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«Mon cher, Alphonse, au moment où tu liras cette lettre je n’aurai plus d’amis; mais je t’avoue qu’en doutant de ces gens du monde habitués à prodiguer ce mot, je n’ai pas douté de ton amitié. Je te charge donc d’arranger mes affaires, et compte sur toi, pour tirer un bon parti de tout ce que je possède. Tu dois maintenant co
– Cher cousin, dit Eugénie en laissant la lettre, et se sauvant à petits pas chez elle avec une des bougies allumées. Là ce ne fut pas sans une vive émotion de plaisir qu’elle ouvrit le tiroir d’un vieux meuble en chêne, l’un des plus beaux ouvrages de l’époque nommée la Renaissance, et sur lequel se voyait encore, à demi effacée, la fameuse Salamandre royale. Elle y prit une grosse bourse en velours rouge à glands d’or, et bordée de ca
– Ce cher serin-là, ce petit jaunet, vaut quatre-vingt-dix-huit livres! Gardez-le bien, ma migno
– Mon cousin, j’ai à vous demander pardon d’une faute grave que j’ai commise envers vous; mais Dieu me le pardo
– Qu’est-ce donc? dit Charles en se frottant les yeux.
– J’ai lu ces deux lettres.
Charles rougit.
– Comment cela s’est-il fait? reprit-elle, pourquoi suis-je montée? En vérité, maintenant je ne le sais plus. Mais, je suis tentée de ne pas trop me repentir d’avoir lu ces lettres, puisqu’elles m’ont fait co
– Et quoi? demanda Charles.
– Et vos projets, la nécessité où vous êtes d’avoir une somme…
– Ma chère cousine…
– Chut, chut, mon cousin, pas si haut, n’éveillons perso
Eugénie, autant femme que jeune fille, n’avait pas prévu des refus, et son cousin restait muet.
– Eh! bien, vous refuseriez? demanda Eugénie dont les palpitations retentirent au milieu du profond silence.
L’hésitation de son cousin l’humilia; mais la nécessité dans laquelle il se trouvait se représenta plus vivement à son esprit, et elle plia le genou.
– Je ne me relèverai pas que vous n’ayez pris cet or! dit-elle. Mon cousin, de grâce, une réponse?… que je sache si vous m’honorez, si vous êtes généreux, si…
En entendant le cri d’un noble désespoir, Charles laissa tomber des larmes sur les mains de sa cousine, qu’il saisit afin de l’empêcher de s’agenouiller. En recevant ces larmes chaudes, Eugénie sauta sur la bourse, la lui versa sur la table.
– Eh! bien, oui, n’est-ce pas? dit-elle en pleurant de joie. Ne craignez rien, mon cousin, vous serez riche. Cet or vous portera bonheur; un jour vous me le rendrez; d’ailleurs, nous nous associerons; enfin je passerai par toutes les conditions que vous m’imposerez. Mais vous devriez ne pas do