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Ludovic ne se fit pas répéter cet ordre, et la duchesse écrivit de sa main une longue reco
«Il est beau, se disait la duchesse, de do
– Ah çà! dit la duchesse à Ludovic, après la plaisanterie du réservoir, je ne te do
Le lendemain de bo
On s’établit dans ce village enchanteur; mais un chagrin mortel attendait la duchesse sur ce beau lac. Fabrice était entièrement changé; dès les premiers moments où il s’était réveillé de son sommeil, en quelque sorte léthargique, après sa fuite, la duchesse s’était aperçue qu’il se passait en lui quelque chose d’extraordinaire. Le sentiment profond par lui caché avec beaucoup de soin était assez bizarre, ce n’était rien moins que ceci: il était au désespoir d’être hors de prison. Il se gardait bien d’avouer cette cause de sa tristesse, elle eût amené des questions auxquelles il ne voulait pas répondre.
– Mais quoi! lui disait la duchesse éto
– Je pensais à la mort, répondait Fabrice, comme je suppose qu’y pensent les soldats: c’était une chose possible que je pensais bien éviter par mon adresse.
Ainsi quelle inquiétude, quelle douleur pour la duchesse! Cet être adoré, singulier, vif, original, était désormais sous ses yeux en proie à une rêverie profonde; il préférait la solitude même au plaisir de parler de toutes choses, et à cœur ouvert, à la meilleure amie qu’il eût au monde. Toujours il était bon, empressé, reco
«Voilà ce qui devait arriver tôt ou tard, se disait la duchesse avec une tristesse sombre. Le chagrin m’a vieillie, ou bien il aime réellement, et je n’ai plus que la seconde place dans son cœur.» Avilie, atterrée par ce plus grand des chagrins possibles, la duchesse se disait quelquefois: «Si le ciel voulait que Ferrante fût devenu tout à fait fou ou manquât de courage, il me semble que je serais moins malheureuse.» Dès ce moment ce demi-remords empoiso
«Le ciel l’a voulu, reprenait-elle: Fabrice est amoureux, et de quel droit voudrais-je qu’il ne fût pas amoureux? Une seule parole d’amour véritable a-t-elle jamais été échangée entre nous?»
Cette idée si raiso
C’était avec une extrême difficulté que la duchesse obtenait de Fabrice des détails sur les événements de cette nuit, «qui, se disait la duchesse, autrefois eût formé entre nous le sujet d’un entretien sans cesse renaissant! Dans ces temps fortunés, il eût parlé tout un jour et avec une verve et une gaieté sans cesse renaissantes sur la moindre bagatelle que je m’avisais de mettre en avant.»
Comme il fallait tout prévoir, la duchesse avait établi Fabrice au port de Locarno, ville suisse à l’extrémité du lac Majeur. Tous les jours elle allait le prendre en bateau pour de longues promenades sur le lac. Eh bien! une fois qu’elle s’avisa de monter chez lui, elle trouva sa chambre tapissée d’une quantité de vues de la ville de Parme qu’il avait fait venir de Milan ou de Parme même, pays qu’il aurait dû tenir en abomination. Son petit salon, changé en atelier, était encombré de tout l’appareil d’un peintre à l’aquarelle, et elle le trouva finissant une troisième vue de la tour Farnèse et du palais du gouverneur.
– Il ne te manque plus, lui dit-elle d’un air piqué, que de faire de souvenir le portrait de cet aimable gouverneur qui voulait seulement t’empoiso
La pauvre femme ne croyait pas dire si vrai: à peine arrivé en lieu de sûreté, le premier soin de Fabrice avait été d’écrire au général Fabio Conti une lettre parfaitement polie et dans un certain sens bien ridicule; il lui demandait pardon de s’être sauvé, alléguant pour excuse qu’il avait pu croire que certain subalterne de la prison avait été chargé de lui administrer du poison. Peu lui importait ce qu’il écrivait, Fabrice espérait que les yeux de Clélia verraient cette lettre, et sa figure était couverte de larmes en l’écrivant. Il la termina par une phrase bien plaisante: il osait dire que, se trouvant en liberté, souvent il lui arrivait de regretter sa petite chambre de la tour Farnèse. C’était là la pensée capitale de sa lettre, il espérait que Clélia la comprendrait. Dans son humeur écrivante, et dans l’espoir d’être lu par quelqu’un, Fabrice adressa des remerciements à don Cesare, ce bon aumônier qui lui avait prêté des livres de théologie. Quelques jours plus tard, Fabrice engagea le petit libraire de Locarno à faire le voyage de Milan, où ce libraire, ami du célèbre bibliomane Reina, acheta les plus magnifiques éditions qu’il pût trouver des ouvrages prêtés par don Cesare. Le bon aumônier reçut ces livres et une belle lettre qui lui disait que, dans des moments d’impatience, peut-être pardo
Fabrice était bien bon de do