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– Voilà comme ils sont à Paris. Tous pouvaient d’ailleurs observer Charles à loisir, sans craindre de déplaire au maître du logis. Grandet était absorbé dans la longue lettre qu’il tenait, et il avait pris pour la lire l’unique flambeau de la table, sans se soucier de ses hôtes ni de leur plaisir. Eugénie, à qui le type d’une perfection semblable, soit dans la mise, soit dans la perso

Les numéros se tiraient fort lentement, mais bientôt le loto fut arrêté. La grande Nanon entra et dit tout haut:

– Madame, va falloir me do

Madame Grandet suivit Nanon. Madame des Grassins dit alors à voix basse:

– Gardons nos sous et laissons le loto. Chacun reprit ses deux sous dans la vieille soucoupe écornée où il les avait mis. Puis l’assemblée se remua en masse et fit un quart de conversion vers le feu.

– Vous avez donc fini? dit Grandet sans quitter sa lettre.

– Oui, oui, répondit madame des Grassins en venant prendre place près de Charles.

Eugénie, mue par une de ces pensées qui naissent au cœur des jeunes filles quand un sentiment s’y loge pour la première fois, quitta la salle pour aller aider sa mère et Nanon. Si elle avait été questio

– Maman, dit-elle, jamais mon cousin ne supportera l’odeur d’une chandelle. Si nous achetions de la bougie?… Elle alla, légère comme un oiseau, tirer de sa bourse l’écu de cent sous qu’elle avait reçu pour ses dépenses du mois.

– Tiens, Nanon, dit-elle, va vite.

– Mais, que dira ton père? Cette objection terrible fut proposée par madame Grandet en voyant sa fille armée d’un sucrier de vieux Sèvres rapporté du château de Froidfond par Grandet.

– Et où prendras-tu donc du sucre? es-tu folle?

– Maman, Nanon achètera aussi bien du sucre que de la bougie.

– Mais ton père?

– Serait-il convenable que son neveu ne put boire un verre d’eau sucrée? D’ailleurs, il n’y fera pas attention.

– Ton père voit tout, dit madame Grandet en hochant la tête.

Nanon hésitait, elle co

– Mais va donc, Nanon, puisque c’est ma fête!

Nanon laissa échapper un gros rire en entendant la première plaisanterie que sa jeune maîtresse eût jamais faite, et lui obéit. Pendant qu’Eugénie et sa mère s’efforçaient d’embellir la chambre destinée par monsieur Grandet à son neveu, Charles se trouvait l’objet des attentions de madame des Grassins, qui lui faisait des agaceries.

– Vous êtes bien courageux, monsieur, lui dit-elle, de quitter les plaisirs de la capitale pendant l’hiver pour venir habiter Saumur. Mais si nous ne vous faisons pas trop peur, vous verrez que l’on peut encore s’y amuser.

Elle lui lança une véritable œillade de province, où, par habitude, les femmes mettent tant de réserve et de prudence dans leurs yeux qu’elles leur communiquent la friande concupiscence particulière à ceux des ecclésiastiques, pour qui tout plaisir semble ou un vol ou une faute. Charles se trouvait si dépaysé dans cette salle, si loin du vaste château et de la fastueuse existence qu’il supposait à son oncle, qu’en regardant attentivement madame des Grassins, il aperçut enfin une image à demi effacée des figures parisie

– Monsieur, si vous voulez nous faire l’ho