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– Vous me trahiriez à votre insu, dit-il à ses sœurs. Puisque j’ai tant d’argent, il est inutile d’emporter des hardes; on en trouve partout. Il embrassa ces perso
Après lui avoir fait faire une bo
– Sont-ils bêtes, s’écria l’officier, c’est aussi trop fort!
Il fit des questions à notre héros qui parla de l’Empereur et de la liberté dans les termes du plus vif enthousiasme; sur quoi l’officier de gendarmerie fut saisi d’un rire fou.
– Parbleu! tu n’es pas trop adroit! s’écria-t-il. Il est un peu fort de café que l’on ose nous expédier des blancs-becs de ton espèce!
Et quoi que pût dire Fabrice, qui se tuait à expliquer qu’en effet il n’était pas marchand de baromètres, l’officier l’envoya à la prison de B…, petite ville du voisinage où notre héros arriva sur les trois heures du matin, outré de fureur et mort de fatigue.
Fabrice, d’abord éto
– Faites-moi sortir d’ici, je jurerai sur l’ho
– Balivernes que tout cela! As-tu du quibus? Il parut inquiet, il ne comprenait pas le mot “quibus”. La geôlière, voyant ce mouvement, jugea que les eaux étaient basses, et, au lieu de parler de napoléons d’or comme elle l’avait résolu, elle ne parla plus que de francs.
– Ecoute, lui dit-elle, si tu peux do
Le marché fut bientôt conclu. La geôlière consentit même à cacher Fabrice dans sa chambre d’où il pourrait plus facilement s’évader le lendemain matin.
Le lendemain, avant l’aube, cette femme tout attendrie dit à Fabrice:
– Mon cher petit, tu es encore bien jeune pour faire ce vilain métier: crois-moi, n’y reviens plus.
– Mais quoi! répétait Fabrice, il est donc criminel de vouloir défendre la patrie?
– Suffit. Rappelle-toi toujours que je t’ai sauvé la vie; ton cas était net, tu aurais été fusillé, mais ne le dis à perso
Pour la première fois, après trente-trois jours de fureur, Fabrice comprit le fin mot de tout ce qui lui arrivait. On le prenait pour un espion. Il raiso
– Puisque tu as tant de bo
Il n’y avait pas une heure que Fabrice avait quitté sa bienfaitrice, lorsque la pluie commença à tomber avec une telle force qu’à peine le nouvel hussard pouvait-il marcher, embarrassé par des bottes grossières qui n’étaient pas faites pour lui. Il fit rencontre d’un paysan monté sur un méchant cheval, il acheta le cheval en s’expliquant par signes; la geôlière lui avait recommandé de parler le moins possible, à cause de son accent.
Ce jour-là l’armée, qui venait de gagner la bataille de Ligny, était en pleine marche sur Bruxelles; on était à la veille de la bataille de Waterloo. Sur le midi, la pluie à verse continuant toujours, Fabrice entendit le bruit du canon; ce bonheur lui fit oublier tout à fait les affreux moments de désespoir que venait de lui do