Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 11 из 102

– Oh! pour ce qui est du temps, j’en ai de reste (et en prononçant ces mots il posa sur la table son chapeau de feutre mou). J’avoue que je comptais bien qu’Elisabeth Prokofievna pourrait se rappeler avoir reçu une lettre de moi. Tout à l’heure, tandis que j’attendais, votre domestique me soupço

– Eh bien! voilà, prince, dit le général avec un sourire de bo

– Vingt-six ans.

– Allons donc! Je vous croyais beaucoup plus jeune.

– Oui: on dit que j’ai le visage très jeune. Pour ce qui est de ne pas vous déranger, j’en prendrai vite l’habitude, ayant moi-même horreur de déranger les gens… Enfin il me semble que nous sommes si dissemblables… sous tant de rapports, que nous ne devons pas avoir beaucoup de points communs. Toutefois cette réflexion n’est pas très convaincante; bien souvent des points communs existent entre des êtres qui semblent n’en avoir aucun. C’est par paresse humaine que les gens se jugent au premier abord et n’arrivent pas à se co

– Deux mots: avez-vous un peu de fortune ou comptez-vous chercher une occupation? Excusez ma question.

– Au contraire, j’apprécie cette question et je la comprends. Je n’ai présentement aucun moyen et pas davantage d’occupation. Il m’en faudrait cependant bien une. L’argent que j’avais m’a été prêté par Schneider, mon professeur, qui m’a soigné en Suisse et a pourvu à mon instruction. Il m’a do

– Dites-moi de quoi vous comptez vivre en attendant et quelles sont vos intentions? interrompit le général.

– Je voudrais trouver n’importe quel travail…

– Oh! je vois que vous êtes philosophe. Mais, voyons, avez-vous quelque talent ou quelques aptitudes spéciales, de celles, bien entendu, qui assurent le pain quotidien? Encore une fois, excusez-moi…

– Oh! ne vous excusez pas. Non, je ne crois avoir ni talent ni aptitudes particulières. Loin de là, je suis un homme malade et je n’ai pas fait d’études suivies. Quant au pain quotidien, il me semble…

Le général l’interrompit de nouveau et se remit à le questio

Le général fut très éto

– Et vous n’avez réellement pas de proches en Russie? demanda-t-il.

– Perso

– Enfin, interrompit le général sans avoir entendu l’allusion à la lettre, vous avez bien appris quelque chose et votre maladie ne vous empêchera pas, je présume, d’assumer un travail facile dans une administration quelconque?

– Bien sûr que non! Je désirerais même beaucoup trouver une place, afin de me rendre compte par moi-même de ce que je puis faire. J’ai étudié pendant quatre ans, bien qu’avec des interruptions, d’après la méthode du professeur, et j’ai réussi à lire beaucoup de livres russes.

– Des livres russes? Alors vous co

– Oh parfaitement!

– Fort bien! Et votre écriture?

– Mon écriture est excellente. On peut même dire que, sous ce rapport, j’ai un certain talent. J’écris comme un vrai calligraphe. Do

– Faites-moi ce plaisir. C’est même très nécessaire. Votre bo

– Vous avez un bien beau matériel de bureau: toute une collection de crayons et de plumes, un papier épais et d’une qualité superbe… Voilà un magnifique cabinet de travail! Ce paysage que vous avez là je le co

– C’est fort possible, bien que le tableau ait été acheté ici. Gania, do

– Elle vient de me l’offrir à l’occasion d’une visite de congratulation. Je la lui avais demandée il y a longtemps. Je ne sais pas si ce n’est pas une manière de faire remarquer que je suis allé la féliciter, en un pareil jour, avec les mains vides, ajouta Gania dans un sourire amer.

– Assurément non! coupa le général avec conviction. Quelle drôle d’idée tu as là! Elle ne se serait pas bornée à une allusion… D’ailleurs elle est parfaitement désintéressée. Et enfin, quel présent pourrais-tu lui faire? Il te faudrait y mettre plusieurs milliers de roubles. Tout au plus pourrais-tu lui do

– Elle ne me l’a pas demandé et elle ne me le demandera peut-être jamais. Vous n’oubliez pas, Ivan Fiodorovitch, la soirée d’aujourd’hui? Vous figurez parmi les perso

– J’y pense, j’y pense et j’irai. C’est la moindre des choses: le jour de ses vingt-cinq ans! Hum… Tiens, Gania, je vais te vendre la mèche. Elle nous a promis, à Athanase Ivanovitch et à moi, de nous dire ce soir, chez elle, son dernier mot: oui ou non. Tiens-toi-le pour dit.