez le roi.

– Cependant j’ai une lettre d’avis pour me rendre à Paris.

– Ah! fous afre eine lettre d’afis?

– Oui, et j’arrive de fort loin.

– Ah! fous arrife de fort loin?

– J’arrive du Piémont.

– Pien! pien! C’est autre chose. Et fous fous abbelez…?

– Le comte A

– Pon! pon! To

– Voici, sur ma parole, un bien galant homme, dit La Mole se parlant à lui-même; ne pourrai-je point trouver le pareil pour me conduire chez le roi de Navarre.

– Mais to

– Mordi! reprit le Piémontais, défiant comme un demi-Italien, je ne sais si je dois… Je n’ai pas l’ho

– Je suis Pesme. J’abbartiens à M. le dugue de Gouise.

– Pesme, murmura Coco

– C’est monsieur de Besme, mon gentilhomme, dit la sentinelle. La prononciation vous trompe, voilà tout. Do

– Ah! monsieur de Besme, s’écria Coco

– Pien, pien, dit de Besme, il n’y afre pas besoin d’exguses.

– Ma foi, monsieur, dit La Mole en s’approchant à son tour, puisque vous êtes si obligeant, voudriez-vous vous charger de ma lettre comme vous venez de le faire de celle de mon compagnon?

– Comment fous abbelez-vous?

– Le comte Lerac de La Mole.

– Le gonte Lerag de La Mole.

– Oui.

– Che ne go

– Il est tout simple que je n’ai pas l’ho

– Et t’où arrifez-vous?

– De Provence.

– Avec eine lettre?

– Oui, avec une lettre.

– Pourmonsir de Gouise?

– Non, pour Sa Majesté le roi de Navarre.

– Che ne souis bas au roi de Navarre, monsir, répondit Besme avec un froid subit, che ne buis donc bas me charger de votre lettre.

Et Besme, tournant les talons à La Mole, entra dans le Louvre en faisant signe à Coco

La Mole demeura seul.

Au même moment, par la porte du Louvre, parallèle à celle qui avait do

– Ah! ah! dit la sentinelle à son camarade, c’est de Mouy et ses huguenots; ils sont rayo

– Pardon, fit La Mole s’adressant au soldat, mais n’avez-vous pas dit, mon brave, que cet officier était monsieur de Mouy?

– Oui-da, mon gentilhomme.

– Et que ceux qui l’accompagnaient étaient…

– Étaient des parpaillots… Je l’ai dit.

– Merci, dit La Mole, sans paraître remarquer le terme de mépris employé par la sentinelle. Voilà tout ce que je voulais savoir.

Et se dirigeant aussitôt vers le chef des cavaliers:

– Monsieur, dit-il en l’abordant, j’apprends que vous êtes monsieur de Mouy.

– Oui, monsieur, répondit l’officier avec politesse.

– Votre nom, bien co

– Lequel, monsieur?… Mais, d’abord, à qui ai-je l’ho

– Au comte Lerac de La Mole. Les deux jeunes gens se saluèrent.

– Je vous écoute, monsieur, dit de Mouy.

– Monsieur, j’arrive d’Aix, porteur d’une lettre de M. d’Auriac, gouverneur de la Provence. Cette lettre est adressée au roi de Navarre et contient des nouvelles importantes et pressées… Comment puis-je lui remettre cette lettre? comment puis-je entrer au Louvre?

– Rien de plus facile que d’entrer au Louvre, monsieur, répliqua de Mouy; seulement, je crains que le roi de Navarre ne soit trop occupé à cette heure pour vous recevoir. Mais n’importe, si vous voulez me suivre, je vous conduirai jusqu’à son appartement. Le reste vous regarde.

– Mille fois merci!

– Venez, monsieur, dit de Mouy.

de Mouy descendit de cheval, jeta la bride aux mains de son laquais, s’achemina vers le guichet, se fit reco

– Entrez, monsieur, dit-il, et informez-vous. Et saluant La Mole, il se retira. La Mole, demeuré seul, regarda autour de lui. L’antichambre était vide, une des portes intérieures était ouverte.

Il fit quelques pas et se trouva dans un couloir.

Il frappa et appela sans que perso

– Qui donc me parlait, pensa-t-il, de cette étiquette si sévère? On va et on vient dans ce palais comme sur une place publique.

Et il appela encore, mais sans obtenir un meilleur résultat que la première fois.

– Allons, marchons devant nous, pensa-t-il; il faudra bien que je finisse par rencontrer quelqu’un. Et il s’engagea dans le couloir, qui allait toujours s’assombrissant.