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XIII
Elle craint cet homme silencieux. Quand elle s’éveille, la nuit, près du dormeur, elle a l’impression d’être oubliée sur une grève déserte.
«Prends-moi dans tes bras!»
Elle éprouve pourtant des élans de tendresse… mais cette vie inco
Mystérieux compagnon de voyage.
Allongés l’un et l’autre et muets. On sent la vie qui vous traverse comme une rivière. Une fuite vertigineuse. Le corps: cette pirogue lancée…
«Quelle heure est-il?»
On fait le point: drôle de voyage. «O mon amant!» Elle se crampo
«Quelle heure est-il?»
Eh! Pourquoi? Ces heures passent comme de petites gares de province – minuit, une heure, deux heures – rejetées en arrière, perdues. Quelque chose file entre les doigts que l’on ne sait pas retenir. Vieillir, cela n’est rien.
«Je t’imagine très bien, les cheveux blancs, et moi sagement ton amie…»
Vieillir, cela n’est rien.
Mais cette seconde gâtée, ce calme différé, un peu plus loin encore, c’est ceci qui est fatigant.
– Parle-moi de ton pays?
– Là-bas…
Bernis sait que c’est impossible. Villes, mers, patries: toutes les mêmes. Parfois un aspect fugitif que l’on devine sans comprendre, qui ne se traduit pas.
De la main, il touche le flanc de cette femme, là où la chair est sans défense. Femme: la plus nue des chairs vivantes et celle qui luit du plus doux éclat. Il pense à cette vie mystérieuse qui l’anime, qui la réchauffe comme un soleil, comme un climat intérieur. Bernis ne se dit pas qu’elle est tendre ni qu’elle est belle, mais qu’elle est tiède. Tiède comme une bête. Vivante. Et ce cœur toujours qui bat, source différente de la sie
Il songe à cette volupté qui a, en lui, quelques secondes battu des ailes: cet oiseau fou qui bat des ailes et meurt. Et maintenant…
Maintenant, dans la fenêtre, tremble le ciel. O femme après l’amour démantelée et découro