Страница 2 из 102
Il y a dans l’Idiot un épisode qui me paraît une première épreuve, une sorte de préfiguration du roman; c’est la pitoyable histoire de Marie, cette paysa
Le type de l’Idiot a été diversement interprété. C’est le perso
Entendons-nous, d’ailleurs. Bien que le prince Muichkine ait subi un long arrêt dans son développement intellectuel et porte encore de lourdes tares physiques, il s’en faut que ce soit un simple d’esprit. Il raiso
Ce qui est plus certain, c’est la fatale émotivité de ses nerfs qui le rend affreusement sensible à l’expression physique des drames de l’âme humaine. Les yeux de Rogojine aperçus dans la foule, la pâleur angoissée du visage de Nastasie Philippovna, voilà, en dernière analyse, les impressions qui commandent ses actes décisifs et l’acheminent vers sa destinée. On peut donc se demander si la forme la plus saisissable de sa folie n’est pas l’obsession de certaines images visuelles, obsession qui devient tragique lorsque le sujet ressent les transes a
Le seul défaut social dont l’Idiot se reco
Puis il y a ces fameuses «idées doubles», qui existent bien ailleurs dans Dostoïevski et chez d’autres auteurs, mais ne sont peut-être nulle part aussi appuyées qu’ici. Elles correspondent à ce que les psychiatres appellent les «idées secondes» provenant d’un dédoublement de la perso
Dostoïevski s’est expliqué à plusieurs reprises sur ce simultanéisme. «Il me semble que je me dédouble, dit-il par la bouche de Versilov: je me partage par la pensée, et cette sensation me cause une peur affreuse. C’est comme si l’on avait son double à côté de soi: alors que l’on est sensé et raiso
La place que tient le rêve dans le roman y introduit un élément de trouble et d’ambiguïté. L’auteur se complaît à abaisser ou même à dissimuler les frontières qui séparent le rêve de l’état de veille; ici encore c’est un trait de sa propre psychologie qui transparaît dans son œuvre.
Assez voisine et non moins déconcertante est cette constatation que, chez les héros de Dostoïevski, l’action et la pensée qui la commande sont souvent désynchronisées: il y a retard ou avance de l’une ou de l’autre. L’auteur nous dit de l’un d’entre eux: il voulait tuer, mais il ne savait pas qu’il voulait tuer. De là une nouvelle apparence de vibration désordo
On remarquera que l’auteur ne nous dit à peu près rien de l’hérédité de son héros, et c’est là un élément essentiel qui nous échappe. Nous co
On s’est souvent demandé si l’Idiot, ce «Don Juan slave» – un Don Juan dont la caractéristique est, dans l’ordre physique, l’impuissance et, dans l’ordre moral, la passivité! - est ou non amoureux. La psychologie en ligne brisée du perso