Страница 40 из 95
– Vilkine. Ainsi Nicolas Ardalionovitch vous avait déjà parlé de cela?
– Il ne m’a rien dit du vol.
– Il ne le co
– J’ai compris, fort bien compris. Mais c’est une preuve bien mince.
– En voici une seconde: la piste se révèle fausse et l’adresse do
– Et ce sont là toutes vos preuves? C’est peu.
– Prince, sur qui donc porter mes soupçons? Réfléchissez, conclut Lébédev sur un ton de larmoyante obséquiosité, mais avec un sourire légèrement insidieux.
– Vous devriez effectuer une nouvelle recherche dans les chambres et les tiroirs, articula le prince d’un air préoccupé après un instant de réflexion.
– C’est déjà fait! soupira Lébédev avec une expression encore plus attendrissante.
– Hum!… Mais pourquoi, pourquoi avoir ôté votre redingote? s’écria le prince en frappant avec colère sur la table.
– On entend cette question-là dans une vieille comédie. Mais, excellent prince, vous prenez mon infortune trop à cœur! Je n’en mérite pas tant. Je veux dire qu’à moi seul, je ne mérite pas cela. Toutefois, vous vous faites aussi du mauvais sang pour le coupable… pour l’être insignifiant qu’est M. Ferdistchenko?
– Eh! oui, en effet! vous m’avez rendu soucieux, interrompit le prince d’un air distrait et mécontent. – En somme, que comptez-vous faire… si vous êtes aussi convaincu de la culpabilité de Ferdistchenko?
– Prince, très honoré prince, quel autre accuser? dit Lébédev en faisant des contorsions et en prenant un ton toujours plus pathétique. – On ne peut pas penser à un autre, et l’impossibilité absolue de soupço
– Allons, quelle absurdité!
– Pas davantage le général, hé, hé?
– Quelle sottise est-ce là! dit le prince presque d’un ton de colère, en se retournant avec impatience sur sa couchette.
– Bien sûr que c’est une sottise! Hé! hé! hé! Quel original que ce général, et comme il m’a fait rire! Nous sommes allés tout à l’heure ensemble en quête de Ferdistchenko chez Vilkine… Il faut vous dire qu’il a été encore plus surpris que moi quand je suis allé le réveiller, aussitôt ma perte constatée. C’est au point qu’il a changé de figure, rougi, pâli, et qu’enfin il a été saisi d’un si noble accès d’indignation que je n’en revenais pas. C’est un bien beau caractère! Il ment continuellement, par faiblesse, mais c’est un homme de sentiments très élevés; avec cela il est si ingénu que son i
– Vous n’avez pas de relations avec elle?
– Presque pas, mais je désirerais de tout cœur en avoir, ne serait-ce que pour me justifier à ses yeux. Nina Alexandrovna m’en veut parce qu’elle croit que je pousse maintenant son mari à l’ivrognerie. Or, je ne le débauche pas, je le réfrène plutôt; je lui évite peut-être des fréquentations plus dangereuses. En outre, c’est pour moi un ami et je vous avoue que je ne l’abando
– Non, il ne m’a rien demandé.
– Il est gêné. Il voulait vous en demander; il m’a même avoué son intention de vous importuner à ce sujet, mais il n’a pas osé, car vous lui avez prêté récemment et il a pensé que vous lui refuseriez. Il m’a confié cela en ami.
– Et vous-même, ne lui do
– Prince! très honoré prince! Ce n’est pas seulement de l’argent, c’est pour ainsi dire ma vie que je do