Страница 47 из 49
ПРИБАВЛЕНИЕ I
L'ACCUEIL Si tu veux que ce soir, a l'atre je t'accueille, Jette d'abord la fleur, qui de ta main s'effeuille, Son cher parfum ferait ma tristesse trop sombre; Et ne regarde pas derriere toi vers l'ombre, Car je te veux, ayant oublie la foret Et le vent, et l'echo et ce qui parlerait Voix a ta solitude он pleurs a ton silence! Et debout, avec ton ombre qui te devance, Et hautaine sur mon seuil, et pale, et venue Comme si j'etais mort он que tu fusses nuel (Henri de Regnier, "Les jeux rustiques et divins") V "Oiseau bleu couleur du temps" Sais-tu l'oubli D'un vain doux reve, Oiseau moqueur De la foret? Le jour palit, La nuit se leve, Et dans mon coeur L'ombre a pleure; O, chante-moi Ta folle gamme, Car j'ai dormi Ce jour durant; La lache emoi Ou fut mon ame Sanglote emmi Le jour mourant. Sais-tu le chant De sa parole Et de sa voix, Toi qui redis Dans le couchant Ton air frivole Comme autrefois, Sous les midis? O, chante alors La melodie De son amour, Mon fol espoir, Parmi les ors Et l'incendie Du vain doux jour Qui meurt ce soir.(Francis Viele-Griffin, "Poemes et poesies")
IX Enone, j'avais cru qu'en aimant ta beaute Ou l'ame avec le corps trouvent leur unite, J'allais, m'affermissant et le coeur et l'esprit, Monter jusqu'a cela, qui jamais ne perit, N'ayant ete cree, qui n'est froidure он feu, Qui n'est beau quelque part et laid en autre lieu; Et me flattais encore d'une belle harmonie, Que j'eusse compose du meilleur et du pire, Ainsi que le chanteur que cherit Polymnio, En accordant le grave avec l'aigu, retire Un son bien eleve sur les nerfs de sa lyre. Mais mon courage, helas! se pamant comme mort, M'enseigna que lo trait qui m'avait fait amant Ne fut pas de cet arc que courbe sans effort La Venus qui naquit du male seulement, Mais que j'avais souffert cette Venus derniere Oui a le coeur couard, ne d'une faible mere. Et pourtant, ce mauvais garcon, chasseur habile, Qui charge son carquois de sagesse subtile, Qui secoue on riant sa torche, pour un jour, Qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs, C'est sur un teint charmant qu'il essuie les pleurs, Et c'est encore un Dieu, Enone, cet Amour. Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont parus, Et je vois les rayons du soleil amortis. Enone, ma douleur, harmonieux visage, Superbe humilite, doux-hoete langage, Hier me remirant dans cet etang glace, Qui au bout du jardin se couvre de feuillage, Sur ma face je vis que les jours ont passe.(Jean Moreas. "Le Pelerin Passio
e")