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Hippolyte se dirigea vers la porte, mais, rappelé par le prince, il s’arrêta sur le seuil.

– Ainsi, selon vous, Aglaé Ivanovna se rendra aujourd’hui en perso

– Je ne le sais pas au juste, mais c’est probable, répondit Hippolyte en jetant un regard derrière lui. – D’ailleurs il n’en peut être autrement. Nastasie Philippovna n’ira pas chez elle, n’est-ce pas? L’entretien ne peut pas davantage avoir lieu chez les parents de Gania, où il y a un moribond. Que dites-vous du général?

– Tenez, rien que pour cette raison c’est impossible! objecta le prince. Comment sortirait-elle, à supposer qu’elle le veuille? Vous ne co

– Je vous dirai ceci, prince: perso

– Non, ce n’est pas ce que je veux dire…

– Eh bien! si ce n’est pas le cas, il lui suffira de descendre le perron et d’aller droit devant elle, dût-elle ne pas remettre les pieds à la maison. Il y a des circonstances où l’on brûle ses vaisseaux et où l’on s’interdit même le retour au foyer paternel; la vie ne se compose pas seulement de déjeuners, de dîners et de princes Stch…! Il me semble que vous prenez Aglaé Ivanovna pour une petite jeune fille ou pour une pensio

Hippolyte sortit. Le prince n’avait aucune raison de charger qui que ce fût d’espio

D’une façon ou d’une autre, l’affaire prenait une tournure décisive, définitive. Non, il ne prenait pas Aglaé pour une petite jeune fille ni pour une pensio

Non, il ne la considérait pas comme une enfant! Ces derniers temps, certaines de ses manières de voir, certaines de ses paroles l’avaient épouvanté. D’autres fois il lui avait semblé qu’elle faisait un effort surhumain pour se dominer, pour se contenir, et il se rappelait en avoir éprouvé un sentiment d’effroi. Il est vrai que tous ces jours-ci, il s’était appliqué à ne pas évoquer ces souvenirs et à chasser les idées noires. Mais que se cachait-il au fond de cette âme? La question le tourmentait depuis longtemps, bien qu’il eût foi dans Aglaé. Et voici que tout cela allait se résoudre et s’éclaircir le jour même! Pensée terrible! Et de nouveau «cette femme»! Pourquoi lui avait-il toujours semblé qu’elle ne manquerait pas d’intervenir au moment décisif pour briser sa destinée comme un fil pourri? Bien qu’à demi délirant, il était prêt à jurer que ce pressentiment ne l’avait jamais quitté. S’il s’était efforcé de l’oublier dans ces derniers temps, c’était uniquement parce qu’il en avait peur. Alors? L’aimait-il ou la haïssait-il? Il ne se posa pas une seule fois la question au cours de la journée; en cela son cœur était pur, il savait qui il aimait… Ce qui l’effrayait, ce n’était pas tant la rencontre des deux femmes, ni l’étrangeté de cette rencontre, ni son motif encore inco

– Vous êtes tout prêt, fit-elle à mi-voix et d’un ton qui paraissait calme; – vous voilà habillé, le chapeau à la main; j’en conclus que l’on vous a prévenu. Je sais qui: c’est Hippolyte?

– Oui, il m’a parlé… balbutia le prince plus mort que vif.

– Eh bien! partons: vous savez qu’il faut absolument que vous m’accompagniez. Je pense que vous avez la force de sortir.

– J’en ai la force, oui, mais… est-ce possible?

Il s’arrêta soudainement et ne fut plus capable d’articuler un seul mot. Ce fut son unique tentative pour retenir cette insensée; dès ce moment il la suivit comme un esclave. Quel que fût le désarroi de ses pensées, il n’en comprenait pas moins qu’elle irait là-bas même sans lui et qu’ainsi il était de toute façon obligé de l’accompagner. Il devinait la force de résolution de la jeune fille et ne se sentait pas capable d’arrêter cette farouche impulsion.

Ils cheminèrent en silence et n’échangèrent presque aucune parole le long de la route. Il remarqua seulement qu’elle co

Quand ils furent tout près de la maison de Daria Aléxéïevna (une vieille et vaste bâtisse en bois), une dame somptueusement mise en sortit accompagnée d’une jeune fille: toutes deux prirent place dans une superbe calèche qui attendait devant le perron; elles riaient et causaient bruyamment et ne regardèrent pas plus les nouveaux venus que si elles ne les avaient pas aperçus. Dès que la calèche se fut éloignée, la porte s’ouvrit de nouveau et Rogojine, qui les attendait, les fit entrer puis referma derrière eux.

– Hormis nous quatre, il n’y a en ce moment perso

Nastasie Philippovna les attendait dans la première pièce. Elle aussi était habillée avec la plus grande simplicité, tout en noir. Elle se leva pour venir à leur rencontre, mais ne sourit pas et ne tendit même pas la main au prince. Son regard inquiet se fixa avec impatience sur Aglaé. Elles s’assirent à distance l’une de l’autre: Aglaé sur le divan, dans un coin de la pièce, et Nastasie Philippovna près de la fenêtre. Le prince et Rogojine restèrent debout; perso