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En quelques minutes, Julien obtint une permission du colonel et partit de Strasbourg à franc étrier; mais l’affreuse inquiétude qui le dévorait ne lui permit pas de continuer cette façon de voyager au delà de Metz. Il se jeta dans une chaise de poste; et ce fut avec une rapidité presque incroyable qu’il arriva au lieu indiqué, près de la petite porte du jardin de l’hôtel de La Mole. Cette porte s’ouvrit, et à l’instant Mathilde, oubliant tout respect humain, se précipité dans ses bras. Heureusement, il n’était que cinq heures du matin et la rue était encore déserte.

– Tout est perdu; mon père, craignant mes larmes, est parti dans la nuit de jeudi. Pour où? Perso

«Je pouvais tout pardo

– Où est la lettre de Mme de Rênal? dit froidement Julien.

– La voici. Je n’ai voulu te la montrer qu’après que tu aurais été préparé.

LETTRE

«Ce que je dois à la cause sacrée de la religion et de la morale m’oblige, monsieur, à la démarche pénible que je viens accomplir auprès de vous; une règle, qui ne peut faillir, m’ordo

Cette lettre extrêmement longue et à demi effacée par des larmes était bien de la main de Mme de Rênal; elle était même écrite avec plus de soin qu’à l’ordinaire.

– Je ne puis blâmer M. de La Mole, dit Julien, après l’avoir finie; il est juste et prudent. Quel père voudrait do

Julien sauta à bas du fiacre et courut à sa chaise de poste arrêtée au bout de la rue. Mathilde, qu’il semblait avoir oubliée, fit quelques pas pour le suivre; mais les regards des marchands qui s’avançaient sur la porte de leurs boutiques, et desquels elle était co

Julien était parti pour Verrières. Dans cette route rapide, il ne put écrire à Mathilde comme il en avait le projet, sa main ne formait sur le papier que des traits illisibles.

Il arriva à Verrières un dimanche matin. Il entra chez l’armurier du pays, qui l’accabla de compliments sur sa récente fortune. C’était la nouvelle du pays.

Julien eut beaucoup de peine à lui faire comprendre qu’il voulait une paire de pistolets. L’armurier sur sa demande chargea les pistolets.

Les trois coups so

Julien entra dans l’église neuve de Verrières. Toutes les fenêtres hautes de l’édifice étaient voilées avec des rideaux cramoisis. Julien se trouva à quelques pas derrière le banc de Mme de Rênal. Il lui sembla qu’elle priait avec ferveur. La vue de cette femme qui l’avait tant aimé fit trembler le bras de Julien d’une telle façon, qu’il ne put d’abord exécuter son dessein. Je ne le puis, se disait-il à lui-même; physiquement, je ne le puis.

En ce moment, le jeune clerc qui servait la messe so

Chapitre XXXVI. Détails tristes

Ne vous attendez point de ma part à de la faiblesse. Je me suis vengé. J’ai mérité la mort et me voici. Priez pour mon âme.

SCHILLER.

Julien resta immobile, il ne voyait plus. Quand il revint un peu à lui, il aperçut tous les fidèles qui s’enfuyaient de l’église; le prêtre avait quitté l’autel. Julien se mit à suivre d’un pas assez lent quelques femmes qui s’en allaient en criant. Une femme qui voulait fuir plus vite que les autres le poussa rudement, il tomba. Ses pieds s’étaient embarrassés dans une chaise renversée par la foule; en se relevant, il se sentit le cou serré; c’était un gendarme en grande tenue qui l’arrêtait. Machinalement Julien voulut avoir recours à ses petits pistolets, mais un second gendarme s’emparait de ses bras.

Il fut conduit à la prison. On entra dans une chambre, on lui mit les fers aux mains, on le laissa seul, la porte se ferma sur lui à double tour; tout cela fut exécuté très vite, et il y fut insensible.

– Ma foi, tout est fini, dit-il tout haut en revenant à lui… Oui, dans quinze jours la guillotine… ou se tuer d’ici là.

Son raiso

Mme de Rênal n’était pas blessée mortellement. La première balle avait percé son chapeau; comme elle se retournait, le second coup était parti. La balle l’avait frappée à l’épaule, et chose éto

Quand, après un pansement long et douloureux; le chirurgien, homme grave, dit à Mme de Rênal: Je réponds de votre vie comme de la mie

Depuis longtemps, elle désirait sincèrement la mort. La lettre qui lui avait été imposée par son confesseur actuel, et qu’elle avait écrite à M. de La Mole, avait do