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Deux grandes boules en métal tournèrent sur leurs socles massifs. Les projecteurs s’allumèrent, le mugissement de la sirène prévint les hommes du danger. Un courant continu d’un million de volts dégagea une fraîcheur ozonée et prêta aux contacts, aux isolateurs et aux suspensions une phosphorescence bleuâtre.

Lao Lan maniait les boutons du pupitre de commande avec une aisance parfaite. L’écran s’éclairait de plus en plus, des silhouettes vagues y défilaient, éparpillées dans le champ visuel. Le mouvement s’arrêta, les contours flous d’une large tache remplirent presque tout l’écran, se précisèrent… Quelques manipulations encore, et les spectateurs distinguèrent dans une auréole brumeuse le squelette d’un être inco

Les grosses pattes griffues étaient recroquevillées sous le tronc, la longue queue s’enroulait en a

Les parois de la boîte crânie

Dar Véter ne pouvait détacher les yeux de la carcasse balourde de cette créature qui avait vécu priso





Dar Véter contemplait les grosses arcades sourcilières qui exprimaient la férocité stupide du reptile permien, et lui comparait la gracieuse Véda, dont les yeux clairs brillaient dans un visage vif et intelligent… Quelle différence dans l’organisation de la matière vivante! Il loucha machinalement vers elle, s’efforçant de distinguer son visage sous le casque, et quand son regard revint à l’écran, la vision avait changé. C’était à présent le crâne parabolique et aplati d’un batracien, d’une salamandre condamnée à demeurer dans l’eau tiède et sombre du marécage permien, guettant l’approche d’une proie. Un bond, un happement… et de nouveau l’immobilité, une patience infinie, dénuée de pensée. Ces images de l’évolution longue et féroce de la vie déprimaient, irritaient Véter… Il se redressa, et Lao Lan, devinant son état d’esprit, lui proposa d’aller se reposer dans la maison. Véda, qui était d’une curiosité insatiable, s’en alla à regret, lorsqu’elle vit les savants brancher simultanément les machines électroniques pour la photographie et l’enregistrement sonore, afin d’économiser le courant de grande puissance.

Elle s’étendit bientôt sur un large divan, au salon d’une maiso

Le matin nordique avait lavé de sa rosée les herbes poussiéreuses. L’imperturbable Lao Lan, revenu du travail, offrit à ses hôtes de les faire conduire à l’aérodrome en «elfe», petite automobile à accumulateurs. Le terrain d’atterrissage des avions sauteurs à réaction n’était qu’à cent kilomètres au sud-est, sur le cours inférieur du Trom-Iougan. Véda voulut se mettre en liaison avec son équipe, mais aux fouilles il n’y avait pas de poste émetteur assez puissant. Depuis que nos ancêtres avaient compris la nocivité des émanations radioactives et institué un régime strict, les émissions dirigées nécessitaient des appareils beaucoup plus complexes, surtout pour les échanges à grande distance. En outre, le nombre des stations avait nettement diminué. Lao Lan décida d’appeler le plus proche mirador des éleveurs. Ces tours communiquaient entre elles par émissions dirigées et pouvaient envoyer n’importe quel message au poste central de la région. La jeune stagiaire qui devait ramener T «elfe» au camp des paléontologistes, conseilla aux voyageurs de s’arrêter au mirador pour parler eux-mêmes au vidéophone. Dar Véter et Véda ne demandaient pas mieux. Un vent frais soulevait la poussière fine et tourmentait les cheveux courts de la jeune fille au volant. On était à l’étroit sur le siège, car le grand corps de l’ex-directeur des stations externes empiétait sur la place de ses voisines. La silhouette mince du mirador se voyait à peine dans le ciel bleu. L’«elfe» stoppa bientôt à son entrée. Des jambages de métal, largement écartés, soutenaient un auvent en matière plastique, sous lequel statio

La pièce ronde aux murs de cristal oscillait sensiblement, la tour légère réso

Un autre garçon travaillait justement au poste de radio. La coiffure compliquée et la robe voyante de son interlocutrice, dont l’image se voyait sur l’écran, attestaient qu’il était en contact avec la station centrale, car les gens de la steppe portaient des combinaisons courtes et légères. La jeune fille de l’écran se mit en communication avec la station de ceinture, et on vit bientôt au vidéophone du mirador le visage triste et la silhouette menue de Miika Eigoro, première adjointe de Véda Kong. Ses yeux noirs et bridés comme ceux de Lao Lan exprimèrent une surprise joyeuse, la petite bouche s’entrouvrit d’éto