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Chapitre VII Au centre du désert
I
En abordant la Méditerranée j’ai rencontré des nuages bas. Je suis descendu à vingt mètres. Les averses s’écrasent contre le pare-brise et la mer semble fumer. Je fais de grands efforts pour apercevoir quelque chose et ne point tampo
Mon mécanicien, André Prévot, m’allume des cigarettes.
«Café…»
Il disparaît à l’arrière de l’avion et revient avec le thermos. Je bois. Je do
Après une heure trente de vol la pluie s’apaise. Les nuages sont toujours très bas, mais la lumière les traverse déjà comme un grand sourire. J’admire cette lente préparation du beau temps. Je devine, sur ma tête, une faible épaisseur de coton blanc. J’oblique pour éviter un grain: il n’est plus nécessaire d’en traverser le cœur. Et voici la première déchirure…
J’ai pressenti celle-ci sans la voir, car j’aperçois, en face de moi, sur la mer, une longue traînée couleur de prairie, une sorte d’oasis d’un vert lumineux et profond, pareil à celui de ces champs d’orge qui me pinçaient le cœur, dans le Sud-Marocain, quand je remontais du Sénégal après trois mille kilomètres de sable. Ici aussi j’ai le sentiment d’aborder une province habitable, et je goûte une gaieté légère.
Je me retourne vers Prévot:
«C’est fini, ça va bien!
– Oui, ça va bien…»
Tunis. Pendant le plein d’essence, je signe des papiers. Mais à l’instant où je quitte le bureau j’entends comme un «plouf!» de plongeon. Un de ces bruits sourds, sans écho. Je me rappelle à l’instant même avoir entendu un bruit semblable: une explosion dans un garage. Deux hommes étaient morts de cette toux rauque. Je me retourne vers la route qui longe la piste: un peu de poussière fume, deux voitures rapides se sont tampo
«Téléphonez… Un médecin… La tête…»
J’éprouve un serrement au cœur. La fatalité, dans la calme lumière du soir, vient de réussir un coup de main. Une beauté ravagée, une intelligence, ou une vie… Les pirates ainsi ont cheminé dans le désert, et perso
En route pour Benghazi…