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Seuls nous réunissaient des dîners d'affaires – elle s'occupait de couture et mon père de publicité —, le souvenir de ma mère et mes efforts, car, si elle m'intimidait, je l'admirais beaucoup. Enfin cette arrivée subite apparaissait comme un contretemps si l'on pensait à la présence d'Elsa et aux idées d'A

Elsa monta se coucher après une foule de questions sur la situation d'A

«Pourquoi es-tu si efflanquée, ma douce? Tu as l'air d'un petit chat sauvage. J'aimerais avoir une belle fille blonde, un peu forte, avec des yeux en porcelaine et...

– La question n'est pas là, dis-je. Pourquoi as-tu invité A

– Pour voir ton vieux père, peut-être. On ne sait jamais.

– Tu n'es pas le genre d'hommes qui intéresse A

– Je n'y ai pas pensé, avoua-t-il. C'est vrai que c'est épouvantable. Cécile, ma douce, si nous retournions à Paris?»

II riait doucement en me frottant la nuque. Je me retournai et le regardai. Ses yeux sombres brillaient, des petites rides drôles en marquaient les bords, sa bouche se retroussait un peu. Il avait l'air d'un faune. Je me mis à rire avec lui, comme chaque fois qu'il s'attirait des complications.

«Mon vieux complice, dit-il. Que ferais-je sans toi?»

Et le ton de sa voix était si convaincu, si tendre, que je compris qu'il aurait été malheureux. Tard dans la nuit, nous parlâmes de l'amour, de ses complications. Aux yeux de mon père, elles étaient imaginaires. Il refusait systématiquement les notions de fidélité, de gravité, d'engagement. Il m'expliquait qu'elles étaient arbitraires, stériles. D'un autre que lui, cela m'eût choquée. Mais je savais que dans son cas, cela n'excluait ni la tendresse ni la dévotion, sentiments qui lui venaient d'autant plus facilement qu'il les voulait, les savait provisoires. Cette conception me séduisait: des amours rapides, violentes et passagères. Je n'étais pas à l'âge où la fidélité séduit. Je co

a

Le jour de son arrivée, il fut décidé que mon père et Elsa iraient l'attendre à la gare de Fréjus. Je me refusai énergiquement de participer à l'expédition. En désespoir de cause, mon père cueillit tous les glaïeuls du jardin afin de les lui offrir dès la descente du train. Je lui conseillai seulement de ne pas faire porter le bouquet par Elsa. A trois heures, après leur départ, je descendis sur la plage. Il faisait une chaleur accablante. Je m'allongeai sur le sable, m'endormis à moitié et la voix de Cyril me réveilla. J'ouvris les yeux: le ciel était blanc, confondu de chaleur. Je ne répondis pas à Cyril; je n'avais p'as envie de lui parler, ni à perso

«Etes-vous morte? dit-il. De loin, vous aviez l'air d'une épave, abando

Je souris. Il s'assit à côté de moi et mon cœur se mit à battre durement, sourdement, parce que, dans son mouvement, sa main avait effleuré mon épaule. Dix fois, pendant la dernière semaine, mes brillantes manœuvres navales nous avaient précipités au fond de l'eau, enlacés l'un à l'autre sans que j'en ressente le moindre trouble. Mais aujourd'hui, il suffisait de cette chaleur, de ce demi-sommeil, de ce geste maladroit, pour que quelque chose en moi doucement se déchire. Je tournai la tête vers lui. Il me regardait. Je commençais à le co

«Cyril, dis-je, nous étions si heureux...» II m'embrassa doucement. Je regardai le ciel; puis je ne vis plus que des lumières rouges éclatant sous mes paupières serrées. La chaleur, l'étourdissement, le goût des premiers baisers, les soupirs passaient en longues minutes. Un coup de klaxon nous sépara comme des voleurs. Je quittai Cyril sans un mot et remontai vers la maison. Ce prompt retour m'éto

«C'est la maison de la Belle-au-Bois-dormant! dit-elle. Que vous avez bronzé, Cécile! Ça me fait plaisir de vous voir.

– Moi aussi, dis-je. Mais vous arrivez de Paris?

– J'ai préféré venir en voiture, d'ailleurs je suis va

Je la conduisis à sa chambre. J'ouvris la fenêtre dans l'espoir d'apercevoir le bateau de Cyril mais il avait disparu. A

«Cette villa est ravissante, soupira-t-elle. Où est le maître de maison?

– Il est allé vous chercher à la gare avec Elsa.»

J'avais posé sa valise sur une chaise et, en me retournant vers elle, je reçus un choc. Son visage s'était brusquement défait, la bouche tremblante.

«Elsa Mackenbourg? Il a amené Elsa Mackenbourg ici?»

Je ne trouvai rien à répondre. Je la regardai, stupéfaite. Ce visage que j'avais toujours vu si calme, si maître de lui, ainsi livré à tous mes éto

«J'aurais dû vous prévenir, dit-elle, mais j'étais si pressée de partir, si fatiguée...

– Et maintenant..., continuai-je machinalement.

– Maintenant quoi?» dit-elle.

Son regard était interrogateur, méprisant. Il ne s'était rien passé.

«Maintenant, vous êtes arrivée, dis-je bêtement en me frottant les mains. Je suis très contente que vous soyez là, vous savez. Je vous attends en bas; si vous voulez boire quelque chose, le bar est parfait.»

Je sortis en bafouillant et descendis l'escalier dans une grande confusion de pensées.

Pourquoi ce visage, cette voix troublée, cette défaillance? Je m'assis dans une chaise longue, je fermai les yeux. Je cherchai à me rappeler tous les visages durs, rassurants d'A

A cinq heures, mon père arriva avec Elsa Je le regardai descendre de voiture. J'essayai de savoir si A