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– Je t’ai dit et écrit qu’elle… n’était pas dans son bon sens, dit le prince qui avait écouté Rogojine avec un sentiment douloureux.
– Dieu le sait! Peut-être te trompes-tu en cela… au reste, aujourd’hui, quand je l’ai ramenée de la musique, elle a fixé le jour: «nous nous marierons sûrement dans trois semaines, et peut-être avant», a-t-elle dit. Elle l’a juré sur l’icône, qu’elle a baisée. Ainsi c’est maintenant de foi que dépend l’affaire, prince, hé! hé!
– Tout cela, c’est du délire! Ce que tu me prédis n’arrivera jamais, jamais! Demain j’irai vous voir…
– Comment peux-tu dire qu’elle est folle? fit observer Rogojine. Pourquoi serait-elle saine d’esprit pour tout le monde et folie exclusivement pour toi? Comment serait-elle à même d’écrire des lettres là-bas? Si elle était folle, on s’en serait aperçu à la lecture de ces lettres.
– Quelles lettres? demanda le prince avec effroi.
– Elle écrit là-bas, à l’autre, qui lit ses lettres. Ne le sais-tu pas? Alors, tu le sauras: elle te les montrera sûrement elle-même.
– Il est impossible de croire cela, s’écria le prince.
– Eh! je vois bien, Léon Nicolaïévitch, que tu n’en es encore qu’à tes débuts. Patience: tu en viendras à avoir ta police particulière, tu monteras toi-même la garde jour et nuit, tu co
– Brisons là, et ne me reparle jamais de cela! s’exclama le prince. Écoute-moi, Parfione: un moment avant ton arrivée, je me promenais par ici; soudain je me suis mis à rire, sans savoir pourquoi. Je venais de me rappeler que c’est justement demain l’a
– Oui, je la porte, répondit Rogojine.
– Alors partons! Je ne veux pas m’engager sans toi dans une vie nouvelle, car c’est pour moi une vie nouvelle qui a commencé! Tu ne sais pas, Parfione, que ma vie nouvelle a commencé aujourd’hui?
– À présent je vois et sais par moi-même qu’elle a commencé. Je vais lui en rendre compte. Tu n’es pas dans ton état normal, Léon Nicolaïévitch.
IV
Ce fut avec un vif éto
– Tu as dû dire à quelqu’un que tu offrirais le champagne; alors ils sont accourus, murmura Rogojine en suivant le prince sur la terrasse. Nous co
La bande tout entière entoura le prince après l’avoir accueilli par des cris et des souhaits. Quelques convives étaient fort bruyants, d’autres beaucoup plus calmes; mais, dès qu’on sut que c’était son a
Sur ces entrefaites Lébédev, très rouge et plutôt allumé, accourut pour do
– Mais c’est mon vin, mon vin! bafouilla-t-il en s’adressant au prince; c’est moi qui fais les frais, afin de vous fêter et de vous féliciter, et il y aura aussi un petit festin, un souper froid; ma fille s’en occupe. Ah! prince, si vous co
Le prince remarqua le regard doux et caressant de Véra Lébédev qui, elle aussi, se frayait vivement passage pour arriver jusqu’à lui. Ce fut la première à qui il tendit la main; elle rougit de plaisir et lui souhaita «une vie heureuse à partir de ce jour-là». Là-dessus elle courut à la cuisine où elle était en train de préparer la collation. Mais, même avant le retour du prince, dès qu’elle avait pu se libérer un instant de sa besogne, elle était venue sur la terrasse pour écouter de toutes ses oreilles les discussions passio
– Je vous attendais tout particulièrement et suis enchanté de vous voir arriver si heureux, dit Hippolyte lorsque le prince lui prit la main aussitôt après avoir serré celle de Véra.
– Et comment savez-vous que je suis «si heureux»?
– Cela se voit sur votre figure. Saluez ces messieurs et dépêchez-vous de venir vous asseoir ici, près de nous. Je vous attendais tout particulièrement, répéta-t-il en appuyant significativement sur cette phrase.
Le prince lui demanda s’il n’était pas dangereux pour sa santé de veiller si tard. Il répondit qu’il s’éto
Bourdovski se leva brusquement et marmo