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Moi, un animal qui ne souffrirait pas… me ferait très peur.
Mais ce concept est faux. Car la fourmi décapitée émet une odeur particulière. L'odeur de la douleur. Il se passe donc quelque chose. La fourmi n'a pas d'influx nerveux électrique mais elle a un influx chimique. Elle sait quand il lui manque un morceau, et elle souffre. Elle souffre à sa manière, qui est sûrement fort différente de la nôtre, mais elle souffre.
Edmond Wells
Encyclopédie du savoir relatif et absolu.
Les combats repre
Les tanks apparaissent entre les fleurs. A un signal do
Les deux armées ne sont plus qu'à cent têtes de distance… Cinquante… Vingt… Dix! A peine la première casse-graines arrive-t-elle au contact qu'il se passe quelque chose de très inattendu. La ligne dense des Shigaepouye
Des naines plongent aussitôt sous les tanks et tuent les porteuses. Elles s'en retirent alors dare-dare pour ne pas être écrasées par la masse de la casse-graines qui s'affale. D'autres se jettent hardiment entre la double rangée de trois porteuses et crèvent d'une mandibule unique le ventre offert. Un liquide coule, le réservoir de vie des casse-graines se déverse sur le sol. D'autres encore escaladent les mastodontes, leur coupent les ante
Une telle débâcle so
Les légions des rousses et de leurs mercenaires qui flanquaient le front des tanks se retrouvent toutes nues. Elles qu'on avait placées là pour ramasser les miettes en sont réduites à charger désespérément. Mais les carrés de naines se sont déjà refermés, tant le massacre des casse-graines a été rondement mené. A peine les Belokanie
A l'attaque! Serrez les rangs!
Un seul mot d'ordre claque dans le camp adverse
Feu!
Les ventres braqués pulvérisent leur brûlant venin sur les carrés de naines. Pfout, pfout, pfout. Les jets jaunes sifflent dans les airs, cinglent de plein fouet la première ligne d'assaillantes.
Ce sont les ante
Elles dégoulinent sur les crânes. Puis le poison se répand sur les cuirasses, les liquéfiant comme si elles n'étaient qu'en plastique.
Les corps martyrisés s'affaissent et forment un mince barrage qui fait trébucher les naines. Elles se ressaisissent, enragées, se jettent de plus belle à l'assaut de la crête.
En haut, une ligne d'artilleuses rousses a pris le relais de la précédente.
Feu!
Les carrés se disloquent, mais les naines continuent d'avancer, piétinant les morts mous.
Troisième ligne d'artilleuses. Les cracheuses de colle se joignent à elles.
Feu!
Cette fois, les carrés de naines explosent franchement. Des groupes entiers se débattent dans les flaques de glu. Les naines tentent de contre-attaquer en alignant elles aussi une rangée d'artilleuses. Celles-ci avancent vers le sommet en marche arrière et tirent sans pouvoir viser. A contre-pente elles ne peuvent se caler.
Feu! émettent les naines.
Mais leurs abdomens courts ne tirent que des gouttelettes d'acide. Même en atteignant leur objectif, leurs jets ne font qu'irriter sans percer les carapaces.
Feu!
Les gouttes d'acide des deux camps se croisent, s'a
Serrez les rangs.
Feu! répondent les rousses dont leur artillerie fait toujours merveille. Nouvelle giclée d'acide et de glu.
Malgré l'efficacité des tirs, les naines parvie
Charge. Rage. Saccage.
Désormais il n'y a plus de «gadgets». Les artilleuses rousses ne peuvent plus faire gicler leur abdomen, les carrés de naines ne peuvent plus rester compacts.
Nuée. Ruée. Coulée.
Tout le monde se mélange, se dérange, se range, court, tourne, fuit, fonce, se disperse, se réunit, fomente de petites attaques, pousse, entraîne, bondit, s'effondre, rassure, crache, soutient, hurle de l'air chaud. Partout la mort est désirée. On se mesure, on s'escrime, on ferraille. On court sur les corps vivants et sur ceux qui déjà ne bougent plus. Chaque rousse se retrouve coiffée d'au moins trois naines furieuses. Mais,comme les rousses sont trois fois plus grosses, les duels se déroulent à peu près à armes égales. Corps à corps. Cris odorants. Phéromones amères en brumes.
Les millions de mandibules pointues, crénelées, en dents de scie, en sabre, en pince plate, à simple tranchant, à double tranchant, enduites de salive empoiso
Les ante