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– Assez, Ivan Fiodorovitch! Laissez-moi! s’écria Elisabeth Prokofievna; pourquoi m’offrez-vous maintenant votre bras? Vous n’avez pas su m’emmener plus tôt hors d’ici; vous êtes le mari, le chef de famille, vous auriez dû m’entraîner par les oreilles si j’avais été assez sotte pour refuser de vous obéir et de vous suivre. Vous auriez au moins dû penser à vos filles! Maintenant je trouverai mon chemin sans vous, après une avanie dont je rougirai pendant toute une a
– J’irai, répondit le prince d’une voix douce et contrite.
– Vous l’avez entendu? Voilà bien sur quoi tu comptes! s’écria-t-elle en reprenant Doktorenko à partie. C’est comme si tu avais déjà cet argent en poche. Si tu fais le magnanime, c’est uniquement pour nous esbroufer… Non, mon ami, cherche ailleurs tes dupes; moi, j’ai de bons yeux… je vois tout votre jeu!
– Elisabeth Prokofievna! s’écria le prince.
– Allons-nous-en, Elisabeth Prokofievna! Il est plus que temps; emmenons le prince avec nous, proposa le prince Stch… en souriant et en affectant le plus grand calme.
Les demoiselles se tenaient à l’écart. Elles semblaient presque effrayées; le général, lui, l’était positivement. L’éto
– Les scandales et le chaos, madame, on les trouve partout, énonça le neveu de Lébédev, non sans une expression de gêne.
– Pas à ce degré-là! Non, mon ami, pas à ce degré là! répliqua Elisabeth Prokofievna avec une exaspération convulsive. – Mais laissez-moi donc tranquille! dit-elle à ceux qui s’efforçaient de la raiso
– J’irai.
– En ce cas-là, je ne veux plus te co
Elle fit un brusque départ, mais se retourna soudain et montrant Hippolyte:
– Tu iras également chez cet athée? – Pourquoi prends-tu l’air de te moquer de moi? s’écria-t-elle sur un ton qu’on ne lui co
– Elisabeth Prokofievna! Elisabeth Prokofievna! Elisabeth Prokofievna! s’exclama-t-on de tous côtés.
– Maman, c’est honteux! s’écria Aglaé d’une voix forte.
Elisabeth Prokofievna avait bondi sur Hippolyte et lui ayant saisi le bras, le lui serrait avec force d’un geste impulsif, tandis qu’elle le dévisageait d’un regard furibond.
– Ne vous alarmez pas, Aglaé Ivanovna! fit posément Hippolyte; votre maman se rendra bien compte qu’on ne s’attaque pas à un moribond… Je suis d’ailleurs prêt à lui expliquer pourquoi je riais;… je serais bien aise de pouvoir…
Mais une terrible quinte le secoua, qu’il fut un moment sans pouvoir réprimer.
– Voilà un mourant qui n’arrête pas de faire des discours! s’écria Elisabeth Prokofievna en lâchant le bras d’Hippolyte et en le regardant avec une sorte d’effroi essuyer le sang qui lui était monté aux lèvres. – Qu’as-tu à dire? Tu ferais mieux d’aller te coucher…
– C’est ce que je vais faire, répondit Hippolyte d’une voix faible et voilée, presque dans un chuchotement. – Sitôt rentré à la maison je me coucherai… Je mourrai dans quinze jours, je le sais. Le docteur B… [89] me lui-même me l’a déclaré la semaine passée… C’est pourquoi, si vous le permettez, je vous dirai deux mots d’adieu.
[89] Sans doute le docteur Botkine, médecin d’Alexandre II. – N. d. T.