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Prévenez-nous si vous trouvez une seule fille moche dans cette ville. Ceux qui, partout ailleurs, sont statistiquement anormaux (les beaux et les musclés) représentent ici la norme; ils en devie
A Coconut Grove, un type promène six chihuahuas en laisse et ramasse leur merde avec un gant en plastique. Il croise des trafiquants de salsa et des skieurs de fond sur roulettes. Groupes d’êtres bronzés qui parlent dans des cellulaires devant le Colony. Nous comprenons qu’à Miami nous sommes à l’intérieur d’une publicité géante. Ce n’est plus la publicité qui copie la vie, c’est la vie qui copie la publicité. Des Cadillac roses dont le plancher est éclairé au néon vibrent au rythme du rap chicanos. Tant de beauté et de richesse ne peuvent que do
Le district Art Déco de Miami se trouve au sud de la ville et au bord de la mer. Il a été construit dans les a
Cette a
Puis Gia
Finalement les nazis ont gagné: même les blacks se teignent les cheveux en blond. Nous nous battons pour ressembler à la joyeuse Hitlerjugend, avec des tablettes de Galak sur l’abdomen. Les antisémites ont obtenu ce qu’ils voulaient: Woody Allen fait marrer les filles mais elles préfèrent tout de même coucher avec le blond Aryen Rocco Siffredi.
A l’ombre d’un palmier déplumé, nous contemplons le Volleypalooza, un tournoi de volley-ball sur la plage qui oppose pendant deux jours les agences de ma
Le soir, nous dînons avec quelques sous-tops sur un yacht de location. Après le dessert, Enrique Baducul parie mille dollars avec l’une d’entre elles qu’elle n’est pas cap’ d’enlever sa culotte et de la jeter au plafond pour voir si elle y restera collée. La fille s’exécute et nous rigolons alors que ce n’est pas très drôle (sa culotte est retombée sur le plat de spaghetti). Le monde entier est prostitué. Payer ou être payé, telle est la question. Grosso merdo, jusqu’à la quarantaine on est payé; après, on paye les autres, c’est ainsi — le Tribunal de la Beauté Physique est dépourvu d’appel. Des play-boys à la barbe de quatre jours regardent si on les regarde, et nous les regardons regarder si on les regarde, et ils nous regardent les regarder regarder si on les regarde et c’est un ballet sans fin qui rappelle le «palais des glaces», une vieille attraction de fête foraine, sorte de labyrinthe de miroirs où l’on se cogne contre son propre reflet. Je me souviens que, petits, nous en sortions couverts de bosses à force de nous foutre des coups de boule à nous-mêmes.
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Océan Drive aux néons qui électrocutent les passants fluorescents. Le vent chaud emporte les flyers des soirées disparues. La veille, au Living Room, les filles dansaient comme des quartiers de viande. (Au Living Room, si tu rentres, c’est que tu es une VIP. Une fois à l’intérieur, si tu as une table, c’est que tu es une VVIP. S’il y a une bouteille de Champagne sur ta table, c’est que tu es une VVVIP. Et si la patro
Réveil à six du mat’ pour tourner dans la plus belle lumière. Nous avons loué une maison de milliardaires à Key Biscayne, avec des copies de tableaux de Tamara de Lempicka sur les murs. Tamara (la nôtre) s’habitue vite à sa nouvelle vie de pub-star. On la coiffe, la maquille, la saoule de café dans le camionrégie. Les décorateurs sont chargés de repeindre la pelouse (pas assez verte par rapport au story-board). Le chef-op’ do
— Essaie de passer en 12 sur le 4.
— Non, on va tenter une autre focale, mets-moi le 8 en 14.
Charlie et moi, nous mangeons tout ce que le catering nous propose: chewing-gums, ice-creams au fromage, bubble-gums, hamburgers de saumon, chewing-gums d’ice-creams de saumon au fromage de poulets en sashimis. Soudain, il est huit heures et demie et Enrique ne sourit plus.