Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 50 из 69

Elle demande en langage olfactif universel primaire qui l'a sauvée? Elle est surprise en identifiant les odeurs des fourmis. Sont-elles des fourmis masquées?

Les fourmis masquées sont une espèce très douée en chimie organique. Insectes noirs de grande taille, elles vivent dans le Nord-Est.

Elles savent reproduire artificiellement n'importe quelle phéromone: passeport,

piste, communication… juste en mélangeant judicieusement des sèves, des pollens et des salives.

Une fois leur camouflage distillé, elles arrivent à s'introduire par exemple dans les cités termites sans être repérées. Elles pillent et tuent alors, sans qu'aucune de leurs victimes ait pu les identifier!

Non, nous ne sommes pas des fourmis masquées.

La reine termite leur demande s'il y a des survivants dans sa cité, et les fourmis répondent que non. Elle émet le vœu d'être tuée, qu'on abrège ses souffrances.

Mais auparavant, elle désire révéler quelque chose.

Oui, elle sait pourquoi sa cité a été détruite.

Les termites ont découvert depuis peu le bout oriental du monde. La fin de la planète. C'est un pays noir, lisse, où tout est détruit. Là-bas vivent des animaux étranges, très rapides et très féroces. Ce sont eux les gardiens du bout du monde. Ils sont armés de plaques noires qui écrabouillent n'importe quoi. Et maintenant ils utilisent aussi des gaz empoiso

Voilà qui rappelle la vieille ambition de la reine Bi-stin-ga. Atteindre l'un des bouts du monde. Cela serait donc possible? Les deux fourmis en demeurent stupéfaites. Elles avaient cru jusqu'alors que la Terre est si vaste qu'il est impossible d'en atteindre le bord. Or cette reine termite laisse entendre que le bout du monde est proche! Et qu'il est gardé par des monstres… Le rêve de la reine Bi-stin-ga serait-il réalisable? Toute cette histoire leur parait tellement énorme qu'elles ne savent par quelle question commencer.

Mais pourquoi ces gardiens du bout du monde sont-ils avancés jusqu'ici? Veulent-ils envahir les cités de l'Ouest? La grosse reine n'en sait pas plus. Elle veut à présent mourir. Elle insiste. Elle n'a pas appris à arrêter son cœur. Il faut la tuer. Les fourmis décapitent donc la reine termite, après que celle-ci leur a indiqué le chemin de la sortie. Puis elles mangent quelques petits œufs et quittent l'imposante cité qui n'est plus qu'une ville fantôme. Elles déposent à l'entrée une phéromone qui porte le récit du drame de ce lieu. Car en tant qu'exploratrices de la Fédération, elles ne doivent manquer à aucun de leurs devoirs. La luciole les salue. Elle aussi sans doute s'était égarée dans la termitière en se protégeant de la pluie. Maintenant qu'il refait beau, elle va reprendre son traintrain habituel: manger, émettre de la lumière pour attirer les femelles, se reproduire, manger, émettre de la lumière pour attirer les femelles, se reproduire… Une vie de luciole, quoi!

Elles portent leur regard et leurs ante

CHOC DE CIVILISATIONS: Le contact entre deux civilisations est toujours un instant délicat. Parmi les grandes remises en question qu 'ont co

La plupart des populations servant d'esclaves vivaient à l'intérieur des terres dans les plaines et les forêts. Ils n'avaient jamais vu la mer. Tout d'un coup un roi voisin venait leur faire la guerre sans raison apparente, puis au lieu de tous les tuer, ils les prenaient comme captifs, lesenchaînaient et les faisaient marcher en direction de la côte.

Au bout de ce périple ils découvraient deux choses incompréhensibles: 1) la mer immense, 2) les Européens à la peau blanche. Or la mer, même s'ils ne l'avaient pas directement vue, était co

Beaucoup mouraient de peur, d'autres, affolés, sautaient des bateaux et se faisaient dévorer par les requins. Les survivants allaient, eux, de surprise en surprise. Ils voyaient quoi? Par exemple les Blancs qui buvaient du vin. Et ils étaient sûrs que c'était du sang, le sang des leurs.

Edmond Wells

Encyclop édie du savoir relatif et absolu.

La 56e femelle est affamée. Ce n'est pas seulement un corps, mais toute une population qui réclame sa ration de calories. Comment nourrir la meute qu'elle abrite en son sein? Elle finit par se résoudre à sortir de son trou de ponte, se traîne sur quelques centaines de têtes et ramène trois aiguilles de pin qu'elle lèche et mâchouille avec avidité.

Ce n'est pas suffisant. Elle aurait bien chassé, mais n'en a plus la force. Et c'est elle qui risque de servir de pâture aux milliers de prédateurs tapis aux alentours. Alors elle se tasse dans son trou pour attendre la mort. Au lieu de cela, c'est un œuf qui apparaît. Son premier Chlipoukanien! Elle l'a à peine senti venir. Elle a secoué ses pattes engourdies et a pressé de toute sa volonté sur ses boyaux. Il faut que ça marche, sinon tout est fini. L'œuf roule. Il est petit, presque noir à force d'être gris.

Si elle le laisse éclore, il do

Cela lui do

Il y a un œuf en moins dans son abdomen et un œuf en plus dans son estomac. Elle trouve dans ce sacrifice la force de pondre un second œuf, tout aussi sombre, tout aussi petit que le premier.

Elle le déguste. Et se sent encore mieux. Le troisième œuf est à peine plus clair. Elle le dévore quand même.

Ce n'est qu'au dixième que la reine change de stratégie. Ses œufs sont devenus gris, de la taille de ses globes oculaires. Chli-pou-ni en pond trois comme ça, en mange un et laisse vivre les deux autres, les réchauffant sous son corps.

Tandis qu'elle continue de pondre, ces deux veinards se métamorphosent en longues larves dont les têtes restent figées en une étrange grimace. Et ils commencent à geindre pour réclamer à manger. L'arithmétique se complique. Sur trois œufs pondus, il en faut maintenant un pour elle, et les deux autres pour nourrir les larves. Voilà comment, en circuit fermé, on arrive à produire quelque chose à partir de rien. Lorsqu'une larve est assez grosse, elle lui do

Mais la larve survivante est toujours affamée. Elle se contorsio

L'insecte est tout petit et plutôt débile, car sous-alimenté. Mais elle a réussi son premier Chlipoukanien! La course ca

Chli-pou-ni, enfin nourrie normalement, do