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12. ENCYCLOPEDIE

SOMMEIL PARADOXAL: Durant notre sommeil, nous co

Ensuite, au cours de la vie adulte, les phases de sommeil paradoxal se réduisent avec l'âge pour ne plus constituer qu'un dixième, sinon un vingtième de la totalité du temps de sommeil. L'expérience est vécue comme un plaisir et peut provoquer des érections chez les hommes. Il semblerait que, chaque nuit, nous ayons un message à recevoir. Une expérience a été réalisée: un adulte a été réveillé au beau milieu de son sommeil paradoxal et prié de raconter à quoi il était en train de rêver à ce moment. On l'a ensuite laissé se rendormir pour le secouer de nouveau à la phase de sommeil paradoxal suivante. On a constaté ainsi que, même si l'histoire des deux rêves était différente, ils n'en présentaient pas moins un noyau commun. Tout se passe comme si le rêve interrompu reprenait d'une manière différente pour faire passer le même message.

Récemment, des chercheurs ont émis une idée nouvelle. Le rêve serait un moyen d'oublier les pressions sociales. En rêvant, nous désapprenons ce que nous avons été contraints d'apprendre dans la journée et qui heurte nos convictions profondes. Tous les conditio

Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome III.

13. SEULE PARMI LES ARBRES

C'est le matin. Il fait encore nuit mais il fait déjà chaud. C'est là l'un des paradoxes du mois de mars.

La lune éclaire les ramées comme un astre bleuté. Cette lueur la réveille et lui insuffle l'énergie nécessaire pour reprendre son cheminement. Depuis qu'elle s'avance seule dans cette immense forêt, elle ne co

Elle ne co

Mais là, elle est loin du nid et des siens. Son cerveau est bien obligé de se mettre en fonctio

Pour l'instant, le mode individuel est sa seule possibilité et elle trouve assez pénible de devoir sans cesse penser à soi pour survivre. Penser à soi, à la longue, cela entraîne la peur de mourir. Peut-être est-elle la première fourmi qui, à force de vivre seule, en vient à craindre la mort en permanence.

Quelle dégénérescence!…

Elle avance sous des ormes. Le vrombissement d'un ha

Elle réapprend comme la forêt est extraordinaire. Au clair de lune, tous les végétaux virent au mauve ou au blanc. Elle dresse ses ante

Elle trébuche sur un cadavre sec. Elle recule et observe. Il y a là un amoncellement de fourmis mortes, regroupées en spirale. Il s'agit de fourmis noires moisso

La vieille fourmi rousse s'approche pour, du bout de ses ante

Elle considère cette étrange spirale de mort, soulignée par la lueur mauve de la lune. Quel comportement primaire! Il suffisait de se mettre à l'abri d'une souche ou de creuser un bivouac dans la terre pour se protéger du froid. Ces sottes fourmis noires n'ont imaginé rien d'autre que de tourner et tourner comme si la danse pouvait conjurer le danger.

Décidément, mon peuple a encore beaucoup à apprendre, émet la vieille fourmi rousse.

En passant sous des fougères noires, elle reco

Il en a fallu du temps pour parvenir à une telle perfection.

D'abord, les algues vertes marines, ancêtres de tous les végétaux, ont atterri sur le continent. Pour s'y accrocher, elles se sont transformées en lichens. Les lichens ont mis alors au point une stratégie de bonification du sol afin de créer un terreau favorable à une seconde génération de plantes qui, grâce à leurs racines plus profondes, ont pu pousser plus grandes et plus solides.

Chaque plante possède désormais sa zone d'influence mais il subsiste encore des aires de conflit. La vieille fourmi voit une liane de figuier étrangleur partir hardiment à l'assaut d'un merisier impassible. Dans ce duel, le pauvre merisier n'a aucune chance. En revanche, d'autres figuiers étrangleurs qui se figurent aptes à venir à bout d'un plant d'oseille s'étiolent, empoiso

Plus loin, un sapin laisse s'abattre ses épines pour rendre le sol acide au point d'exterminer toutes les herbes parasites et les petites plantes concurrentes.

À chacun ses armes, à chacun ses défenses, à chacun ses stratagèmes de survie. Le monde des plantes est sans pitié. Seule différence peut-être avec le monde animal, les assassinats végétaux se déroulent plus lentement et, surtout, en silence.

Certaines plantes préfèrent l'arme blanche au poison. Sont là, pour le rappeler à la fourmi promeneuse, les griffes des feuilles de houx, les lames de rasoir des chardons, les hameçons des passiflores et jusqu'aux piquants des acacias. Elle traverse un bosquet qui ressemble à un couloir tout empli de lames effilées.

La vieille fourmi lave ses ante

Des bouffées de molécules odorantes lui apportent toutes sortes d'informations sans aucun intérêt sur la vie et les mœurs des animaux du coin.

Elle adapte pourtant le rythme de sa marche pour ne rien perdre des odeurs qui l'intriguent. Elle s'insinue dans le flux des courants d'air pour identifier des parfums inco

Elle gravit le promontoire que forme le sommet d'une souche de pin, se cambre et doucement fait tournoyer ses appendices sensoriels. Selon l'intensité de ses mouvements ante