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III

L’esclandre provoqué par le général eût été sans conséquence en tout autre temps. Il avait déjà été le héros d’incidents extravagants et imprévus du même ordre, quoique assez rarement, car c’était, au demeurant, un homme fort paisible et dont les penchants étaient plutôt bons. Cent fois peut-être il avait essayé de lutter contre les habitudes de dérèglement contractées par lui au cours des dernières a

Mais cette fois le scandale revêtait une forme inaccoutumée. C’était à croire qu’il s’était passé un événement que tout le monde co

On avait également remarqué au cours de ces trois jours qu’il était tombé dans un excès continuel de vanité, qui se traduisait par une susceptibilité anormale. Kolia affirmait à sa mère avec insistance que cette humeur chagrine était imputable à la privation de boisson, peut-être aussi à l’absence de Lébédev avec lequel le général s’était intimement lié ces derniers temps. Une brouille inopinée s’était élevée entre eux, trois jours auparavant, ce qui avait jeté le général dans une grande colère; il avait même eu une sorte de scène avec le prince. Kolia avait prié ce dernier de lui en expliquer le motif et il avait fini par deviner que, lui aussi, lui cachait quelque chose. On pouvait supposer, comme l’avait fait Gania avec beaucoup de vraisemblance, qu’une conversation particulière avait eu lieu entre Hippolyte et Nina Alexandrovna; mais il semblait alors étrange que ce méchant perso

Les événements s’étaient succédé dans l’ordre suivant:

Après sa course à Pétersbourg pour retrouver Ferdistchenko, Lébédev était rentré le même jour à Pavlovsk avec le général, il n’avait rien fait savoir de particulier au prince. Si ce dernier n’avait pas été alors aussi distrait et absorbé par d’autres préoccupations importantes pour lui, il n’aurait pas tardé à s’apercevoir que Lébédev, non seulement ne lui avait do

Pendant tout ce temps Kolia était dans un état d’esprit particulièrement soucieux. Le prince n’était presque jamais chez lui le jour et ne rentrait parfois que fort tard; on lui rapportait alors que toute la journée Kolia l’avait cherché et demandé. Mais lorsqu’il le rencontrait, le jeune homme n’avait rien de spécial à lui communiquer, si ce n’est qu’il était franchement «mécontent» du général et de sa conduite actuelle. «Ils battent le pavé, disait-il; ils s’enivrent dans un cabaret du voisinage; en pleine rue ils s’embrassent et se chamaillent tour à tour; ils s’excitent l’un l’autre et ne peuvent se séparer.» Le prince lui ayant fait observer que ce n’était là que la répétition de ce qui se passait auparavant presque chaque jour, Kolia ne sut positivement que répondre et fut incapable de définir l’objet de sa présente inquiétude.

Le lendemain du jour où il avait entendu la chanson à boire et la dispute, le prince se disposait à sortir vers les onze heures lorsque le général surgit brusquement devant lui. Il était en proie à une vive émotion et tremblait presque.

– Il y a longtemps que je cherche l’ho